
MOSCOU, RIA Novosti
Kommersant, Vedomosti
Repli du Tadjikistan pour la question de paiement de la 201e base miltaire russe
Après deux jours d'entretiens avec le président Dmitri Medvedev à Moscou, le président du Tadjikistan Emomali Rakhmon a renoncé à son intention d'obliger les militaires russes à payer 307 millions de dollars par an pour leur base déployée sur le territoire de son pays, lit-on vendredi dans les quotidiens Kommersant et Vedomosti.
Après les négociations officielles au Kremlin, le président tadjik n'a pas prononcé le moindre mot sur les plans du Tadjikistan qui ont filtré dans les médias de percevoir sur la Russie le paiement annuel de 307 millions de dollars pour la présence de la 201e base militaire russe au Tadjikistan. Il n'a pas exprimé non plus son mécontentement à cause de la lente réalisation de projets énergétiques des compagnies russes dans son pays qu'il avait âprement critiquées à la veille de son arrivée à Moscou. Au contraire, on peut déduire de ses paroles que les rapports avec Moscou se développent on ne peut mieux.
Le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov a fourni plus de détails sur les résultats des négociations. Selon lui, la question du paiement pour la présence de la 201e base russe au Tadjikistan n'est plus à l'ordre du jour, au moins, jusqu'à 2014, date de l'expiration de l'accord régissant la présence des militaires russes dans ce pays. D'ailleurs, a déclaré le ministre, les parties ont déjà commencé à élaborer un nouvel accord : "Soit la base fonctionnera au régime actuel, soit elle sera payante. Mais il n'est pas encore clair comment nous allons calculer cela en argent et si même nous allons le faire".
Anatoli Serdioukov n'a pas précisé quels arguments ont été avancés pour persuader le Tadjikistan de se résigner à la présence gratuite des militaires russes dans ce pays au moins pendant les cinq prochaines années. Selon une source proche du ministère russe de la Défense, la promesse de livrer des armes légères, d'infanterie et des munitions a été l'une des causes de l'abandon des revendications tadjikes, mais la raison plus importante est l'absence d'atouts sérieux du Tadjikistan pour son marchandage avec la Russie, en effet, les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'y déployer leur base. Un interlocuteur du journal dans la délégation russe a fait savoir que la situation en Afghanistan voisin a fortement impressionné M. Rakhmon. Cédant à la pression de l'Occident, Hamid Karzaï a battu en retraite et accepté le second tour du vote. "Des élections législatives se tiendront en hiver au Tadjikistan. Prenant en considération la situation actuelle de Hamid Karzaï, Emomali Rakhmon a décidé, à tout hasard, de ne pas compliquer les rapports avec nous. On ne sait jamais", a expliqué la source.
Gazeta.Ru
Un nouveau rapport de forces mondial, dont la configuration s'articule en Asie
L'essor rapide de la Chine et les changements fondamentaux observés dans l'équilibre mondial des forces qui a commencé, après la guerre froide, à se déplacer graduellement vers l'Asie retiennent de nouveau l'attention des Etats-Unis, lit-on vendredi dans le quotidien Gazeta.Ru
L'administration Obama qui cherche à adapter la politique étrangère américaine à la solution de nombreuses crises dans le monde entier s'est heurtée à une situation désagréable : elle ne peut pas se fier à ses alliés traditionnels, que ce soit l'Europe ou le Proche-Orient. A présent, les rapports entre Tokyo et Washington se trouvent dans la zone de turbulence.
Le nouveau premier ministre du Pays du Soleil levant, Yukio Hatoyama, a l'intention d'exiger une plus grande "égalité" dans les rapports entre le Japon et les Etats-Unis. Comme l'a fait remarquer de façon évasive un diplomate japonais à l'auteur de ces lignes, Tokyo apprécie hautement l'alliance avec Washington, mais il ne peut pas méconnaître les changements qui surviennent dans le monde. La perspective de devenir un avant-poste des Etats-Unis en cas de confrontation éventuelle avec la Chine qui joue déjà un rôle trop important dans l'économie et la politique mondiale n'est nullement attrayante pour Tokyo.
Si l'Amérique se soucie, pour l'ensemble, de ses positions en Asie-Pacifique, dont la solidité est déterminante pour son influence globale, le Japon est serré entre deux processus régionaux. D'une part, les lancements démonstratifs de missiles nucléaires par la Corée du Nord visent, pour l'essentiel, Tokyo. De l'autre, la transformation de la Chine en leader économique et, en perspective, militaire absolu de l'Asie de l'Est promet des rapports difficilement prévisibles avec Pékin.
C'est probablement dans cette optique qu'il faut interpréter également les discours de Yukio Hatoyama sur la "fraternité est-asiatique" qui comprend la Chine, le Japon et la Corée, mais qui ne prévoit pas la participation de l'Amérique. Pour l'instant, ce n'est que du domaine de l'abstraction, de même que l'"égalité" avec les Etats-Unis, mais le sens des raisonnements est tout à fait clair.
Tout cela signifie probablement le début du changement peu aisé des rapports en Asie-Pacifique compte tenu du nouveau rôle de la Chine. Mais Pékin fait tout son possible pour ne pas dévoiler ses plans à long terme, par conséquent, les autres acteurs n'ont rien d'autre à faire qu'à manoeuvrer dans l'espoir d'occuper une place avantageuse dans le futur rapport des forces.
La position de la Russie est, pour l'instant, tout à fait imperceptible dans ce jeu complexe, bien qu'elle ait manifesté plus d'une fois son désir d'accroître sa présence en Asie-Pacifique. Les résultats de la visite de Vladimir Poutine à Pékin laissent probablement supposer que Moscou est prêt à suivre les règles déterminées par la Chine.
Auteur : Fedor Loukianov, rédacteur en chef de la revue "Rossia v globalnoï politike" (La Russie dans la politique globale).
Vedomosti, Kommersant, Nezavissimaïa gazeta
South Stream-Nord Stream: la Russie essaie d'accélérer leur construction
Le gazoduc South Stream peut être mis en service avant Nord Stream, estime le premier ministre Vladimir Poutine. La comparaison des deux projets montre que soit le premier tube sera construit dans les délais incroyablement brefs, soit la construction du deuxième retardera de beaucoup, lit-on vendredi dans les quotidiens Vedomosti, Kommersant et Nezavissimaïa gazeta.
Le gazoduc Nord Steam qui passera par le fond de la Baltique et South Stream passant par la mer Noire sont d'ambitieux projets politiques de Gazprom, dont les devis atteignent des milliards de dollars. Le premier d'entre eux doit être mis en service en septembre 2011, alors que le deuxième n'a même pas, pour l'instant, de calendrier précis de construction : les travaux dans le cadre de ce projet n'ont commencé qu'en 2007. Néanmoins, "ce projet a toutes les chances d'être réalisé plus tôt" que le projet balte, a déclaré jeudi 22 octobre Vladimir Poutine en s'entretenant avec son homologue italien Silvio Berlusconi. "Nous devons relever ce défi", lui a répondu Silvio Berlusconi.
Le porte-parole du consortium n'a pas précisé si Gazprom est prêt à le relever. Cependant, le spécialiste de Gazprom est certain que les premiers ministres ont tout simplement plaisanté, car la situation y était propice. "On ne pourrait quand même pas le dire sérieusement", a-t-il résumé dans le quotidien Vedomosti.
Le calendrier précis de South Stream n'est pas encore établi. Le dossier de faisabilité du projet apparaîtra au début de 2010. La construction peut commencer à la fin de 2010, a déclaré ces jours-ci Paolo Scaroni, directeur général de l'italien Eni, l'un des investisseurs de South Stream. Gazprom avait l'intention de lancer tout le système en 2015. Mais, à présent, si l'on se réfère aux propos tenus par Vladimir Poutine, selon lesquels South Stream devancera Nord Stream, le gazoduc de la mer Noire doit être construit en moins de 9 mois. Il est vrai que les paroles du premier ministre peuvent aussi être interprétées autrement : Nord Stream qui n'a reçu, pour l'instant, qu'une des cinq autorisations nécessaires des pays de transit pour sa construction retardera tellement que South Stream le devancera en fin de compte.
Le directeur d'East European Gas Analysis Mikhaïl Kortchemkine a établi que South Stream reviendrait à Gazprom à environ 45 milliards de dollars, ce qui peut affecter fortement la rentabilité du monopole russe du gaz. Le partenaire de la société de conseil RusEnergy Mikhaïl Kroutikhine est certain qu'on se sert de la Russie : "L'autorisation de la Turquie de procéder aux prospections géologiques ne signifie pas encore l'autorisation de commencer la construction. D'autant plus qu'Ankara l'a assorti de plusieurs conditions comme la participation de la Russie au projet Samsun-Ceyhan qui est désavantageux pour Moscou, le renoncement de Gazprom au principe "prends ou paie", aux sanctions pour la consommation insuffisante de gaz, etc".
Nezavissimaïa gazeta
Le gouvernement russe en quête de fonds pour sauver Alrosa de la faillite
Le Gokhran (Agence d'Etat russe des métaux et pierres précieuses) a annoncé jeudi son intention de vendre avant la fin de cette année à la Bourse de Londres un important lot d'or. Certains experts supposent que le ministère des Finances a un besoin urgent d'argent pour acheter un lot considérable de diamants afin de sauver de la faillite la compagnie publique Alrosa, lit-on vendredi dans le quotidien Nezavissimaïa Gazeta.
Une source anonyme au sein d'agences d'information affirme que la décision de vendre le métal précieux via Almazyuvelirexport (Agence publique russe chargée de l'exportation des diamants et pierres précieuses et semi-précieuses) est déjà prise, mais les volumes et les dates précises des ventes prochaines sont encore inconnus. C'est la première grande transaction portant sur la vente d'or provenant de ses réserves sur le marché international depuis la chute de l'URSS. Avant la Russie vendait l'or du Gosfond (Fonds de l'Etat) en quantités restreintes (jusqu'à quelques centaines de kilogrammes).
Au ministère de Finances la nouvelle de la transaction n'a été ni démentie ni confirmée et aucune précision sur les raisons de ce besoin d'argent n'a été fournie. Les experts indépendants supposent que le Gokhran a besoin de ressources supplémentaires pour sauver la compagnie Alrosa, en proie à de grandes difficultés dues à la chute des prix mondiaux des diamants.
Depuis décembre 2008, le géant minier Alrosa, qui produit le quart des diamants extraits dans le monde (l'année passée la compagnie a produit des diamants pour 2,33 milliards de dollars) ne vend sa production qu'au Gokhran. Dans le budget 2009, 35 milliards de roubles ont été assignés à cette fin. L'attitude particulière des autorités envers Alrosa s'explique par le fait que le bloc de contrôle appartient à l'Etat. C'est pourquoi le gouvernement estime qu'il est de son devoir de restructurer les dettes d'Alrosa (3,6 milliards de dollars) et de payer les pertes subies en 2008 (un milliard de dollars).
L'ancien vice-président de la Banque Centrale Sergueï Aleksachenko considère la vente d'or par le Gokhran comme «probable». Mikhaïl Deliaguine, Directeur de l'Institut de la mondialisation, qualifie cette décision d'illogique, car aujourd'hui dans les fonds souverains et sur les comptes de la Banque Centrale il y a plus de 5.000 milliards de roubles qui ne sont pas utilisés. «Le prix de l'or peut augmenter, tout comme il peut baisser. Mais en tout cas il est plus fiable que tous ces papiers pour lesquels on va le vendre»,- a-t-il souligné.
Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.