Débats
L'OTSC: nouvel algorithme de la sécurité
L'OTSC
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© RIA Novosti.Par Innokenti Adiassov, pour RIA Novosti
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L'espace postsoviétique ressemble de plus en plus, sur le plan de la sécurité, à un ressort comprimé. Le processus de dégel des conflits militaires, sous l'influence de facteurs extérieurs, est de plus en plus perceptible. Ainsi, le président arménien Serge Sargsian a déclaré en commentant les rapports complexes entre l'Arménie et ses voisins que la guerre est toujours indésirable, mais que l'Arménie n'a pas peur de combattre.
Il a notamment déclaré dans une interview au Figaro: "La guerre n'est jamais souhaitable, mais nous n'avons pas peur de combattre s'il n'y a pas d'autre option. Mais le conflit doit être réglé par des moyens pacifiques sur la base d'un compromis mutuel". Nikolaï Bordiouja, Secrétaire général de l'Organisation du Traité de sécurité collective (l'OTSC), a déclaré plus tôt que "la situation en Afghanistan, pays limitrophe de la zone d'activité de l'OTSC et pays voisin du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan qui sont membres de notre Organisation est extrêmement dangereuse".
Dans ces conditions, l'activité de l'organisation militaire qui regroupe la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et l'Arménie suscite l’intérêt des observateurs. Compte tenu de son caractère spécifique, l'OTSC est une organisation assez fermée. Mais le développement de la situation nécessite de préciser son potentiel, son évolution et ses perspectives. Au moment de la création de l'OTSC à laquelle l'Arménie avait tout de suite adhéré, le principal adversaire potentiel de l'alliance défensive dans le Caucase du Sud était la Turquie compte tenu aussi bien de son appartenance à l'OTAN que de ses rapports difficiles avec Erevan.
En même temps, Moscou avait une attitude négative à l'égard de l'aide militaire apportée par la Turquie à l'Azerbaïdjan et, en premier lieu, à la Géorgie. Cela étant, la Russie qui considérait l'Arménie comme son unique allié dans le Caucase du Sud avait maintes fois déclaré qu'elle était prête à s'acquitter pleinement de ses engagements d'allié devant Erevan, y compris d'une aide militaire dans le cadre de l'OTSC.
Bien des choses ont changé depuis la guerre d'août 2008. Les attaques des forces géorgiennes contre les soldats de la paix russes auraient dû susciter une réaction solidaire des pays membres de l'OTSC. Cependant, les partenaires de la Russie au sein de l'organisation n'avaient pas proposé leur aide militaire à Moscou, et avaient longtemps hésité à condamner les actions de la Géorgie. En même temps, la Turquie s'était distancée de la position de l'OTAN dans ce conflit et avait déclaré qu'il fallait créer, en cas de nécessité, une nouvelle structure de sécurité dans le Caucase du Sud reposant sur les rapports stratégiques entre la Russie et la Turquie.
Après l'adoption par la chambre des représentants du Congrès américain de la résolution condamnant le génocide des Arméniens dans l'empire ottoman en 1915, les rapports entre la Turquie et les Etats-Unis se détériorent visiblement. Cela oblige Ankara à se rapprocher de nouveau de Moscou. L'Arménie a fait des démarches importantes en vue de normaliser les rapports avec la Turquie. Erevan a intensifié sa coopération avec l'OTAN en soulignant le rôle particulier de l'Alliance dans le maintien de la sécurité dans le Caucase du Sud. Cependant, la rhétorique de certaines personnalités officielles arméniennes à propos du conflit du Karabakh devient de plus en plus dure, ce qui complique la politique de l'OTSC à l'égard de ce problème.
Nikolaï Bordiouja est resté imprécis sur la façon dont pourrait réagir la Force collective de réaction rapide (FCRR) en voie de création dans le cadre de l'OTSC en cas d'aggravation du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan qui ne fait pas partie de l'OTSC.
Tout en reconnaissant le droit de l'Arménie à la sécurité collective au sein du groupement militaire, l'objectif majeur de l'OTSC est de tenter de jouer un rôle d’arbitre honnête dans le conflit du Karabakh et de mettre en œuvre tout son potentiel pour régler les problèmes par la voie des pourparlers.
Le maintien de la stabilité et de la sécurité dans la région de la Caspienne est l'un des objectifs principaux de l'OTSC. Les cinq Etats riverains de la Caspienne – la Russie, le Kazakhstan, l'Iran, le Turkménistan et l'Azerbaïdjan – partagent l'avis que tous les litiges éventuels autour des ressources et de la délimitation de la Caspienne ne doivent être réglés que par ces pays, sans recourir aux forces tierces.
Le rôle de l'OTSC en Asie centrale est tout aussi difficile. L'OCS (Organisation de coopération de Shanghai) et la coalition de l'OTAN qui combat contre les talibans en Afghanistan opèrent dans la région. A la différence de la Russie et des Etats-Unis, la Chine n'a pas de présence militaire directe dans la région, mais renforce son influence militaire par l'intermédiaire de l'OCS.
Selon certains analystes militaires chinois, l'OCS permet à la Chine d'être non seulement un "observateur extérieur" de tous les processus qui se déroulent dans la région, mais aussi de devenir un acteur actif, capable d'exercer une influence croissante sur la formation d'un futur système de sécurité régionale en Asie centrale. Cependant, Moscou n'est pas prêt à assumer toute la responsabilité pour le développement de la situation dans la région et considère l'OTAN comme l'allié de l’OTSC dans la lutte contre l'extrémisme islamique. Autrement dit, l'OTSC se trouve entre les intérêts de l'OTAN et de la Chine en Asie centrale.
Mais les pays qui font aujourd'hui partie de l'OTSC poursuivent leurs propres objectifs et ils ne sont prêts à participer à l'activité de l’organisation que si cela n'est pas contraire à leurs intérêts. Cependant, dans l'espace postsoviétique, il n'y a pas d'alternative à cette structure qui pourrait assumer, ne serait-ce que partiellement, la responsabilité pour le maintien de la stabilité dans la région euro-asiatique. Si tous les pays membres de l'organisation appliquent une politique responsable, l'OTSC pourrait devenir un groupement exceptionnel d'intégration à vocation non seulement militaire, mais aussi politique.
Auteur: Innokenti Adiassov est membre du Conseil d'analyse et d'expertise auprès du Comité des affaires de la Communauté des Etats indépendants (CEI) de la Douma (chambre basse du parlement russe).
Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

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L'OTAN snobe l'OTSC pour des raisons idéologiques (Lavrov)

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