La Russie vue par la presse francophone
La Russie vue par la presse francophone du 5 au 7 décembre

Le Monde
5 décembre 2009 samedi
Désarmement: compte à rebours pour un traité
Barack Obama réussira-t-il à arracher aux Russes un accord de désarmement qui pourrait être signé en marge de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix, le 10 décembre à Oslo ? Alors que le traité Start de 1991 expire le 5 décembre, la Maison Blanche n'exclut pas une percée de dernière minute dans les négociations menées par les Etats-Unis et la Russie depuis des mois à Genève sur la réduction de leur arsenal nucléaire. "Improbable, mais toujours possible", selon un responsable américain.
La signature d'un accord de désarmement permettrait à M. Obama de nuancer l'image de "président de guerre" ayant décidé d'envoyer 30 000 soldats de plus en Afghanistan. Elle lui offrirait un succès diplomatique non négligeable : dix mois après avoir été inaugurée, la "relance" (reset) des relations avec Moscou n'a pas encore porté de fruits spectaculaires, même si la Maison Blanche se félicite de la coopération russe sur l'Afghanistan et d'un pas dans la bonne direction sur l'Iran.
Depuis le printemps, l'administration américaine a déployé des efforts considérables en direction de Moscou. M. Obama a rencontré Dmitri Medvedev à une demi-douzaine de reprises, soit plus souvent que ses autres homologues. En septembre, il a fait une concession importante, en renonçant au bouclier antimissile prévu par George Bush, notamment en Pologne et en République tchèque.
En retour, les signaux qui viennent de Moscou continuent d'être contradictoires. Jeudi, le président Medvedev a apporté son soutien à l'effort américain en Afghanistan, rappelant que la Russie avait autorisé, en juillet, le survol de son territoire par 4 500 avions militaires américains par an, y compris pour le transport de troupes. Il a aussi proposé que l'armée russe forme des policiers et militaires afghans.
Mais le même jour, le premier ministre, Vladimir Poutine, a eu des mots sans complaisance pour les Etats-Unis, accusés d'empêcher l'entrée de la Russie dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à laquelle elle postule depuis quinze ans. Et il a de nouveau affirmé ne pas avoir "d'informations selon lesquelles l'Iran utiliserait le nucléaire à des fins militaires", alors que Moscou s'est associé, la semaine dernière, au vote de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) réprouvant les activités nucléaires de l'Iran.
Pierre angulaire de la relance des relations : la renégociation du traité Start I signé en 1991 par George Bush père et Mikhaïl Gorbatchev. Sur les grandes lignes, les deux parties sont d'accord. Dès leur rencontre à Moscou en juillet, MM. Obama et Medvedev avaient évoqué une réduction sur sept ans des têtes nucléaires (de 1 500 à 1 675 chacun, contre moins de 6 000 chacun actuellement) et des vecteurs (entre 500 et 1 100 contre 1 600). Reste à trouver un compromis sur le comptage des lanceurs mobiles et le mécanisme des inspections.
Moscou ne veut plus entendre parler du poste américain de contrôle à Votkinsk (Oudmourtie), à 900 km à l'est de Moscou, qui doit fermer le 5 décembre. Trente inspecteurs américains installés depuis quinze ans y surveillent la production des missiles SS-27 Topol-M et SS-26 Bulava. Les Russes ont perdu le droit de maintenir de semblables inspecteurs aux Etats-Unis en 2001, lorsque le site de production de missiles Peace Keeper, dans l'Utah, a fermé.
Ils s'inquiètent aussi des missiles de croisière américains non stratégiques, sans succès. Le Pentagone, qui a fait passer à usage conventionnel des systèmes comptabilisés en 1991 comme nucléaires, ne souhaite pas que ses sous-marins soient inclus dans l'arsenal.
L'autre revendication russe consiste à vouloir lier les armements stratégiques et la défense antimissile. Or pour Washington, lier la réduction des arsenaux nucléaires et la défense antimissile est difficilement envisageable. La moindre limitation sur les antimissiles réduirait les chances de ratification du traité par le Sénat, où M. Obama a besoin d'une majorité des deux tiers (67 voix). Les républicains ont des réserves, estimant les nouvelles procédures de vérification pas assez contraignantes.
Le général James Jones, conseiller à la sécurité nationale, s'est montré optimiste, jeudi, sur les négociations "contre-la-montre", a-t-il dit, qui continuent à Genève. "Les Russes sont demandeurs. C'est un sujet très complexe. Il ne nous reste plus que quelques derniers paragraphes", a-t-il dit, dans une interview à la chaîne Fox News. "Si nous pouvons terminer pour le 5 décembre, c'est bien. Peut-être cela sera un ou deux jours plus tard." Les deux présidents se sont entretenus lundi et ont prévu de se reparler. Dans le cas où ils ne parviendraient pas à aplanir les divergences, les deux parties devraient s'entendre sur un accord de prolongation des arrangements actuels.
Ces difficultés sont normales si l'on se souvient que Start I est le traité le plus complexe de l'histoire du désarmement, mais elles soulignent néanmoins les limites de la "relance". L'administration Obama avait quelque peu sous-estimé la difficulté de s'entendre avec Moscou sur les armements stratégiques. Or, justement, elle voudrait en finir au plus vite afin de passer à l'étape supérieure, la non-prolifération et le soutien russe dans le dossier nucléaire iranien.
Le Figaro
5 Décembre 2009 samedi
Russie et États-Unis butent sur le désarmement
Moscou et Washington ne sont pas parvenus à un accord avant la date d'expiration du traité de réduction des armes stratégiques.
Malgré six mois de négociations acharnées, l'accord de désarmement nucléaire Start 1, signé en 1991 entre George Bush père et Mikhaïl Gorbatchev, a expiré sans que la Russie et les États-Unis aient réussi à lui trouver un successeur. Annoncé depuis plusieurs mois par Washington et Moscou, l'accord devait concrétiser la tournure nouvelle prise par les relations russo-américaines depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. Mais les deux parties ont annoncé vendredi qu'il faudrait attendre encore, sans doute jusqu'à fin décembre, pour trouver un compromis. La cérémonie de signatures, prévue à Reykjavik, a été annulée. La ratification par le Congrès américain et la Douma russe, attendra donc de longs mois.
Depuis le début de l'été, les choses se présentaient pourtant pour le mieux. En juillet, Barack Obama et Dmitri Medvedev avaient annoncé à Moscou leurs objectifs: abaisser le nombre de têtes nucléaires dans une fourchette de 1 500 à 1 675 et réduire le nombre de vecteurs nucléaires (missiles intercontinentaux, sous-marins et bombardiers stratégiques) à un chiffre compris entre 500 et 1 100. En langage courant, il s'agit de diminuer d'environ un tiers les deux plus grands arsenaux mondiaux. En septembre, la décision américaine d'annuler, pour le remplacer par un projet plus modeste, le bouclier antimissile en Europe de l'Est (Pologne et République tchèque), que Moscou considérait comme une menace à sa sécurité, avait donné un nouvel élan aux négociations.
Celles-ci se sont pourtant révélées plus difficiles que prévu, Moscou ayant remis sur le tapis les projets de défense antimissiles en Europe, exigeant d'en savoir plus sur les nouvelles intentions américaines. La Russie aimerait aussi limiter la capacité de tirs conventionnels à longue portée, les États-Unis ayant, dans ce domaine, une longueur d'avance sur Moscou. L'impossibilité de trouver un accord avant la date butoir du 5 décembre a aussi des raisons «diplomatiques». «Les Russes essaient d'obtenir des concessions en jouant sur le fait ¬qu'Obama a mis sa crédibilité en jeu avec son projet de désarmement nucléaire. Ils sont moins pressés que les Américains», explique un expert. L'Administration américaine comptait sur un accord rapide pour pousser son programme de lutte contre la prolifération en espérant que l'Iran renonce, à terme, à se doter de la bombe atomique. À Washington, on espère toujours obtenir un compromis avant qu'Obama reçoive le prix Nobel de la paix, le 10 décembre.
À court terme, ce défaut d'accord n'aura pas de conséquences en matière de sécurité. La guerre froide est terminée et, avec elle, la course aux armements nucléaires entre Moscou et Washington. Ce retard est pourtant «un mauvais signe, car il risque d'affaiblir le discours de Barack Obama sur le désarmement nucléaire», prévient ¬Camille Grand, le directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
En avril, à Prague, le président américain avait annoncé son intention d'œuvrer à la dénucléarisation du monde. Or, dans l'actualité nucléaire internationale très chargée en 2009-2010, le renouvellement de Start était censé être la partie la plus facile. Des difficultés bien plus grandes attendent Obama au début de l'année prochaine. Notamment la publication de la Nuclear Posture Review, qui doit déterminer la politique nucléaire américaine pour les cinq à dix prochaines années. Cette remise à plat ne va pas sans difficultés, tant les visions portées par la Maison-Blanche et par le Pentagone, plus conservateur, sont parfois divergentes. Autre date clé, la conférence d'examen du traité sur la non-prolifération (TNP), mis à mal par le développement de la prolifération dans le monde, les essais atomiques nord-coréens et le programme nucléaire iranien. Un expert prévient: «Sans accord sur le TNP, le projet d'un monde sans arme nucléaire porté par Barack Obama, risque d'être vidé de sa substance.»
Le Monde
6 décembre 2009 dimanche
La Russie de Nikita Mikhalkov
C'est un homme de la nomenklatura, acteur adulé, petit-fils de peintre, fils d'un écrivain et d'une poétesse, frère cadet du cinéaste Andreï Mikhalkov-Kontchalovski, qui, à 35 ans, décide de réaliser son premier long métrage. Nikita Mikhalkov se voit aujourd'hui consacrer deux beaux coffrets dans lesquels il est interviewé et dont tous les films sont commentés avec brio par Pierre Murat.
On repère la propension de Mikhalkov à faire l'inverse de ce que l'on attend de lui dès son premier film, Le nôtre parmi les autres (1975), un western situé pendant la guerre civile. Chargé de transporter un chargement d'or pour les communistes, le héros (qu'il interprète lui-même) s'approprie le magot. Le sujet induisait un film patriotique, il en fait un film de distraction, un éloge de l'égoïsme.
Esclave de l'amour (1976) donne le ton de l'oeuvre à venir : complicité dévote avec Anton Tchekhov et art de faire surgir la vérité des personnages à l'improviste, dans les moments les plus superficiels. Exilée en zone libre, une équipe de film attend le train qui doit amener pellicule ou amis, s'acharne à tourner un mélo comme à l'époque tsariste alors que la Révolution approche. Il s'agit de filmer l'ennui, ce dont il s'acquitte en dédaignant la psychologie et traquant des instants de désoeuvrement.
C'est encore à partir de Tchekhov (trois nouvelles et la pièce Ce fou de Platonov) qu'il signe Partition inachevée pour piano mécanique (1977): une journée à la campagne, au cours de laquelle un séducteur en proie au ridicule reçoit une flamboyante déclaration d'amour d'une femme. Tout ce à quoi croit Mikhalkov est là: la trinité de l'âme russe (foi, amour et espérance, quelque soit le bilan d'un comportement minable), et la construction émotionnelle des scènes selon ce que Murat nomme "la double détente" : émotion, dérision et émotion.
Moins brillant, Quelques jours dans la vie d'Oblomov (1979) fait un sort à ce Tartuffe russe qu'est le héros de Gontcharov, nihiliste oisif, asocial somnolent ayant à coeur de ne pas agir comme les autres.
On reproche à Mikhalkov de ne dépeindre que la Russie du passé ? Il prend ces critiques à rebours dans La Parentèle (1981), où une paysanne (symbole de la sagesse russe) arrive en ville et s'inquiète de l'occidentalisation de compatriotes en proie aux vices. Dans Sans témoins (1983) aussi, cruel huis clos bergmanien entre un homme et une femme qui s'aimèrent. Et surtout dans Cinq soirées (1978), filmé en noir et blanc, situé en 1958, où, dans une situation analogue (un homme tente d'offrir cinq soirées de bonheur à son ex-compagne), Mikhalkov s'offre une satire insolente du système communiste, symbolisé par un cadre de vie sinistre et une idéologie du mensonge. Là encore, toutefois, les personnages vivent le présent à la lumière du passé.
Le Point
6 décembre 2009 dimanche
Mikhaïl Gorbatchev: Copenhague sera "un test de leadership moderne"
L'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev estime que le sommet de Copenhague constituera un véritable "test de leadership moderne", jugeant que la crise climatique, comme d'autres, implique "une nouvelle façon de penser".
À quelques jours du début du sommet de Copenhague, pensez-vous qu'un accord mondial ambitieux pour enrayer le réchauffement climatique en cours soit encore possible ?
Mikhaïl Gorbatchev : La mentalité "business as usual" qui domine la pensée mondiale aujourd'hui est à la source des multiples crises que nous traversons : économique, financière et environnementale. Nous sommes face à une véritable urgence mondiale qui nécessite une nouvelle façon de penser. L'histoire a montré que, face à des défis extraordinaires, l'esprit humain était capable de trouver les réponses.
Une percée politique reste possible à Copenhague, mais en deux temps. Premièrement, les États doivent prendre des engagements fermes (...), deuxièmement, il faut fixer un calendrier pour aboutir à un accord international contraignant l'année prochaine. Copenhague est un test de leadership moderne.
Vous plaidez en faveur d'objectifs très ambitieux, en particulier une réduction de 45 % à 50 % des émissions de gaz à effet de serre des pays développés d'ici 2020. Cette fourchette, très éloignée des chiffres aujourd'hui sur la table, n'est-elle pas irréaliste ?
Personne ne croyait que la guerre froide pourrait s'achever à la fin des années 80, que la division de l'Europe entre Est et Ouest allait s'effondrer ou que l'élimination d'une catégorie entière d'armes nucléaires était possible. Et la liste est longue. La politique, ce n'est pas l'art du possible, c'est permettre que ce qui est considéré comme impossible devienne réalité. C'est le défi posé aux dirigeants d'aujourd'hui.
Alors que le fossé entre la science et la politique s'élargit, les risques pour l'humanité deviennent chaque jour un peu plus évidents. Si vous faites des compromis politiques (par rapport à ce que dit la science), c'est la garantie quasi assurée d'une hausse de quatre degrés des températures, ce qui représente un risque catastrophique.
La Russie, troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre, est vivement critiquée pour son manque d'engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Qu'en pensez-vous ?
La Russie n'est pas le mauvais élève de la classe en matière de climat. Elle est actuellement dans une période de transition difficile. Non seulement elle émerge à peine de la crise économique et financière, qui l'a frappée plus durement que nombre d'autres pays, mais elle doit aussi moderniser son économie. Cela peut expliquer en partie pourquoi le changement climatique ne fait pas partie des sujets centraux dans le débat public.
Midi Libre
6 décembre 2009 dimanche
Perm: «stupidité criminelle»
La ville russe de Perm dans l'Oural, a commencé hier à enterrer ses morts au lendemain de l'incendie qui a ravagé une boîte de nuit tuant 112 personnes (dernier bilan publié hier) alors qu'un ministre russe a demandé l'interdiction des feux d'artifice lors d'événements de masse. Le président Dmitri Medvedev a qualifié le drame de « stupidité criminelle » et décrété le deuil national aujourd'hui. « Ceux qui ont organisé ces feux d'artifice n'ont ni cerveaux, ni scrupules », s'est-il indigné. Cinq personnes, dont un des propriétaires et la directrice du restaurant, ont été interpellés pour non respect des règles de sécurité en matière de feux d'artifice. Ils risquent 7 ans de prison. D'autant que l'établissement s'était déjà vu infliger deux fois des amendes pour non respect des normes anti-incendie.
Les Echos
7 Décembre 2009 lundi
Le canadien McCain rêve de convertir les Russes aux frites
Inventeur de la frite surgelée et numéro un mondial, le groupe familial canadien continue son expansion européenne vers l’Est. Encouragé par des profits très substantiels, il projette la création d’une usine en Russie.
Rien ne semble devoir stopper la progression en Europe du canadien McCain, l'inventeur de la frite surgelée, leader mondial dans son domaine avec un chiffre d'affaires de 7 milliards de dollars canadiens (4,4 milliards d'euros). Ni la crise, ni l'essor des marques de distributeur, ni sa politique de prix élevés – en France, McCain vend ses frites deux fois plus cher que les produits génériques. « Le consommateur fait la différence. Il n'y a aucun déchet dans nos produits », se justifie Jean Bernou, patron de la division Europe continentale. McCain contrôle d'ores et déjà 40 % du marché hexagonal de la frite surgelée. Il sert surtout la restauration, mais également les grandes surfaces et les chaînes telles que McDonald's, Quick, Burger King et Kentucky Fried Chicken.
Très solidement implanté en Europe de l'Ouest, McCain a également plusieurs usines dans les pays de l'Est, dont une unité importante à Strezlin, en Pologne, qui sert le marché russe. « Le potentiel de croissance en Europe centrale est énorme, note Jean Bernou. Ce sont pour nous les marchés les plus rentables d'Europe. » Résultat, McCain avance à pas de géant en Europe centrale et rêve d'étendre son marché jusqu'à… Vladivostok, l'extrême est de la Russie, un des terminus du Transsibérien. Prochaine étape, prochaine conquête aussi, car les frites ne font pas partie des habitudes culinaires dans ce pays. « Les Russes les ont découvertes en allant au McDo », poursuit Jean Bernou. Mais il faudra sans doute encore trois ou quatre ans pour que la première usine du groupe entre en fonction.
Plus que les volumes, le groupe privilégie la rentabilité. En vendant de plus en plus de frites surgelées sous sa marque et en délaissant progressivement les marques de distributeur, qui absorbaient 75% de ses volumes il y a encore dix ans. Sans donner de chiffres, Jean Bernou affirme que les marges de l'entreprise sont «tout à fait exceptionnelles», «sans commune mesure avec celles de l'industrie agroalimentaire». La frite de marque est une affaire plus que rentable. Le chiffre d'affaires de McCain Europe a baissé de 3% lors du dernier exercice, à 700 millions d'euros, près deux années de «croissance record». Mais les profits demeurent «très substantiels» et le canadien a gagné des parts de marché (+ 2,5 %) sur le Vieux Continent.
Sa plus grosse usine dans le monde se situe en France, dans le village de Matougues (Marne). « Au milieu de nulle part », dit Jean Bernou. Une cathédrale entièrement automatisée dotée d’une chambre froide de 40 mètres de haut et qui ne produit pas moins de 30 tonnes de frites à l'heure ! Les pommes de terre y sautent en l'air d'un tapis à l’autre, une opération pendant laquelle des caméras exercent un tri optique, séparant les bons produits des autres.
Un nuage dans ce ciel pur: la disponibilité de la matière première. Une préoccupation constante pour Jean Bernou. « Beaucoup d'entreprises rémunèrent trop peu les producteurs de pommes de terre. Ils ne se rendent pas compte que, d'une année à l'autre, ils peuvent délaisser cette culture pour faire des céréales quand les prix grimpent. » Pour contourner le risque de la rupture d'approvisionnement, McCain signe des contrats de trois ans avec les agriculteurs pour 60% de ses besoins. Le géant canadien garde des marges de manoeuvre pour fixer les prix en fonction du marché sur 40% de sa matière première.

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