
Les nouvelles autorités ukrainiennes lancent une vague de répressions contre l'opposition, a déclaré l'ancienne première ministre et candidate à la présidence de l'Ukraine Ioulia Timochenko en évoquant sa convocation au Parquet général d'Ukraine.
"Des actions ont également été engagées contre moi. Après avoir dénoncé les actes de corruption au sein de la Cour constitutionnelle, j'ai reçu, pendant la fête de Pâques, cette invitation de la part du Parquet général", a-t-elle affirmé lors d'un entretien avec des journalistes, exhibant sa convocation au ministère public.
Au cours d'une conférence de presse tenue auparavant, Mme Timochenko avait pointé une tentative de corruption des juges constitutionnels entreprise, selon elle, en vue de les amener à légitimer la formation de la coalition nécessaire pour nommer le nouveau premier ministre. Le Parti des régions (actuellement au pouvoir en Ukraine) a rejeté ces accusations.
L'ex-candidate à la magistrature suprême affirme ne pas craindre les persécutions de la part des autorités actuelles du pays. Elle dit avoir la ferme intention de se présenter au Parquet.
"J'y irai, soyez sûrs, pour parler franchement et ouvertement à ces procureurs", a-t-elle souligné.
La coalition formée début mars au parlement ukrainien (Rada) a réuni le Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, le Parti communiste, le Bloc Litvine (ex-président de la Rada) et une poignée de députés issus d'autres partis.
Aux termes de la constitution ukrainienne, la coalition ne peut être formée que par les fractions parlementaires. Or, l'association de députés ne faisant partie d'aucune fraction à ce processus a fourni à l'opposition l'occasion d'inviter la Cour constitutionnelle à statuer sur la légitimité de la nouvelle coalition. Bien que la Cour ne se soit pas encore prononcée, les médias ukrainiens affirment, citant leurs propres sources, que la majorité des juges sont enclins à légitimer la coalition.