Opinions
Revue de la presse russe du 12 octobre
MOSCOU, RIA Novosti
Vedomosti
Obama, Prix Nobel: ce choix peut être moins contestable avec l'aide du Kremlin
Le président américain Barack Obama sera le premier dans l'histoire à recevoir un Prix Nobel non pas pour des réalisations concrètes, mais par avance. Il s'avère que les premières nominations d'Obama parmi les lauréats étaient parvenues au Comité Nobel début février, alors que le nouveau président venait à peine de passer quelques jours à la Maison Blanche depuis son investiture, ce qui est un étonnant dénouement d'obamomanie, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.
Dans l'histoire des Prix Nobel, certaines attributions contestables de récompenses ont suscité de vifs débats. Par exemple, l'attribution du prix au leader palestinien combatif Yasser Arafat a suscité de nombreux mécontentements en Israël et aux Etats-Unis, d'autant plus que les accords signés par lui avec Israël et pour lesquels il a été récompensé d'un prix ont ensuite échoué. L'attribution du prix à l'ex-président finlandais Marti Ahtisaari, l'un des architectes de l'indépendance du Kosovo, n'a pas été saluée par tout le monde en Serbie et en Russie. Mais l'attribution du prix à Barack Obama est surprenante : celui-ci a obtenu cette distinction plus pour ses discours que pour ce qu'il a fait réellement .
Si Barack Obama accomplit ne serait-ce qu'une infime partie de ce qu'il a promis, il s'acquittera entièrement de l'avance donnée. C'est pourquoi il convient de rappeler certaines de ses promesses concrètes les plus importantes, ne serait-ce qu'en matière de sécurité internationale : le retrait des troupes d'Irak, la pacification de l'Afghanistan et du Pakistan, le règlement du problème du programme nucléaire iranien par voie pacifique, la conclusion avec la Russie d'un traité sur la réduction ultérieure des armements nucléaires.
Le retrait graduel des troupes d'Irak était, en fait, inévitable sous toute administration américaine, la sortie du bourbier afghan n'est pas prévisible, mais, apparemment, l'évacuation aura lieu tôt ou tard. Par contre, dans le règlement de deux autres problèmes, la position de la Russie est importante : elle est déterminante pour s'entendre sur le désarmement nucléaire et très importante sur le problème iranien. On a l'impression que le Kremlin a décidé d'aider le nouveau lauréat du Prix Nobel à s'acquitter des avances en accélérant l'élaboration du traité sur les armements stratégiques et en durcissant la position à l'égard de l'Iran. Il est souhaitable que la Russie reçoive en échange quelque chose de substantiel, et pas seulement un simple geste de reconnaissance pour la contribution à l'obamomanie.
RBC daily
ABM en Ukraine: les Etats-Unis, jouent-ils à l'intimidation avec la Russie?
La principale intrigue de la première visite de la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton en Russie qui commence aujourd'hui a été posée par le Secrétaire adjoint américain à la Défense, l'ex-ambassadeur Alexander Vershbow qui a déclaré que Washington considérait l'Ukraine comme une éventuelle place pour le déploiement d'éléments du système de défense antimissile (ABM), lit-on lundi dans le quotidien RBC daily.
Les experts estiment que l'administration Obama essaie de louvoyer entre le Kremlin et les adversaires du "redémarrage" des relations russo-américaines.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a qualifié la déclaration de M. Vershbow d'"extravagante et inattendue". La situation doit s'éclaircir aujourd'hui. En attendant, le Pentagone et le Département d'Etat ont assuré que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention d'installer un radar en Ukraine, d'ailleurs, l'endroit pour le radar n'est pas encore définitivement choisi.
Après avoir renoncé au déploiement d'éléments du système de défense antimissile stratégique en République tchèque et en Pologne, l'administration américaine travaille sur un projet alternatif en vue de dissuader la "menace iranienne". On suppose qu'au lieu des missiles intercepteurs en Pologne, on utilisera des missiles de stationnement maritime Eagis et que le radar sera installé "plus près de l'Iran" : comme variante, on a cité Israël, la Turquie et la Roumanie.
Moscou propose d'utiliser la station radar d'Armavir (Sud de la Russie) ou celle de Gabala (Azerbaïdjan). Alexander Vershbow y a ajouté, de façon inattendue, l'Ukraine. Il est vrai qu'en dépit de ses déclarations, selon lesquelles les fonctionnaires ukrainiens auraient manifesté leur intérêt pour cette idée, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko assure que Kiev n'a pas reçu de propositions de ce genre.
"En tout cas, le radar dans le cadre de l'ABM n'est pas tout à fait ce qui avait été projeté par l'équipe Bush, a déclaré l'ancien ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine Steven Pifer, aujourd'hui, l'expert de la Bookings Institution américaine. En république tchèque, il s'agissait d'un radar tournant à 360 degrés et capable de surveiller le territoire russe jusqu'à l'Oural. A présent, il s'agit d'un radar tourné d'un seul côté : vers l'Iran". D'ailleurs, selon le directeur de l'Institut des Etats-Unis et du Canada de l'Académie des sciences de Russie Sergueï Rogov, l'installation de n'importe quel radar américain à proximité des frontières de la Russie serait incommodant pour Moscou. Selon Sergueï Rogov, la déclaration d'Alexander Vershbow s'explique par le fait que l'administration Obama est contrainte de faire des révérences aussi bien au Kremlin qu'aux adversaires du rapprochement avec la Russie.
Nezavissimaïa gazeta
Medvedev : le président russe renforce son entourage par les siens
Dmitri Medvedev continuera ces deux à trois prochains mois à former sa propre équipe. Plusieurs sources proches de l'entourage du président ont simultanément fait savoir au journal Nezavissimaïa gazeta qu'il s'agissait du remplacement du chef actuel de l'administration présidentielle Sergueï Narychkine par le ministre de la Justice Alexandre Konovalov, lit-on lundi dans ce quotidien.
Au milieu de la semaine dernière, le président a nommé au poste de chef du groupe de ses assistants Eva Vassilevskaïa qui avait été l'assistante du vice-premier ministre Dmitri Medvedev après avoir travaillé au service des relations publiques de Gazprom. Une source au Kremlin a fait remarquer que Dmitri Medvedev a hérité d'assistants de Vladimir Poutine et de Boris Eltsine. Cependant, il est à noter que le service qui écrit les textes des discours du président joue, du point de vue de l'information, un rôle même plus important que le service de presse.
Des sources affirment qu'il est temps de procéder à des remaniements plus importants. La façon dont Sergueï Narychkine s'occupe de la promotion des projets de Dmitri Medvedev n'arrange pas tout à fait celui-ci. Selon une source au bureau de la commission pour la formation et la préparation d'une réserve de cadres de l'administration, il sera difficile de mettre en oeuvre ce projet à cause des divergences qui existent entre l'administration et le gouvernement. Le Kremlin a d'abord décidé que le projet serait en dehors des partis. Cependant, cette approche est carrément désapprouvée par le leader du parti Russie unie Vladimir Poutine. Le premier ministre est certain que la réserve de cadres de l'administration présidentielle doit rejoindre le projet de cadres du "parti du pouvoir", ce qu'il a maintes fois souligné dans ses déclarations publiques.
Les projets de déplacer le ministre de la Justice au Kremlin sont à l'étude depuis l'été. Début août, le chef de l'Etat a nommé au poste de vice-ministre de la Justice Iouri Lioubimov, 32 ans, diplômé de la faculté de droit de l'Université de Leningrad (Saint-Pétersbourg), ancien élève de Dmitri Medvedev. Par conséquent, le passage d'Alexandre Konovalov à l'administration présidentielle ne priverait pas le chef de l'Etat de contrôle sur le ministère de la Justice.
D'ailleurs, le membre du conseil scientifique du Centre Carnegie de Moscou Alexeï Malachenko doute que Dmitri Medvedev puisse exercer, dans le système en vigueur, une influence indépendante sur la politique : "Tout se réduit aux palabres ou se transforme en campagne proclamée, comme par exemple, la lutte anticorruption largement annoncée".
Vedomosti
Russie-Chine: à l'une de fournir des matières premières, à l'autre, des technologies
La Russie fournira les ressources de matières premières de l'Extrême-Orient et de la Sibérie orientale aux Chinois. L'accord de coopération jusqu'en 2018 approuvé par le président russe Dmitri Medvedev et le président chinois Hu Jintao le 23 septembre à New York prévoit l'exploitation commune des gisements russes, mais les entreprises de transformation et de production seront construites sur le territoire chinois, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.
La coopération russo-chinoise reposera ces dix prochaines années sur le principe suivant : "nos matières premières - vos technologies", constate le professeur Alexeï Maslov, le directeur du Centre d'études stratégiques de la Chine. Il ne s'agit pas d'absence de technologies en Russie : tout simplement, leur mise en oeuvre en Chine coûte beaucoup moins cher qu'en Extrême-Orient dont le territoire est peu exploré et ne convient pas encore pour y organiser des productions nécessitant de hautes technologies.
L'Extrême-Orient et la Sibérie orientale ne peuvent se développer que grâce aux investissements dans le secteur énergétique et à l'exploitation des minéraux utiles, estime le directeur scientifique du Haut Collège d'économie Evgueni Iassine. Il n'y a pas de sens d'y implanter des productions exigeant beaucoup de main-d'oeuvre qui y est insuffisante. Cette région compte 3,5 à 4 millions d'habitants, y compris les femmes, les enfants et les vieux, dit-il. Il est très difficile de trouver parmi eux 500 à 600 mille personnes aptes à travailler et par cela nourrir la région. L'exploitation des ressources de matières premières d'accès difficile nécessite d'immenses investissements, nous ne sommes pas en mesure de l'assurer à nous seuls, estime le directeur exécutif de l'Institut d'économie en transition Sergueï Prikhodko.
La tendance de ces dernières années est évidente : la Russie devient le fournisseur de matières premières de la Chine, affirme le directeur du département d'analyse stratégique de FBK Igor Nikolaïev, il suffit de comparer la part des matières premières et celle des constructions mécaniques dans les échanges commerciaux russo-chinois pour le comprendre. La Russie et la Chine sont deux mondes différents, déplore-t-il, ces pays ont enregistré des résultats diamétralement opposés au deuxième trimestre de 2009 : le PIB de la Chine s'est accru de 7,9%, alors que celui de la Russie a chuté de 10,9%. Cela étant, il ne peut être question d'une coopération paritaire, résume Igor Nikolaïev.
Il ne reste à la Russie qu'à renforcer les rapports de partenariat, estime le vice-directeur de l'Institut de systèmes sociaux Dmitri Badovskiï. Il ne s'agit pas là que d'intérêts géopolitiques, la Chine peut transmettre à la Russie son expérience de la modernisation.
Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

Ajouter à mon blog
Afin d'insérer un lien vers cet article, veuillez copier le code suivant dans votre blog
Code publication:
Prévisualisation:


Twitter
Wikio
Viadeo






