La Russie vue par la presse francophone
La Russie vue par la presse francophone le 4 mars
Nouvelobs.com
Le mystère Medvedev et la montée des classes moyennes
Lors d'une conférence de presse de Dmitri Medvedev devant le conseil des relations étrangères (le 16 novembre), le Président russe s'est lancé dans une imitation assez cocasse de l'agité Nicolas Sarkozy.
Il y a à l'évidence un mystère Medvedev. Mais était-ce une raison pour que Nicolas Sarkozy célèbre mardi soir l'attachement du Président russe Medvedev à "l'Etat de droit" et à "la défense des droits de l'homme" alors que seul le maire de Paris, Bertrand Delanoë a interpellé le président russe sur cette question, notamment sur la liberté de la presse : "C'est la grandeur d'une nation de permettre à tous les journalistes de penser, de parler et d'écrire sans crainte".D'autant que lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait multiplié les critiques contre les exactions de l'armée russe en Tchétchénie, reprochant à Jacques Chirac d'avoir "serré la pogne" de l'ex-président Vladimir Poutine, aujourd'hui Premier ministre. Trois ans plus tard, Sarkozy a mis une sourdine à ces critiques et décidé de faire de Medvedev un "partenaire stratégique", même si la Russie ne s'est pas retirée du territoire géorgien qu'elle occupe depuis l'été 2008 comme le nouveau maître du Kremlin s'y était engagé auprès de lui.
En 2009, « plus d'une dizaine de journalistes, militants des droits de l'homme et opposants politiques ont été assassinés
Or, la situation des droits de l'homme est loin d'être brillante comme l'ont rappelé récemment dans une pétition d'anciens dissidents et de nouveaux, sous le patronage de la veuve d'Andreï Sakharov, Elena Bonner-Sakharov. Rappelant qu'en 2009, « plus d'une dizaine de journalistes, militants des droits de l'homme et opposants politiques ont été assassinés. Ayant bâillonné les voix qui critiquent sa politique dans le Caucase, le gouvernement de Vladimir Poutine s'attaque maintenant à celles qui le font de l'étranger. En particulier celles qui se permettent, crime absolu, de le faire en langue russe », ils s'étonnaient de l'attitude de l'Europe en général : « Alors que Moscou muselle les médias d'opposition, élimine les journalistes "déviants" et soumet ses voisins à des intimidations, les dirigeants européens ne restent donc pas silencieux : ils plaident pour des liens plus étroits avec le pouvoir russe. »
Il ne s'agit pas de mettre en cause le commerce avec la Russie, il faut évidemment le développer. Il ne faut évidemment pas isoler la Russie mais il faut savoir parler net, tout en appuyant Medvedev, car cet homme reste un mystère. Elu Président de la République parce que Poutine ne pouvait se représenter, il fit longtemps figure de doublure présentable dont les costumes de technocrates contrastaient avec l'amour de l'uniforme de l'ancien membre des services secrets Poutine. Mais la fonction créant l'organe, on a plusieurs entendu dans la bouche de Medvedev une petite musique qui contrastait singulièrement avec la brutalité assumée de Poutine.
A l'occasion d'une longue interview Medvedev s'était lancé dans une dénonciation tout à fait inédite de l'arbitraire régnant dans la police, les prisons et la Justice de son pays, annonçant qu'il limogeait des responsables des prisons et réduisait de 20% les effectifs du ministère de l'Intérieur. Puis il y avait eu deux semaines plus tôt ces phases sibyllines, après que Vladimir Poutine eut déclaré, de Rome, qu'il n'excluait pas de se présenter en 2012, Dmitri Medvedev avait rétorqué dans un sourire : « Je ne l'exclus pas non plus ». Il ne s'agit pas d'un nouveau Gorbatchev mais sans doute d'un nouveau signe de la montée de ces classes moyennes et de ses nouvelles fortunes qui aspirent à la fin d'un arbitraire qui n'est jamais bon pour les affaires et qui expriment le souhait que l'arbitraire du pouvoir soit jugulé par l'état de droit. En ce sens, Poutine et Medvedev ne se ressemblent pas et Medvedev dit qu'il n'exclut pas de se représenter, on peut imaginer qu'il y pense lui-aussi « en se rasant » !
Euronews
Le pro-russe Viktor Ianoukovitch promet une Ukraine proche de l’Europe
Venu à Bruxelles pour son premier déplacement à l‘étranger, le nouveau président ukrainien Viktor Ianoukovitch a voulu rassurer les Vingt-sept. Mais il attend des gestes d’encouragement, notamment sur la question des visas.
“Nous espérons avoir une chance de poursuivre notre travail sur la liberté de voyager en Europe sans visa et nous avons convenus que la feuille de route devrait être conclue au plus vite, dans le courant de cette année”, a-t-il déclaré.
Quant à savoir si cette ancienne République soviétique peut espérer adhérer à l’Union européenne, c’est encore trop tôt pour le dire, a tempéré Bruxelles, appelant Kiev à se concentrer sur les réformes.
Parmi les réformes les plus attendues côté européen, celle du secteur gazier. Les rapports houleux entre Kiev et Moscou ont parfois perturbé l’afflux du gaz russe, via l’Ukraine, vers l’Europe et Viktor Ianoukovitch s’est engagé à garantir les livraisons. “C’est sûr que Ianoukovitch, à la fois en terme électoral, en terme d’implantation régional et en terme de pratique linguistique, est plus proche de la Russie, ça c’est un fait”, explique Aude Merlin de l’Université Libre de Bruxelles. “En même temps, on sait qu’autour de lui, parmi les forces économiques, par exemple Rinat Akhmetov, l’un des oligarques qui financent le parti, il y a des personnes qui ont besoin de l’ouverture à l’Occident et de l’ouverture tant au marché européen que vers l’Union européenne.”
Européens et Ukrainiens ont d’ailleurs l’intention de mettre les bouchées doubles pour boucler un accord d’association qui prévoit à terme le libre-échange. Entre giron russe et appel de l’Ouest, l’Ukraine se ménage un équilibre, aussi précaire soit-il.
Casafree.com
Russie : Moscou favorable à une solution diplomatique du dossier nucléaire de l'Iran
La Russie est favorable à une solution diplomatique du dossier nucléaire iranien, a affirmé le représentant de la Russie au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Grigori Berdennikov.
"La Russie estime que le problème du programme nucléaire iranien ne peut avoir qu'une solution diplomatique", a déclaré mercredi le responsable russe devant une session du conseil des directeurs à Vienne.
"Nous insistons sur une solution négociée des problèmes en suspens relevant du programme nucléaire iranien (...), afin que l'agence soit en mesure de garantir l'absence de matières nucléaires non déclarées et d'activités interdites en Iran", a souligné le diplomate russe.
M. Berdennikov a, par ailleurs, déploré le fait qu'"aucun progrès n'a été enregistré dans le règlement du problème du combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran, dont le schéma a été proposé par l'AIEA", estimant que "l'Iran doit accomplir des démarches susceptibles de rétablir la confiance internationale envers son programme nucléaire".
L'Iran accuse les puissances occidentales de chercher à faire obstacle au développement de son "programme nucléaire civil", en lui prêtant l'intention de s'en servir pour couvrir un programme atomique militaire.
Marine-marchande.com
Rasmussen exclut que la Russie fasse un mauvais usage des bateaux français
Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a dit "tenir pour acquis" mercredi que les bateaux de guerre français en passe d'être vendus par la France à Moscou ne pourraient servir à attaquer un des voisins de Moscou.
"Je comprends les inquiétudes de certains alliés, il est compréhensible de tenir compte de l'Histoire comme de certains événements récents", a déclaré M.
Rasmussen à la presse à propos de la vente de quatre porte-hélicoptères français de type Mistral à la Russie.
"Mais, a poursuivi le secrétaire général de l'Otan, je tiens pour acquis que la Russie n'utilisera pas, ne fera pas un mauvais usage, de ce matériel militaire contre un de ses voisins".
Par ailleurs, "je peux vous assurer que l'Otan dispose des plans nécessaires pour défendre tous les alliés", a-t-il ajouté.
La vente de ces navires, discutée lundi par le président français Nicolas Sarkozy avec son homologue russe Dmitri Medvedev, en visite à Paris, a suscité l'inquiétude des trois Etats baltes et de la Pologne, quatre pays de l'Otan riverains de la Baltique.
La Géorgie, non membre de l'Alliance atlantique, s'est aussi élevée contre ce projet, mal accueilli par ailleurs à Washington.
"La Russie est un partenaire de l'Otan et il appartient à la France de décider de ce qu'elle vend", a observé M. Rasmussen.
Il a souligné que "l'Otan n'avait pas son mot à dire" dans ce genre de transactions, et "qu'il n'en avait pas été informé à l'avance" par Paris "et qu'il ne s'était d'ailleurs pas attendu à l'être".

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