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Opinions

L'image de l'entrepreneur moyen russe change graduellement

16:14 15/11/2006
Par Alexandre Yourov, RIA Novosti

Un aventurier audacieux : ce stéréotype est devenu familier ces quinze dernières années. Nombreux estiment même que c'est là l'image du véritable entrepreneur "russe". Cependant, il devient évident que le portrait de l'entrepreneur russe moyen est quelque peu différent.

L'histoire de l'entreprenariat russe contemporain est relativement courte : elle commence à la fin des années 80 du XXe siècle. Depuis, de nombreuses personnes ont su gagner assez d'argent pour représenter la classe la plus influente de la société russe. Qui sont les représentants de cette classe? Pour l'instant, il n'y a pas de portrait général. Il est vrai, en 1992, le Centre russe de technologies politiques a étudié l'entreprenariat dans la Russie contemporaine. Les questions ont été posées à plus de 120 grands, moyens et petits producteurs qui avaient créé leur entreprise à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Mais l'image de l'entrepreneur de cette époque-là constituait une mosaïque bigarrée. D'anciens boursiers de thèse, d'anciens criminels de droit commun, des étudiants qui avaient abandonné leurs études et des ex-fonctionnaires soviétiques... Ce cocktail avait un trait commun : la soif de s'enrichir.

Une nouvelle étude a été réalisée de nos jours. Ses résultats seront largement présentés en décembre 2006. Mais certains d'entre eux sont déjà connus. Sur 70 entrepreneurs interrogés dans le cadre de l'étude actuelle, seulement 15 avaient participé au premier sondage. Les autres n'ont pu accorder d'interview pour différentes raisons. 52 % des entrepreneurs de la première vague ont abandonné le business. A noter que seuls 4 % du nombre total des entrepreneurs de la première vague sont décédés de mort naturelle ou ont pris leur retraite. 22 % d'autres ont fait faillite, ont été emprisonnés ou fuient la Justice, 19 % font de la politique, travaillent dans la fonction publique ou sont devenus rentiers, 7 % ont été tués.

Détail curieux : les entreprises moyennes ont perdu le plus de ses représentants. Seuls 9 % des hommes d'affaires du début des années 1990 continuent leur activité d'entrepreneurs. Il ne reste que 13 % de représentants des petites entreprises. Les représentants actuels du gros business se sont avérés les plus "vivaces". 26 % d'entre eux ont conservé leurs entreprises ou en ont fait des géants modernes.

Certes, la "sélection naturelle" dicte toujours ses règles du jeu. Les faibles s'en vont, les forts restent. Ce processus caractérise la Russie qui change vertigineusement. Ce n'est pas par hasard que les chercheurs du Centre de technologies politiques ont comparé le développement dynamique de l'entreprenariat russe des années 1990 au processus de formation de la culture américaine de l'entreprenariat de la fin du 19e siècle. Dans les deux pays, les cadences de création de nouvelles entreprises et de faillite de celles qui existaient étaient à peu près les mêmes. Il est vrai, en Russie, ce processus a duré quinze ans. Bien plus, vers 1998, il n'y avait plus d'entrepreneurs occasionnels.

A la différence des entrepreneurs du début des années 1990, parmi lesquels prédominaient les partisans de l'expansion active, les hommes d'affaires actuels sont plus rationnels. Le romantisme a quitté les milieux d'affaires, sans parler de l'esprit d'aventure. Selon les auteurs de l'étude, l'entrepreneur russe contemporain se distingue par un esprit constructif, la parcimonie et une bonne formation. Mais ces gens n'ont pratiquement pas d'illusions socialistes, très répandues au début des réformes libérales. D'ailleurs, ces traits ne sont pas propres qu'aux seuls entrepreneurs russes, les hommes d'affaires occidentaux sont également rationnels et pragmatiques.

Il est vrai, les Russes ont quelques traits distinctifs. L'homme d'affaires contemporain russe reste, dans la plupart des cas, un leader prestigieux. Cependant, d'autres formes d'administration, y compris occidentales, apparaissent déjà en Russie. La plupart des dirigeants actuels d'entreprises commerciales estiment que la sollicitude envers leurs subordonnés est perçue comme une marque de faiblesse et, au contraire, qu'un chef sévère est plus respecté par ses subordonnés.

Il faut croire que même ce style de direction ne subsistera pas longtemps en Russie. Le pays se développe impétueusement, toutes les tendances modernes s'enracinent rapidement en Russie. Comme il ressort de l'étude, les entrepreneurs actuels commencent à laisser leurs entreprises en héritage. Un simple manager recrute de nouveaux entrepreneurs qui ont déjà une riche expérience, une bonne formation souvent reçue dans des Universités étrangères réputées, ils ont déjà travaillé dans de célèbres compagnies internationales. Les salariés d'hier dirigent de grandes compagnies et créent leurs propres entreprises.

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