Utilisation criminelle des technologies de l'information: Moscou mise sur un prochain accord

© Sputnik . Natalia SeliverstovaSiège du ministère russe des Affaires étrangères à Moscou (archive photo)
Siège du ministère russe des Affaires étrangères à Moscou (archive photo) - Sputnik Afrique, 1920, 29.03.2024
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Moscou espère que la version finale d'une convention internationale visant à lutter contre l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) à des fins criminelles sera prochainement adoptée, a déclaré à Sputnik le ministère russe des Affaires étrangères.
La phase finale des négociations aura lieu en mai-juin à New York. "L'absence de traités universels spécialisés dans le domaine de la sécurité internationale de l'information a conduit à une gigantesque explosion de la criminalité dans l'espace numérique", selon la diplomatie russe.

"Des millions de personnes subissent de graves dommages économiques, les États sont confrontés à des attaques contre les infrastructures d'information critiques. Cela pourrait entrainer de graves catastrophes d'origine humaine", explique le ministère.

En 2019, la Russie avait initié la création du Comité spécial de l'Onu chargé d'élaborer la toute première convention internationale globale sur la lutte contre l'utilisation des technologies de l'information et de la communication à des fins criminelles. Cela a été soutenu par 79 pays membres de l'Onu. Il est à noter que la dernière convention de l'Onu à l'initiative de la Russie a été adoptée il y a plus de 20 ans (il s'agit de la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire de 2005).
Le 27 mars, le ministère avait organisé à Moscou une séance d'information à l'intention du corps diplomatique sur le sujet. L'événement a réuni plus de 50 États et plus de 100 diplomates et experts du monde entier. Ses participants ont discuté des questions liées à la préparation de la phase finale des négociations à l'Onu sur l'élaboration d'une convention universelle sur la lutte contre la criminalité liée à l'information.
Parmi les principaux objectifs du projet figurent la réduction de la fracture numérique et l'élimination des inégalités technologiques. "L'objectif est de combiner le potentiel des pays développés et en développement pour créer un système mondial efficace de lutte contre la criminalité transfrontalière liée aux TIC. Prendre en compte les défis changeants posés, entre autres, par les derniers savoir-faires, notamment les technologies quantiques et l’intelligence artificielle", a souligné le ministère russe des Affaires étrangères.
"Tout au long du processus de négociation, la Russie insiste pour inclure une longue liste de crimes dans la convention, y compris les cyberattaques contre les infrastructures informatiques critiques, le trafic d'armes et de drogues et la provocation de mineurs au suicide", selon le communiqué.
"Mais l'essentiel est que nous insistions sur la nécessité de refléter dans le document les crimes liés à l'utilisation des TIC à des fins terroristes et extrémistes", a noté le ministère des Affaires étrangères ajoutant que "les TIC, entre les mains des criminels, sont devenues presque le principal moyen de mener des attaques contre les citoyens et les États. C'est un argument fort en faveur de nos approches dans les négociations de l'Onu".
Moscou estime que "le nouveau traité international, sous réserve de son approbation, portera atteinte à l'hégémonie numérique de l'Occident. Cette dernière persiste entre autres grâce à la Convention de Budapest de 2001" qui permet aux services de renseignement occidentaux d'avoir un accès illimité aux bases de données électroniques des données des États souverains. "Cela servira de base à la création d'un cadre juridique international afin de construire un système d'investissement international mondial et équitable", a expliqué la diplomatie.
Dans le même temps, contrairement à la Russie, Washington prône une harmonisation maximale des conventions de l'Onu et de Budapest. "Cela signifie qu'au lieu d'un document universel, les Américains et leurs alliés souhaitent obtenir un traité de portée étroite et de contenu limité, qui n'imposerait aucune obligation (y compris en matière de transfert de technologie vers le monde en développement aux pays en développement) à l'Occident collectif et ses sociétés informatiques", a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
"Malgré la position de l'Occident et de ceux qui partagent les mêmes idées, la Russie compte sur l'adoption du tout premier document réglementant la coopération internationale en matière de répression dans la lutte contre la criminalité liée aux TIC", a conclu le ministère.
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