RIA Novosti

Politique étrangère des Etats-Unis: des changements s'imposent

18:33 19/03/2010

La Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, est arrivée en visite de deux jours à Moscou (les 18 et 19 mars) pour participer à une rencontre du Quartet pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, ONU et UE) et discuter du traité START, du bouclier antimissile, de l'Iran, de l'Afghanistan et de nombreux autres problèmes concernant les relations bilatérales.

La  Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, est arrivée en visite de deux jours à Moscou (les 18 et 19 mars) pour participer à une rencontre du Quartet pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, ONU et UE) et discuter du traité START, du bouclier antimissile, de l'Iran, de l'Afghanistan et de nombreux autres problèmes concernant les relations bilatérales.

Depuis la fin de l'année dernière et, bien entendu, cette année, à Moscou et Washington (ainsi qu’à Paris, Berlin, Londres, Le Caire, Damas, la Palestine, etc.) on évite d'employer le terme de "redémarrage". C'est symptomatique. La période où l'on attendait de la nouvelle Secrétaire d'Etat et de son président Barack Obama, la matérialisation de leurs promesses messianiques et d'importants tournants dans la politique étrangère, semble prendre fin. A présent, on a besoin de concret. Mais, pour l'instant, ce n’est pas le cas.

Barack Obama, Joe Biden (vice-président américain) et Hillary Clinton représentent sans aucun doute un grand progrès par rapport à leurs prédécesseurs George W. Bush, Richard Cheney (ex-vice-président américain) et Condoleezza Rice. Mais il est évident que le changement de personnalités politiques ne suffit pas. Moscou, la Palestine, Paris, Bagdad, etc. n'attendent plus qu'un messie vienne des Etats-Unis. A présent, on y attend tout simplement la Secrétaire d'Etat Clinton et/ou le président Obama. Le "bouton de redémarrage" était une belle métaphore, mais il n’est resté qu’une métaphore.

Pour l'instant, Obama n'a peut se vanter d’aucun succès réel dans la politique étrangère. Surtout si l'on tient compte de la récente annonce par Israël, en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, de la construction de 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est. Cela accentuera considérablement les humeurs anti-américaines au Proche-Orient. Impossible de dire que Washington ne s'en rend pas compte.

Ce qui se produit actuellement aux Etats-Unis n’aurait pas été possible auparavant. Par exemple, le général David Petraeus, commandant en chef du Commandement central américain (le CENTCOM supervise, entre autres, l’ensemble du Proche-Orient) qui avait commandé les troupes américaines en Irak a déclaré ces jours-ci au sénat que le conflit israélo-palestinien représentait une menace pour les intérêts américains, car il "fomente le sentiment anti-américain (dans le monde arabe) à cause d'un favoritisme des USA vis-à-vis d'Israël". Seuls les critiques libéraux de la politique israélienne pouvaient se permettre de prononcer de telles sentences aux Etats-Unis. Entendre un haut chef du Pentagone prononcer cela ouvertement est un fait sans précédent. On ne sait pas encore si cet état d'esprit des généraux aboutira à quelque chose de concret.

Malgré tout le respect qu’on a pour l'actuel vice-président Joe Biden et la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, ni l'un ni l'autre n'ont une expérience suffisante en politique étrangère. Le travail à des postes importants au comité des affaires étrangères du sénat ne peut être considéré comme une riche expérience, en tout cas, comme celle nécessaire pour régler des problèmes aussi grandioses. Mais il ne s'agit pas que de cela.

Les Etats-Unis ont cette particularité qui exerce une influence substantielle sur leur politique étrangère, qui est le rôle du congrès dans le soutien ou l'échec de cette politique. Ce rôle s'accroît incommensurablement lorsque le pays traverse des périodes économiques et financières difficiles. C'est le cas aujourd’hui.

Le congrès marchande toujours avec le président lorsqu'il a besoin de son soutien pour approuver les projets de loi les plus importants. Pour Obama, ce sont la réforme de la santé et le climat. On dit déjà que certains démocrates (qui sont majoritaires dans les deux chambres) ne peuvent "accepter" les réformes radicales de la santé que si Obama n'exerce pas une pression forte sur Israël ou s'il n'occupe pas une position pro-palestinienne.

Les républicains accepteront de ratifier le nouveau traité START avec la Russie, si Obama augmente les dépenses pour la modernisation des forces nucléaires, des armements conventionnels, etc.

Ce traité est déjà à portée de main. Mais, sans sa ratification par le congrès (sénat), il sera nul.

Quel que soit le problème considéré, soit Obama doit changer le congrès, soit le congrès changera Obama et toute sa politique étrangère. Par conséquent, quelque chose doit changer aux Etats-Unis, autrement, il n'y aura pas de résultats.

 

Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.

© 2010 RIA Novosti