Économie
La Turquie espère associer l'Arménie au projet Nabucco (Kommersant)
MOSCOU, 7 septembre - RIA Novosti. La réconciliation entre l'Arménie et la Turquie a apporté ses fruits qui s'avèrent être un résultat inattendu, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.
En fin de semaine dernière, Ankara a commencé à parler de la participation d'Erévan au projet Nabucco dans lequel l'acheminement du gaz de la Caspienne vers l'Europe s'effectuerait en contournant la Russie. Les experts admettent cette possibilité compte tenu de la situation instable en Géorgie, mais l'obstacle principal de faire de l'Arménie un pays de transit pour le gaz caspien, est l'Azerbaïdjan, tenu comme base de ressources pour le gazoduc de Nabucco.
Le président du Centre turc de relations internationales et d'analyse stratégique Turksam, Sinan Ogan, juge tout à fait réaliste la participation de l'Arménie à Nabucco. L'expert a rappelé qu'il avait prévu déjà il y a un an, lorsque la guerre avait éclaté en Géorgie, que le gazoduc Nabucco passerait de l'Azerbaïdjan par le territoire de l'Arménie vers la Turquie. Le chef du Centre d'études économiques et politiques de Bakou, Sabit Baguirov, estime également que "l'UE peut exiger des changements techniques au projet de gazoduc Nabucco pour qu'il passe non pas par la Géorgie, mais via l'Arménie".
Le président du conseil d'administration d'Armrosgazprom (détenu à 80% par Gazprom et à 20% par le gouvernement arménien), Karen Karapetian, a fait savoir qu'il ne s'agissait, pour l'instant, que du développement de projets énergétiques locaux en Transcaucasie et que Nabucco n'y figurait pas encore. Par contre, la possibilité des livraisons de gaz russe en Turquie, de gaz iranien aux centrales électriques d'Arménie et celles d'énergie électrique en Iran est à l'étude. Par ailleurs, le président du directoire de Gazprom, Alexeï Miller, avait évoqué la possibilité de mener des opérations de swap (d'échange) entre l'Iran et la Turquie. En cas d'ouverture de la frontière arméno-turque, ces livraisons peuvent être organisées justement via l'Arménie.
L'Azerbaïdjan est moins enclin que l'Arménie à disserter sur la participation éventuelle d'Erevan au projet Nabucco. Au lendemain de la publication de l'information sur la préparation d'une percée dans les rapports arméno-turcs, Bakou a critiqué les plans d'ouverture de la frontière entre la Turquie et l'Arménie, en déclarant que ça doit être lié au règlement du problème du Karabach.
"L'Azerbaïdjan ne transportera pas ses hydrocarbures en empruntant le territoire d'Arménie tant que les territoires occupés ne seront pas libérés", affirme Sabit Baguirov.
Cet article tiré de la presse n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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