La Russie vue par la presse francophone
La Russie vue par la presse francophone le 3 décembre
Le Monde
Lavrov: "le moment est venu" pour une coopération USA-Russie sur la sécurité
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé à Athènes que "le moment était venu pour une coopération réciproque entre les Etats-Unis et la Russie car sans ces acteurs nous ne pouvons pas sérieusement parler de la sécurité européenne".
"Le moment est venu pour créer les conditions pour des coopérations réciproques entre les Etats-Unis et la Russie car sans ces acteurs, comme l'Otan la Russie, nous ne pouvons pas sérieusement parler des idées sur la sécurité et la politique dans notre continent", a dit M. Lavrov en marge de la 17è réunion ministérielle de l'Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Après avoir participé mardi et mercredi à la réunion de l'OSCE, M. Lavrov a prononcé un discours mercredi devant l'Union d'amitié gréco-russe, sur les relations entre l'Otan et l'Europe.
"Dans les prochains jours il y aura une réunion officielle du conseil Otan-Russie où nous discuterons de plusieurs documents sur notre travail commun", a dit M. Lavrov.
Le ministre russe doit participer vendredi à Bruxelles à une réunion formelle du Conseil Otan-Russie (le forum de dialogue entre Moscou et les pays de l'Alliance atlantique) avec ses 28 collègues occidentaux, la première depuis la crise géorgienne d'août 2008 qui avait affecté les relations entre l'alliance et Moscou.
Lors de la réunion de l'OSCE, M. Lavrov avait présenté le récent projet de Traité sur la sécurité européenne du président russe Dmitri Medvedev que plusieurs ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OSCE se sont refusés à commenter.
Dans son discours devant l'Union gréco-russe, M. Lavrov a expliqué que "la base de cette initiative est l'intention de former un système de sécurité indivisible dans l'espace euro-atlantique" et d'arriver "à un accord contraignant sur la sécurité européenne".
"Nous espérons une réponse précise et constructive sur le fond de notre initiative", a réitéré M. Lavrov en appelant "l'Otan, l'OSCE et l'Europe à devenir membres" de cette initiative.
M. Lavrov a indiqué que "l'arrivée du gouvernement Barack Obama avait ouvert les possibilités pour la revalorisation des relations russo-américaines sur la base des principes d'égalité et d'intérêt réciproque".
"La Russie ne vise pas à dissoudre les structures et les institutions européennes, en revanche on parle de la création d'un pôle de droit et de sécurité dans l'espace euro-atlantique".
L'Otan et la Russie ont tenu à calmer le jeu mercredi après la brève querelle qui les a opposées et a fait craindre une annulation de dernière minute de la réunion de leurs chefs de la diplomatie, prévue vendredi.
L'ambassadeur de Russie auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, était sorti mardi mécontent d'une rencontre avec ses collègues des pays de l'Otan, préparatoire à la ministérielle de vendredi.
Il avait indiqué que la Russie voulait avoir la possibilité d'utiliser le Conseil Otan-Russie comme forum spécialisé pour discuter de sécurité européenne, y compris du projet de Traité sur la sécurité européenne que vient de présenter Dmitri Medvedev.
"Je suis confiant que tous les pays du Conseil Otan-Russie sont décidés à trouver des solutions constructives" et que "les compromis nécessaires seront faits pour permettre de prendre d'importantes décisions vendredi", a déclaré le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen en réponse à une question de la presse à Bruxelles.
Le JDD
Russie-OMC: Poutine accuse les EU
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, accuse jeudi l'amendement Jackson-Vanik liant les relations commerciales avec les Etats-Unis à des droits d'immigration pour les minorités religieuses de freiner l'entrée de Moscou à l'OMC. "Entrer à l'OMC reste notre objectif stratégique mais nous avons le sentiment que pour des raisons inconnues, certains pays, dont les Etats-Unis, entravent notre accession à l'OMC", a déclaré le Premier ministre à l'occasion de son rendez-vous annuel avec les citoyens russes pour une séance de questions-réponses. Ce texte, né pendant la guerre froide, nuit aux relations bilatérales depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.
La Croix
Benoît XVI et Dmitri Medvedev, une rencontre prometteuse
Lors de la première visite officielle du président russe au Vatican, jeudi 3 décembre, les deux parties pourraient annoncer l’établissement de relations diplomatiques plénières.
Rome et Moscou ont la mémoire longue. Lorsque le président russe Dmitri Medvedev franchira, ce jeudi 3 décembre à 18 heures, le seuil de la bibliothèque privée du pape, pour sa première rencontre officielle avec Benoît XVI, les deux hommes pourront faire mémoire, presque jour pour jour, de la rencontre historique entre Jean-Paul II et Mikhaïl Gorbatchev, le 1er décembre 1989 à 11 heures, ici même. Ce qui est présenté par le Kremlin comme « une courte visite de travail » en marge du déplacement de Medvedev en Italie revêt en fait une réelle importance politique.
A ce jour, en effet, les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie ne sont pas pleines et entières, mais de nature « spéciale ». Depuis 1990, Moscou dispose d'un « ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire » auprès du Saint-Siège, accrédité comme « représentant ». Et Rome s'en tient à un « représentant » en poste à Moscou.
Vingt ans marqués par des tensions entre Rome et le Patriarcat de Moscou, avec des nominations d’évêques catholiques suspectées de « prosélytisme », et des tensions entre gréco-catholiques et orthodoxes en Ukraine. Mais simultanément, Boris Eltsine puis Vladimir Poutine ont veillé à maintenir une relation suivie avec Jean-Paul II, puis Benoît XVI.
Plusieurs indices laissent espérer un véritable échange d'ambassadeurs, pour des relations diplomatiques de plein exercice. Le président russe s'est prononcé en juillet, dans un entretien à des médias italiens, pour un renforcement « au maximum » des liens diplomatiques. Du côté du Saint-Siège aussi, les signaux sont multiples. En mars dernier, à l'occasion de la visite à Moscou du chef de la diplomatie vaticane, Mgr Dominique Mamberti, on laissait entendre qu'un printemps diplomatique était en vue.
Pour sa part, le Patriarcat de Moscou a souligné le 26 novembre « la grande similitude de vues entre les Églises catholique et orthodoxe, comme entre le Saint-Siège et la Russie, sur les racines chrétiennes de l'Europe et les questions bioéthiques ».
Dans cet esprit – fait sans précédent –, l'Église orthodoxe russe vient de publier à Moscou un livre… de Benoît XVI, intitulé Europe, patrie spirituelle, avec une introduction de l'archevêque Hilarion, directeur du département des relations extérieures du Patriarcat, largement reprise par L’Osservatore Romano daté du… 1er décembre. Enfin, le 20 septembre, le quotidien du Saint-Siège saluait l'interdiction de la peine de mort en Russie, combat soutenu par Rome.

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