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Euro-2012 : la Russie favorite?
Par Alexandre Gourbonov, pour RIA Novosti
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Dans les tournois importants, le tirage au sort est devenu un rite qui suscite un immense intérêt.
La répartition par groupes des équipes prétendant participer au Championnat d’Europe 2012 est un événement très discuté dans les milieux du football. Selon le tirage au sort effectué à Varsovie, l’équipe russe devra affronter la Slovaquie, l’Irlande, la Macédoine, l’Arménie et Andorre. Les appels à la prudence et l’évocation de deux circonstances non négligeables se sont perdus au milieu du chorus joyeux de ceux qui présentent cela comme une chance indéniable et qui considèrent la Russie comme favorite.
Premièrement, le chœur était aussi joyeux l’année dernière, lorsque la sélection russe avait dû jouer des matchs de barrages avec l’équipe de Slovénie. Un sondage d’opinion réalisé parmi les footballeurs russes avait montré que les Slovènes étaient les concurrents les plus souhaités. Avant le match contre la Slovénie, tous étaient certains du succès permettant d’aller au Championnat du monde en Afrique du Sud. Est-il bien nécessaire de rappeler une fois de plus comment s’est terminé le match de Maribor ?
Deuxièmement, si l’on fait abstraction des équipes effectivement faibles d’Arménie et d’Andorre (on peut, certes, se souvenir qu’au cours des éliminatoires européens précédents, l’équipe russe avait non sans peine remporté une faible victoire sur le terrain d’Andorre avec un score de 1 à 0) pour ne retenir que le fait que la Macédoine figure parmi les équipes moyennes, on est bien obligé de reconnaître que la Slovaquie et l’Irlande ne sont nullement des adversaires faciles à battre et rien n’est gagné. A propos, les footballeurs slovaques participeront au Championnat du monde en Afrique du Sud (leur groupe aux éliminatoires comptait, entre autres, les Slovènes qui nous ont humiliés). Quant aux Irlandais, ils ont perdu leur chance lors des matchs de barrages contre les Français lorsque l’arbitre suédois Martin Hansson a accordé le but marqué par la sélection française après la main de l’attaquant Thierry Henry aux yeux du monde entier.
Curieusement, on estime qu’avec Guus Hiddink la sélection russe peut battre n’importe qui et être battue par n’importe qui. L’entraîneur néerlandais a assisté au tirage au sort de Varsovie et reste, comme convenu, à son poste jusqu’à l’expiration de son contrat l’été prochain, après quoi l’Union du football russe et lui prendront une décision sur une éventuelle poursuite de leur coopération. La réalité est un peu différente.
Depuis trois ans et demi que Guus Hiddink entraîne l’équipe russe, elle n’a battu que deux fois des concurrents vraiment forts : les Britanniques à l’automne 2007 à Moscou et les Néerlandais au Championnat d’Europe à l’été 2008. La Russie a perdu les autres matchs contre des sélections considérées comme très fortes (deux fois contre les Allemands) et souvent avec des scores impressionnants : 1 à 4 contre les Pays-Bas, 1 à 4 et 0 à 3 contre l’Espagne, 0 à 3 contre la Roumanie et 0 à 3 contre la Grande-Bretagne. Il s’agit là de sélections d’un niveau dont l’équipe russe est encore loin malgré l’enthousiasme débordant et l’euphorie qui l’accompagnent. À ce niveau, les revers de ce type et les échecs sont inadmissibles lors des grandes compétitions.
Désormais, l’équipe de Russie devra jouer contre ses semblables. Les points forts des Slovaques et des Irlandais sont, avant tout, un jeu d’ensemble et des entraîneurs hautement qualifiés. La sélection irlandaise a considérablement amélioré ses résultats grâce à son entraîneur italien Giovanni Trapattoni et les Slovaques avec Vladimir Weiss qui avait entrainé le Saturn Ramenskoïe en première ligue russe et qui avait fait ses preuves en tant qu’entraîneur de haut niveau.
La situation dans le tournoi est telle qu’il serait souhaitable de se classer premier du groupe, ce qui permettrait d’aller directement au Championnat en Ukraine et en Pologne. La meilleure deuxième équipe s’y rendra également. Quant aux huit autres deuxièmes équipes, elles constitueront quatre paires pour les matchs de barrages.
Pour la première fois, avant le tirage au sort du Championnat d’Europe, il a été annoncé que, pour des raisons politiques, aux éliminatoires, la FIFA désignerait dans des groupes différents deux paires d’équipes : l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la Russie et la Géorgie. Il a bien été expliqué qu’il était souhaitable d’éviter de créer des problèmes supplémentaires aux cours des éliminatoires, mais pas comment les autorités du football se sortiraient de l’embarras si, par exemple, les sélections de Russie et de Géorgie se classaient deuxièmes dans leurs groupes respectifs. Et comment les séparer dans cette situation. Situation, d’ailleurs peu probable, étant donné que l’équipe géorgienne se trouve dans le même groupe que les Croates, les Grecs, les Israéliens et les Lettons et qu’en cette compagnie, elle ne réussira pas à se classer deuxième. Se pourrait-il que les matchs soient disputés sur un terrain neutre ?
Quoi qu’il en soit, la FIFA a créé un précédent en adoptant une approche politique du tirage au sort, mais, l’expérience le prouve, les précédents de ce genre pourraient bien se multiplier.
Alexandre Gourbonov est commentateur du quotidien sportif russe "Sport den za dnem" (Le sport jour après jour).
Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.

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