
Romandie News
Ianoukovitch à Moscou pour tourner la page de la Révolution orange
La Russie et l'Ukraine vont s'efforcer vendredi de tourner la page sur les vives tensions qui ont marqué leurs relations diplomatiques ces dernières années, avec une première visite très attendue à Moscou du nouveau président ukrainien Viktor Ianoukovitch.
Il doit rencontrer son homologue Dmitri Medvedev ainsi que le Premier ministre Vladimir Poutine.
M. Ianoukovitch, qui vient de succéder au pro-occidental et ennemi du Kremlin Viktor Iouchtchenko, dédie ainsi son deuxième voyage officiel à la Russie, dont il est considéré comme proche.
Le premier l'avait conduit à Bruxelles lundi, ce qui n'est pas allé sans faire quelques vagues en Russie. Il y avait déclaré que l'intégration européenne restait la priorité de Kiev, ce qui aurait déplu à Moscou, selon la presse.
Dans une interview jeudi, M. Ianoukovitch a tenté de convaincre que l'ordre de ses déplacements ne signifiait rien.
"On m'a invité à Bruxelles le 1er mars et en Russie le 5 mars. Si cela avait été le contraire, je serais allé d'abord en Russie", a-t-il déclaré à Interfax.
"Cette visite marquera un tournant vers l'amélioration de nos relations," a-t-il promis.
Les relations entre Moscou et Kiev ont touché le fond sous la présidence de Viktor Iouchtchenko, arrivé au pouvoir en 2005 suite à un soulèvement populaire baptisé Révolution orange et à l'invalidation pour fraude de la victoire électorale de M. Ianoukovitch. Ces événements ont été vécus comme une humiliation par la Russie qui le soutenait ouvertement.
Cinq ans plus tard, M. Ianoukovitch arrive enfin à Moscou dans son costume de chef d'Etat. Sa première rencontre avec M. Medvedev "après une longue pause doit contribuer (...) à rétablir les relations de bon voisinage", a sobrement indiqué le Kremlin.
Des sujets délicats figurent à l'agenda comme l'énergie ou le statut de la flotte russe de la mer Noire basée à Sébastopol (sud de l'Ukraine).
Moscou insistera sur "le respect de tous les contrats dans le domaine gazier pour garantir les livraisons aux consommateurs européens", victimes d'une interruption de deux semaines au beau milieu de l'hiver en janvier 2009 suite à un conflit russo-ukrainien, selon la présidence russe.
M. Ianoukovitch avait déclaré pendant sa campagne électorale qu'il entendait renégocier les accords gaziers avec la Russie en raison du prix "injuste" payé par Kiev pour les livraisons russes.
France Soir
La nouvelle alliance franco-russe, condition de l’équilibre européen et “panoccidental”
La visite d’Etat de trois jours du président russe Dimitri Medvedev, reçu à l’Elysée lundi 1er mars par Nicolas Sarkozy (3e visite après celles d’Evian en octobre 2008 et de Nice en novembre 2008) a suscité moult critiques : Nicolas Sarkozy aurait sacrifié les droits de l’homme (notamment en Tchétchénie) sur l’autel des intérêts économiques. Une décision mal perçue en Pologne et dans les Etats baltes, qui s’opposent au rapprochement euro-russe et à la livraison d’armements aux pays bafouant les droits de l’homme où menaçant un Etat membre. A ces attaques, on peut répondre que certains pays de l’ex-pacte de Varsovie adhérant à l’UE depuis 2004 devraient comprendre que l’Europe n’est pas une succursale de l’Otan ou des Etats-Unis ayant pour but d’endiguer une Russie détestée.
Concernant la vente des Mistral reprochée à Nicolas Sarkozy, on se demande en quoi l’exportation de matériaux high-tech vers la Russie semi-démocratique serait plus condamnable que les contrats juteux signés avec les monarchies islamiques anti-démocratiques du Golfe, avec la Chine, plus grande dictature de la planète, ou encore avec des pays comme la Turquie, qui persécute ses « oligarques » libéraux sans que personne ne bronche, car Ankara fait partie de l’Otan. Sur la question des droits de l’homme, si Nicolas Sarkozy a esquivé la question, c’est parce qu’il a préféré donner des signes d’encouragement au jeune président Medvedev qui, à maintes occasions, s’est montré attaché à l’Etat de droit et à la défense des droits de l’homme, points de divergences avec Poutine.
Sarkozy aurait-il dû accabler à l’Elysée un Medvedev qui ose dénoncer le « nihilisme judiciaire » russe, une économie russe « arriérée, corrompue » et « primitive », reposant trop sur la fourniture d’hydrocarbures (70 % des exportations russes et 20 % du PIB), appelant à plus de transparence et de diversification économique, puis une « démocratie affaiblie » ? Devrait-on ostraciser l’homme politique russe le plus pro-occidental qui rêve d’ancrer plus son pays dans l’Europe et le monde libre ?
A juste titre, Nicolas Sarkozy estime qu’ostraciser Moscou serait « contre-productif », que cela la pousserait dans le camp de la Chine et des ennemis de l’Occident, comme l’Iran qui, en accédant au nucléaire militaire, ouvrira une ère de prolifération balistique et nucléaire mondiale. D’évidence, la politique de la main tendue de Barack Obama à la Russie et sa décision d’abandonner partiellement le projet de radars et antimissiles en Europe centrale a motivé Moscou à accepter l’idée de sanctions renforcées contre Téhéran. Cela a permis un « front commun » à l’ONU avec la Russie pour endiguer le dangereux Ahmadinejad. Et la Russie est la seule capable de convaincre la Chine de bloquer également l’Iran. Il est donc urgent d’abandonner les préjugés de la guerre froide et de construire avec la Russie le « Panoccident », un espace géopolitique et de civilisation allant de Vancouver a Vladivostok qui rassemble les peuples de culture judéo-chrétienne, démocratique et européenne.
L'Equipe
Le partenariat avec Lada officialisé
C'est désormais officiel. Le constructeur russe Lada sera partenaire de l'équipe Renault, qui compte depuis la saison 2010 un pilote russe, Vitaly Petrov, dans ses rangs, a confirmé jeudi l'écurie française. La stratégie des nouveaux actionnaires, vraisemblablement majoritaires, de Renault F1, porte ses fruits. Le nouveau président de Renault F1 Gérard Lopez n'avait pas caché lors de la présentation de la R30 avoir recruté Petrov entre autres pour qu'il lui ouvre les portes du marché russe. La marque Lada sera visible sur le châssis de la monoplace et sur la combinaison du pilote de 25 ans.
«C'est un honneur pour notre équipe de F1 d'être le fer de lance de la Formule 1 en Russie et d'emmener la marque Lada dans la discipline reine du sport automobile. Nous nous réjouissons de vivre ensemble une saison remplie de succès», a jubilé Gérard Lopez, le nouveau président de Renault F1. L'accord, qui «a reçu le soutien public du Premier ministre russe, Vladimir Poutine», selon le communiqué de la marque au losange. F1, a été officiellement signé à Moscou le 1er mars. Pour rappel, Renault détient depuis février 2008 une participation de 25% dans le groupe Avtovaz, qui fabrique les Lada, acquise pour un montant d'un milliard de dollars.
Le Figaro
Ekaterinbourg, eldorado russe pour les champions français
Du fabricant de levure Lesaffre au cimentier Lafarge, en passant par Areva, plusieurs groupes français ont implanté leurs bases dans la région.
Si ce n’est les couleurs jaunes et vertes égayant les façades, l’ensemble se résume à ces éternelles barres d’immeubles de plus de dix étages, comme il en fleurit toujours au cœur des grandes villes russes. Au sud de la ville, le futur quartier résidentiel de 3 000 hectares, baptisé Akademia, fait la fierté des édiles. Dans les dix ans qui viennent, 325 000 habitants sont attendus dans cette cité résidentielle où s’installeront également des banques, des écoles, des crèches et un parc technologique. «Je vous montre un appartement que le président Dmitri Medvedev a déjà visité», annonce le directeur des relations publiques de Renova Stroïgroup : cinquante mètres carrés vendus 2,5 millions de roubles (61 000 euros). Renova, le groupe de construction est russe. En revanche, le cabinet d’architecte, Valode et Pistre, est français. À Ekaterinbourg (1,4 million d’habitants), ce dernier travaille sur une dizaine d’autres projets dont celui de l’hôtel Hyatt, qui vient d’être achevé par Bouygues-BTP.
Du fabricant de levure Lesaffre au cimentier Lafarge, en passant par Areva, plusieurs groupes français ont implanté leurs bases dans la région, deuxième d’importance économique derrière Moscou. Ici, la crise a frappé mais les élites politiques pensent au renouveau. Relayant les timides signaux d’ouverture envoyés par le Kremlin aux investisseurs étrangers, le nouveau gouverneur invite les entreprises françaises à étoffer leur présence dans l’Oural. «Il y a cinq ans on disait que la France était mal représentée ici. À tort», estime le ministre des Relations économiques de la région, Alexandre Kharlov. Durant les neuf premiers mois de 2009, le volume d’affaires réalisé avec l’Hexagone a progressé de 30 %.
Comme souvent en Russie, les espoirs de croissance se moulent dans le béton. Outre Akademia, la ville souhaite construire un immense complexe touristique à la frontière symbolique séparant l’Europe de l’Asie, ainsi qu’un centre commercial et d’affaires de 40 hectares, baptisé Ekaterinbourg City, sans compter 11 400 chambres d’hôtels d’ici à 2015. Disposant de 90 centres de recherche, la ville offre également sa matière grise. Afin de séduire les futurs expatriés, elle vante les mérites d’une école «franco-russe», où des garçons en nœud papillon et des fillettes aux nattes blondes ânonnent quelques mots de français. Mais faute d’établissement scolaire francophone, «il n’est pas facile d’accueillir les familles à Ekaterinbourg», tempère Éric Brice, directeur général d’Areva TD. À l’image d’Areva ou d’Auchan, qui exploite deux magasins, les entreprises françaises qui réussissent dans l’Oural labourent la région depuis longtemps. «Ici les terrains sont aux mains de clans qui contrôlent la ville depuis les années 1990 et qui les font payer très cher», explique un observateur. Dotée d’une grosse industrie militaire, la région a été fermée aux étrangers jusqu’en 1991. De par la présence d’Ouralmash, un fabricant de machines outils longtemps contrôlé par des groupes mafieux, Ekaterinbourg traîne encore une réputation détestable. Avec l’arrivée d’un gouverneur nommé par Moscou, de nouvelles alliances pourraient se former, sans préjuger du futur climat des affaires.
Peu formés à la prise de risque entrepreneuriale, les édiles dépendent exclusivement de l’argent fédéral pour développer la région. Or, jusqu’à présent, celui-ci a été dépensé aux seules fins d’éviter une crise sociale. De même, la législation, tatillonne et arbitraire, est exclusivement conçue à Moscou. «Si la Russie reste la Russie», pronostique Dmitry Tolmachev, fondateur de la revue économique Expert Oural, «on ne deviendra jamais Singapour».
Quotidien du Peuple
Biden réaffirme le soutien de Washington à la Géorgie
Le vice-président américain, Joe Biden, a réaffirmé le soutien américain à l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie, à l'approche des élections locales prévues en mai dans le pays caucasien, a annoncé jeudi la Maison-Blanche.
Lors d'un entretien téléphonique avec le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, M. Biden a salué le processus de réforme démocratique en Géorgie, tout en souhaitant des élections ouvertes, transparentes et libres, a déclaré la Maison-Blanche dans un communiqué.
Il a par ailleurs remercié le soutien de Tbilissi aux Etats-Unis pour la guerre en Afghanistan, selon le texte.
Alliée ferme de Washington, la Géorgie a mené une guerre de cinq jours contre la Russie en 2008. Les relations entre la Géorgie et la Russie, deux anciennes républiques soviétiques, restent tendues depuis lors.