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Débats

Le gazoduc Nord Stream est propre: Poutine l’a prouvé à Helsinki

Dossier: Le gazoduc Nord Stream

Le gazoduc nord-européen Nord Stream
12:18 12/02/2010
Par Andreï Fediachine, RIA Novosti

Quel bonheur de savoir que nous avons tant de dirigeants nés sur les bords de la Baltique! Grâce à eux, les problèmes de la mer la plus polluée d’Europe tiennent à cœur de l’ensemble du gouvernement fédéral et des pouvoirs locaux. Sans oublier le gazoduc nord-européen Nord Stream devant être posé par le fond de la mer Baltique et qui est un projet motivant dans la lutte pour la propreté.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine, qui a grandi sur les bords de la Baltique, a été écouté avec une attention toute particulière au Sommet d’actions pour la mer Baltique 2010 qui s’est tenu le 9 février dans la capitale finlandaise. Il avait d’ailleurs deux motifs particuliers de participer à cette conférence réunissant environ 400 délégués de la région de la Baltique, y compris les chefs d’État et de gouvernement, des scientifiques, des hommes politiques, des experts et des organisations.

Premièrement, c’était une bonne occasion d’expliquer une nouvelle fois à l’Europe que le gazoduc Nord Stream qui doit passer par la mer Baltique sera écologiquement propre, fiable et qu’il ne nuira nullement à l’écologie de la mer. Ce qui correspond, d’une manière générale, à la réalité. Bien que Nord Stream n’ait pas fait l’objet d’un traitement séparé au sommet, une grande attention lui a été accordée, ce qui s’explique facilement. Nord Stream a déjà subi toutes les expertises requises et a obtenu presque toutes les autorisations de la part des cinq pays qu’il traversera, à savoir le Danemark, la Suède, la Finlande, la Russie et l’Allemagne. "Presque", car la deuxième autorisation de la Finlande est toujours attendue : seul le gouvernement a autorisé en novembre dernier le passage du gazoduc par la zone économique maritime exclusive. A présent, le feu vert doit être donné par le Centre de protection de l’environnement de la Finlande occidentale. Le premier ministre finlandais Matti Vanhanen se dit certain que la décision sera prise d’un jour à l’autre, mais il s’est déclaré incapable de « prévoir quelle serait cette décision ». Il se peut que le discours du premier ministre russe incite les organes finlandais de protection de l’environnement à prononcer un verdict favorable.

Deuxièmement, la Russie présidera la commission Helcom (Helsinki Commission) jusqu’à juin 2010. Depuis 1992, Helcom est le principal "gardien" international de la propreté de la Baltique, il élabore les mesures à prendre pour la protéger, contrôle les actions des États riverains et effectue le monitoring des eaux et des zones riveraines. Cette commission regroupe la Russie, l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, la Suède, la Pologne, la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie.

Les premiers travaux de construction du gazoduc doivent commencer dès avril prochain avec une première tranche de livraison de gaz en 2011, et une deuxième en 2012. La construction de stations de distribution a déjà commencé près de Vyborg (ville russe située dans la région de Saint-Pétersbourg, sur le golfe de Finlande). Après sa mise en service définitive, Nord Stream sera en mesure d’acheminer environ 55 milliards de m3 de gaz en Europe occidentale. D’une longueur de 1220 km, il reliera Vyborg à la ville allemande de Greifswald.

Notons que Nord Stream suscite jusqu’à présent des réactions négatives de la part de ceux qui sont concernés, d’une manière ou d’une autre, par son itinéraire, mais qui ne retirent aucun des avantages liés à une participation à la création de ce nouveau principal gazoduc d’Europe. Leurs réactions vont de la simple curiosité à la provocation suspecte.

A trois jours du sommet, une chaîne de télévision suédoise a tout à coup rendu publics des renseignements selon lesquels, lors de leur retrait des bases navales situées en Lettonie entre 1991 et 1994, les navires russes avaient déversé des armes chimiques ou des déchets radioactifs au large de l’île suédoise du Gotland. Le gouvernement suédois a déclaré qu’il faudrait vérifier cette information avant de la commenter. Les militaires russes affirment que c’est du délire, car les forces navales stationnées dans ces bases n’ont jamais eu d’armes chimiques et de déchets radioactifs.

Des choses vraiment étonnantes sont liées au gaz. Les Finlandais disent qu’ils ont été très contents d’apprendre que la Russie construirait enfin des installations d’épuration à Kaliningrad. Cette question était demeurée en suspens ces quinze dernières années. Kaliningrad est considéré comme la ville la plus polluante de la Baltique et n’a JUSQU’À PRÉSENT aucune installation d’épuration. Ces dernières années, Saint-Pétersbourg a amélioré l’épuration des eaux usées et industrielles.

En réalité, la Russie n’est nullement l’ennemi n°1 de la propreté de la mer Baltique. La première place est occupée en ce sens par la Pologne en raison de son agriculture arriérée et de son industrie "polluante". C’est le pays le plus polluant d’Europe. La Baltique pâtit le plus des rejets d’engrais phosphatés et azotés. La Pologne déverse dans la Baltique 35% du phosphore, la Russie, 18%, la Suède, 11%. Pour les rejets d’azote, la Pologne occupe également la première place (27%), la Suède, la deuxième (17%) et la Russie, la troisième place (14%).

Mais le plus grand problème de la Baltique réside dans la mer elle-même. C’est une mer semi-fermée et peu profonde où le renouvellement de l’eau est très lent. Ce qui y entre n’a pas le temps d’être recyclé de façon naturelle à cause de la croissance des algues et du manque d’oxygène. Des zones entières de la Baltique sont déjà qualifiées de « biologiquement mortes ».

Formellement, les décisions du sommet ne sont pas juridiquement contraignantes pour ses participants. Ils prennent des engagements de leur plein gré et le non-respect de ceux-ci ne sera qu’une « honte au niveau gouvernemental ». Le Groupe d’action pour la mer Baltique (BSAG) effectuera le suivi de cette "honte". Près de 140 engagements ont été pris au sommet: ils concernent les programmes, les actions à entreprendre en vue de nettoyer les eaux et les zones riveraines, la construction d’ouvrages d’épuration, etc. La Russie a pris quelques dizaines d’engagements grâce, entre autres, à Nord Stream.

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.

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