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RIA Novosti

La Russie vue par la presse francophone

La Russie vue par la presse francophone du 6 février au 8 février

presse
17:36 08/02/2010

Le Figaro

Rasmussen : « L'Otan doit devenir un forum sur les questions de sécurité mondiale »

Les alliés cherchent à inverser la tendance en Afghanistan. Peut-on encore gagner ?Anders Fogh RASMUSSEN.- Nous avons sous-estimé les difficultés en Afghanistan pendant des années. Mais nous allons assister à un nouvel élan et à des progrès en 2010. Nous devons mieux coordonner notre effort militaire et notre assistance civile. Nous avons pris des décisions importantes avec l'envoi de renforts et en décidant de confier davantage de responsabilités aux Afghans. Nous avons suffisamment de troupes de combat. Notre priorité est de les réorganiser de façon plus efficace. Et de combler le manque d'instructeurs pour la formation des forces afghanes.
Êtes-vous déçu par la contribution française, annonçant l'envoi de 80 formateurs en Afghanistan? Je me réjouis de l'envoi des renforts français pour notre mission d'entraînement des forces afghanes. Nous avons besoin de chaque instructeur sur lequel nous pouvons mettre la main. Je vais consacrer les prochaines semaines à obtenir des pays membres des renforts additionnels dans ce domaine. Nous devons multiplier les partenariats pour rétablir la sécurité, avec la Russie par exemple. La Russie pourrait fournir des hélicoptères, dont nous avons un grand besoin, entraîner des pilotes afghans et fournir des pièces détachées. La nouveauté, c'est que les Afghans sont prêts pour cela. L'entraînement pourrait avoir lieu en Russie afin d'écarter les appréhensions provoquées par le retour de troupes Russes sur le terrain afghan.
Quelles sont les pistes dans l'élaboration d'un nouveau concept stratégique pour l'Otan? Le coeur de notre mission restera la défense de nos alliés, de leurs frontières et de leurs citoyens. Mais aujourd'hui, la défense de nos frontières commence parfois loin de chez nous, comme en Afghanistan. Nos alliés sont aussi confrontés à de nouveaux dangers comme les cyberattaques, la prolifération des armes de destruction massive, la piraterie ou la gestion des catastrophes naturelles. C'est pourquoi nous devons porter la transformation de l'Otan à un nouveau stade, en liant l'Alliance au système international de sécurité d'une manière entièrement nouvelle. L'Otan doit devenir un forum sur les questions de sécurité internationale. Nous devons multiplier les partenariats avec les pays non membres.
Comment l'Otan va-t-elle s'y prendre pour surmonter ses difficultés financières? Nous ne pouvons plus nous permettre de maintenir les capacités de la guerre froide. Nous devons nous assurer que nous consacrons nos dépenses aux missions et non aux frais de fonctionnement et à une bureaucratie trop lourde. Nous devons poursuivre les synergies et mutualiser nos moyens, comme pour l'utilisation d'hélicoptères par exemple. Ou encore en déployant sur le terrain des hôpitaux de campagne dans lesquels les différentes nations partagent leurs ressources, pour améliorer l'efficacité et la qualité des soins médicaux. Une meilleure coopération peut aussi nous aider à mieux faire face aux dangers, notamment avec les États-Unis en ce qui concerne les IED, les engins explosifs improvisés.

 
Les Echos

Une revanche sans éclat pour Moscou

Otan. L'élection d'hier peut être considérée comme une revanche de la Russie, qui avait soutenu le régime déchu lors de la « révolution orange ». Aujourd'hui, le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko quitte le pouvoir par la petite porte et le futur président cessera de pousser son pays sur la voie de l'Otan, à la grande satisfaction du Kremlin. Viktor Iouchtchenko prône même une intégration de son pays à l'union douanière Russie-BiéloRussie-Kazakhstan, pourtant incompatible avec l'intégration à l'Union européenne qu'il professe. « Nous sommes de culture Russe, mais d'aspiration européenne », explique un Ukrainien de l'Est, qui souligne que les oligarques, y compris ceux soutenant Viktor Ianoukovitch, ne tiennent pas tellement à voir leur pays devenir une chasse gardée de leurs collègues Russes. Pour ces hommes d'affaires tirant les ficelles de la vie politique, l'avenir est en Europe. Le futur gouvernement donnera donc vraisemblablement des gages à Moscou, par exemple pour le renouvellement du bail de la base navale de Sébastopol, qui expire en 2017, sans pour autant lui « donner les clefs du camion » si cela menace les intérêts économiques du pays.


Ouest-France

Ukraine : la victoire de Ianoukovitch contestée

Les premiers sondages donnaient l'opposant pro-Russe gagnant, hier soir. Un résultat dénoncépar Ioulia Timochenko qui faisait état de « fraudes massives ».
Kiev.De notre correspondante
Viktor Ianoukovitch, candidat malheureux en 2004, peut savourer sa revanche. Accusé de fraudes lors de la fameuse Révolution orange, sa carrière politique paraissait bel et bien enterrée. Cinq ans plus tard, il est en passe de devenir le prochain président ukrainien. Selon les différents sondages sorties des urnes, le candidat de l'opposition devancerait la Premier ministre Ioulia Timochenko de trois à cinq points.
« C'est une grosse différence », a déclaré tout sourire Boris Kolesnikov, influent député du Parti des régions, à l'annonce des premiers sondages. Les électeurs semblent avoir voulu sanctionner tout à la fois le bilan peu reluisant de son adversaire et l'équipe orange, au pouvoir depuis cinq ans. Pourtant, sur le fond, peu de chose séparait les deux candidats et les Ukrainiens ont souvent choisi « le moins pire des deux », comme ils l'avouaient à la sortie des bureaux de vote.
La campagne, loin des passions de 2004, a seulement été émaillée par quelques scandales et arrangements avec la loi. « C'est très différent des élections précédentes. À l'époque, l'opposition n'avait aucun accès à la télévision ou aux journaux majeurs, estime Oleg Ribatchuk, actif lors de la Révolution orange et ancien proche du président sortant, Viktor Iouchtchenko. Aujourd'hui, cela dépend surtout de ton compte en banque ! La campagne est devenue plus virtuelle, plus populiste. On n'a pas vraiment assisté à une réelle compétition des idées, pour savoir comment sortir de la crise ou encore comment positionner l'Ukraine sur la carte du monde... »
Les deux candidats, qui ont abondamment promis des salaires plus élevés, de meilleures retraites et « la fin de la corruption », se sont, en revanche, faits discrets sur le clivage central de 2004, à savoir le positionnement de l'Ukraine entre l'Europe et la Russie. Ianoukovitch comme Timochenko ont tous les deux flatté Moscou, tout en clamant leurs ambitions européennes.
« Aucun des dirigeants ici ne peut se permettre de dire qu'il n'est pas pro-européen parce que la population de ce pays, dans sa grande majorité, comprend que l'Europe est un espace de liberté, de démocratie et de prospérité », rappelle José Manuel Pinto Teixeira, ambassadeur de la délégation européenne en Ukraine.
Seule réelle inconnue de ce scrutin, la réaction de Ioulia Timochenko. Elle promettait, en fin de semaine dernière, de contester dans la rue le résultat d'élections « sabotées », selon elle, par Ianoukovitch. Pour Anna Herman, également proche conseillère de Viktor Ianoukovitch, « Timochenko veut contester les résultats, mais je lui conseille de se calmer, et de garder son sang-froid ».

 
France-Soir
 
Nucléaire - L’Iran défie de nouveau le monde


Téhéran prétend « ne pas fermer la porte » aux discussions mais opte pour l'épreuve de force et s'expose à de nouvelles sanctions.
Le pied de nez prend des allures de bras d'honneur. Dimanche, le président iranien a infligé un nouveau camouflet à la communauté internationale quant à l'épineux dossier nucléaire. Mahmoud Ahmadinejad a en effet ordonné le démarrage de la production d'uranium hautement enrichi.
L'Organisation iranienne de l'énergie atomique, dirigée par Ali Akbar Salehi, devrait donc faire tourner à plein ses centrifugeuses pour produire un combustible nucléaire enrichi à 20 %. Objectif officiel : fournir la matière première nécessaire au réacteur de recherche médicale de Téhéran.
Cette annonce pourrait marquer l'arrêt des âpres négociations engagées depuis des mois avec les cinq pays du Conseil de sécurité de l'ONU, auxquels s'est jointe l'Allemagne.
Les négociations portaient sur le transfert par Téhéran de 1.200 kg d’uranium enrichi à 5 % à la Russie puis à la France, avant de rapatrier sur son sol une matière enrichie à plus de 19 %. Selon ce scénario, la République islamique se serait trouvée privée de la quantité d’uranium qui aurait potentiellement pu lui servir de base à une bombe atomique.
Exit, donc, ce compromis qui avait le double avantage de rassurer les occidentaux et de préserver l’honneur iranien. Conséquence immédiate de cette nouvelle rodomontade, le bras de fer pourrait tourner au match de boxe.
Dès dimanche, le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Robert Gates, a appelé la communauté internationale à « faire front commun pour faire pression sur le gouvernement iranien ».
Londres, de son côté, a fait part de sa « profonde préoccupation ». Dans la torpeur dominicale, la réaction du Quai d'Orsay, elle, se faisait attendre.
La communauté internationale pourrait désormais envisager de durcir les sanctions contre l'Iran. Robert Gates a toutefois souhaité que ces pressions s'exercent sur le gouvernement et épargnent « le peuple iranien ».

 

La Presse Canadienne

La France va vendre au moins un Mistral à la Russie

La France a accepté de vendre à la Russie un navire de guerre Mistral, capable de transporter une quinzaine d'hélicoptères et de chars, et envisage de lui en fournir trois autres, a annoncé lundi un responsable de la Direction générale de l'armement (DGA). Un accord qui inquiète plusieurs anciennes républiques soviétiques, comme la Géorgie.
La vente de trois bâtiments d'assaut amphibie supplémentaires est en cours d'examen, a ajouté Jacques de Lajugie, responsable du développement international à la DGA, lors d'une conférence de presse à Paris. "Je pense que la décision viendra dans les prochaines semaines", a-t-il dit, affirmant que la demande venait de l'état-major de la marine russe.
Il reste notamment à décider du lieu de construction des navires. Aucun calendrier de livraison n'a été précisé.
La possession d'un Mistral augmenterait significativement la capacité offensive de l'armée russe, au grand dam d'anciennes républiques soviétiques, au premier rang desquelles la Géorgie.
Son ministre des Affaires étrangères, Grigol Vachadzé, avait fait part de l'"extrême préoccupation" de son pays concernant ce projet, au moment de la visite du Premier ministre russe Vladimir Poutine en France et de la présentation du Mistral à Saint-Pétersbourg en novembre. Tbilissi demande des garanties en matière de sécurité.
La Géorgie, qui craint toujours une invasion russe depuis la guerre de cinq jours d'août 2008, redoute le positionnement de bâtiments de guerre au large de sa côte occidentale. Un tel navire permettrait à Moscou de déployer rapidement plusieurs milliers de soldats à l'étranger. Cette perspective inquiète aussi la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie.

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