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RIA Novosti

Opinions

Revue de la presse russe du 7 juillet

16:03 07/07/2009
MOSCOU, RIA Novosti

Gazeta.ru / RBC Daily

Russie - Etats-Unis: un redémarrage à l'américaine

Les négociations moscovites de Dmitri Medvedev et Barack Obama ont apporté à la Russie une réduction des armements nucléaires selon un scénario avantageux pour les Etats-Unis, une concession douteuse en matière d'ABM et pratiquement rien en contrepartie du transit militaire vers l'Afghanistan, estimé par la Maison Blanche à 133 millions de dollars par an, lit-on mardi dans les quotidiens Gazeta.ru et RBC Daily.

Il ne faut pas surestimer la mention d'une corrélation entre armes stratégiques et offensives, indique Vladimir Dvorkine, expert de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie. Le préambule du traité START-1 évoquait également les engagements des parties à respecter l'accord d'ABM de 1972, ce qui n'a pourtant pas empêché les Etats-Unis de développer les systèmes d'ABM national et spatial. M. Dvorkine considère le résultat des négociations sur l'ABM comme "presque nul". "Il s'agit en effet de la consolidation du niveau actuel", reconnaît Vladimir Evseïev, chercheur de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales. "On est parvenu à faire beaucoup moins que prévu", ajoute-t-il.

Véritable surprise pour bon nombre de personnes, l'accord de transit afghan stipule que les pilotes militaires américains pourront effectuer annuellement près de 4.500 vols sur le territoire russe. Une source au sein du ministère russe des Affaires étrangères estime que la position russe n'a pas plu à tout le monde au ministère: il existait il y a quelques mois des divergences sérieuses avec les Etats-Unis concernant la base de Manas et même le transit de fret humanitaire, alors que Moscou ouvre aujourd'hui lui-même son territoire au fret militaire. Le Kremlin fait d'énormes concessions aux Américains et ne reçoit en échange qu'un bénéfice illusoire pour un avenir indéfini, affirme la source. "Si la Russie souhaite que quelqu'un résolve le problème afghan à sa place, elle doit aider ceux qui s'en chargent", réplique M. Evseïev. L'Afghanistan constitue, selon lui, le seul domaine dans lequel les Etats-Unis et la Russie arrivent à coopérer.

Barack Obama a forcé la Russie à "prendre ouvertement le parti des Etats-Unis dans l'opération afghane, a fait une pause sur la question de l'ABM et a tout simplement montré que son pays restait le véritable initiateur des idées mondiales, alors que les leaders russes seront réduits à déclarer que tout cela est également avantageux pour la Russie", résume Sergueï Oznobichtchev, vice-président de l'association Russie - Etats-Unis.

Gazeta

Russie - Etats-Unis: la visite d'Obama permet de nuancer les relations bilatérales

Les élites russes considèrent la visite du président Barack Obama comme la reconnaissance du rôle de la Russie dans la politique internationale. Elles comptent sur l'élargissement des contacts économiques et espèrent voir désormais une amélioration de l'attitude des autorités vis-à-vis de l'opposition, écrit ce mardi le quotidien Gazeta.

Konstantin Kossatchev, président du Comité de la Douma (chambre basse du parlement russe) chargé des affaires internationales: "L'état des relations russo-américaines détermine beaucoup plus de choses qu'on ne l'imaginait il y a 5 ou 10 ans. Les Américains ont tenté de résoudre leurs propres problèmes, et même les problèmes mondiaux, tout seuls ou en s'appuyant uniquement sur leurs alliés absolus. On connaît le résultat: dans de nombreux endroits du globe, la situation non seulement ne s'améliore pas, mais se dégrade franchement. La sous-estimation par les Américains de la coopération avec d'autres centres de force qui ne sont pas directement les alliés de Washington - la Russie, la Chine et certains autres Etats - se solde dans bien des cas par une détérioration de la situation".

Viatcheslav Nikonov, président de la fondation Politika: "Les visites ne changent rien, mais elles permettent d'apporter des nuances aux relations. Certaines nuances apparaissent déjà clairement. On est sûr, par exemple, qu'il y aura toujours bien un contrôle des armements, alors que celui-ci aurait pu disparaître discrètement dès le mois de décembre prochain. Il est clair aussi que la coopération militaire entre la Russie et les Etats-Unis, suspendue après les événements d'août 2008, sera réactivée. Par ailleurs, une variante plus "avancée" de la commission Gore-Tchernomyrdine sera créée, et placée sous la direction des deux présidents. Il est également évident que la Russie est désormais beaucoup plus disposée à soutenir les efforts antiterroristes américains en Afghanistan".

Igor Iourgens, vice-président de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs: "Il faut établir le plus de contacts possible dans le domaine des affaires. Il existe déjà une coopération mutuellement avantageuse avec ExxonMobil, ConocoPhillips et General Motors ou, par exemple, à Sakhaline, mais il faut l'élargir davantage".

Marat Guelman, galeriste: "Je ne vois pour le moment qu'un geste symbolique: Obama a rencontré Kasparov. Autrement dit, l'opposition, que nos médias présentent comme des "intouchables". Désormais, notre pouvoir tiendra probablement compte que les présidents américains rencontreront toujours l'opposition, et qu'avec l'opposition, il faut se comporter comme avec un contradicteur, et non comme avec un criminel "intouchable". Quant à des changements géopolitiques importants, je n'y crois pas trop".

Vedomosti

Le commerce russo-américain a chuté de 62,6%

Les échanges russo-américains ont reculé au premier trimestre 2009 de 62,6% en glissement annuel pour atteindre 6,7 milliards de dollars, a annoncé le Département du Commerce des Etats-Unis, cité mardi par le quotidien Vedomosti.

Les importations américaines ont chuté de 7,5 milliards de dollars à 5,2 milliards, les exportations - de 3,1 milliards de dollars à 1,5 milliard.

Selon le département, la baisse des exportations américaines s'est répercutée en premier lieu sur les livraisons d'automobiles et d'équipements (de 1,2 md USD à 0,59 milliard) et les fournitures de produits alimentaires (de 0,36 md USD à 0,26 milliard). Le recul a touché les importations de combustible (de 3,38 mds USD à 2,29 milliards), des métaux (de 1,22 milliard USD à 0,84 milliard) et de produits chimiques (de 0,46 md USD à 0,27 milliard).

Les données du Service fédéral russe des Douanes sont largement différentes. Selon les statistiques officielles du service, les échanges entre les deux pays ont diminué au premier trimestre de 30% pour constituer 3,6 milliards de dollars: les exportations russes ont chuté de 2,6 milliards de dollars à 1,8 milliard, les importations - de 2,5 milliards de dollars à 1,8 milliard. Le volume du commerce extérieur russe a baisse dans l'ensemble de 44,7% au premier trimestre 2009, indique le Service fédéral des Douanes.

Les divergences entre les données s'expliquent par la différence des méthodes d'évaluation russe et américaine, estime Iaroslav Lissovolik de la Deutsche Bank.

Le président de la Chambre américaine de commerce en Russie Andrew Sommers n'est pas surpris par le recul des échanges et espère que son volume atteindra en 2010 le niveau d'avant la crise (36 milliards de dollars en 2008).

Les hommes d'affaires américains accompagnant le président Barack Obama en Russie les envisagent de profiter de la visite pour développer le commerce et intensifier les investissements. Ainsi, PepsiCo souhaite investir 1 milliard de dollars dans l'économie russe d'ici trois ans. Le volume du commerce russo-américain est considérablement inférieur à son potentiel, alors que la coopération pourrait se concentrer sur le complexe énergétique, souligne Iaroslav Lissovolik. Il pourrait s'agir notamment de la participation de Shell aux projets Sakhaline-3 et Sakhaline-4. La crise affaiblit le protectionnisme dans les secteurs stratégiques, résume-t-il.

Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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