Aggravation des relations Moscou-Tbilissi: un des résultats des législatives en Géorgie: (politologue russe)

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Le parti au pouvoir en Géorgie - le Mouvement national uni - qui sera sans doute reconduit à l'issue des élections législatives est capable d'aggraver les relations avec la Russie, a déclaré jeudi à RIA Novosti, le directeur de l'Institut de recherches politiques de Moscou Sergueï Markov.
MOSCOU, 22 mai - RIA Novosti. Le parti au pouvoir en Géorgie - le Mouvement national uni - qui sera sans doute reconduit à l'issue des élections législatives est capable d'aggraver les relations avec la Russie, a déclaré jeudi à RIA Novosti, le directeur de l'Institut de recherches politiques de Moscou Sergueï Markov.

Selon les données officielles provisoires de la Commission électorale centrale (CEC) de Géorgie, à l'issue des élections législatives du 21 mai dans le pays, le parti au pouvoir - le Mouvement national uni - affiche un score de 62,84% des suffrages et le Conseil de l'opposition unie n'en récolte que 13,63%.

"Ces politiques s'assignent pour objectif d'intégrer la Géorgie à l'espace occidental: à l'Union européenne (UE) et à l'Alliance de l'Atlantique Nord. La dégradation des relations avec la Russie fait partie de leur objectif, car ils croient que c'est une condition de l'amélioration des relations avec l'Occident", a indiqué le politologue.

Selon M. Markov, la victoire pressentie du parti de Mikhaïl Saakachvili aura pour effet une aggravation de la tension dans les relations russo-géorgiennes et compliquera la situation relative aux conflits abkhazo-géorgien et osséto-géorgien.

"Le groupe politique, conduit par le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, ne s'assigne pas pour objectif la réconciliation avec les peuples d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, il veut les soumettre. Il est évident que cela ne manquera pas de provoquer une aggravation des relations avec la Russie", suppose l'expert.

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux régions géorgiennes limitrophes de la Russie, ont proclamé unilatéralement leur indépendance au lendemain de la chute de l'URSS au début des années 1990 et l'ont défendue lors de conflits armés contre les forces géorgiennes.

Jusqu'ici, aucun pays n'a reconnu leur indépendance, pas même la Russie, qui les a soutenues économiquement pendant des années.

Or, paradoxalement, la tension dans les relations entre la Géorgie et les républiques autoproclamées sur son territoire ne tardera pas à baisser, a poursuivi M. Markov.

"La campagne d'escalade de la tension depuis ces dernières semaines était liée aux tentatives de M. Saakachvili d'exploiter l'effet de cohésion (nationale) autour du drapeau à l'approche des élections. Il s'agissait, en d'autres termes, de créer l'image d'un ennemi extérieur pour attirer des voix en faveur du pouvoir en place. Du moment que cet objectif a été atteint, la tension peut baisser", a indiqué l'expert.

Interrogé sur une réaction éventuelle de l'opposition aux résultats des législatives, M. Markov a jugé peu probable que les opposants puissent modifier le rapport des forces politiques dans le pays. "L'opposition ne pourra sans doute pas se servir de ces élections et attendra un autre conflit (avec le pouvoir)", a dit le politologue.

Selon les données officielles provisoires de la CEC, 4 partis et blocs politiques ont dépassé le seuil de 5% nécessaires pour entrer au parlement. Le parti de Mikhaïl Saakachvili est en tête avec 62,84% des voix, suivi du Conseil de l'opposition unie qui ne recueille que 13,63% des suffrages. Le Mouvement chrétien-démocrate (8,06%) et le Parti travailliste (6,12%) dépassent également le seuil des 5%.

Au total, 3.475 bureaux de vote ont été mis en place dans l'ensemble du pays, ainsi que dans 14 autres pays afin de permettre le vote des Géorgiens de l'étranger.

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