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RIA Novosti

La Russie vue par la presse francophone

La Russie vue par la presse francophone les 10 et 11 mars

presse
17:32 11/03/2010

Le 10 mars 2010

La Presse Canadienne


Le film "Le Trotski" remporte deux prix, un en Sibérie et un au Canada


Le scénariste et réalisateur montréalais Jacob Tierney a reçu l'approbation des Russes après avoir gagné le prix "Russian Guild of Film Critics" pour "Le Trotski" à la 8e édition du festival international des débuts cinématographiques, "Spirit of Fire".
"Le Trotski" est une comédie sur un élève du secondaire qui prétend être la réincarnation de l'iconoclaste et révolutionnaire soviétique du début du XXe siècle, Leon Trotsky.
Le festival, qui a lieu à Khanty-Mansiisk, une ville de l'ouest de la Sibérie, en Russie, serait reconnu pour honorer des cinéastes jeunes et talentueux. Durant la semaine du 26 février au 3 mars 2010, 112 films ont été visionnés dans cinq cinémas.
Les réalisateurs de 17 pays, dont l'Allemagne, la Bulgarie, le Canada, la France, l'Italie, le Vietnam et la Roumanie, étaient à l'honneur.
Plus près de nous, "The Kingston Canadian Film Festival", qui s'est terminé dimanche dernier et qui célébrait son dixième anniversaire, a décerné son prix du public à "Le Trotski".
"Le Trotski" prendra l'affiche à travers le Canada le 14 mai 2010. Le film a reçu plusieurs autres honneurs depuis qu'il a fait partie de la Sélection officielle du Festival international du film de Toronto en 2009.



L'Express

Ioulia, chef cosaque sans complexe dans un monde d'hommes


Sabre à la ceinture et grand manteau de feutre sur les épaules, Ioulia Tkatchenko patrouille dans la forêt, suivie d'une dizaine d'hommes en uniforme rouge et noir. Une exception en Russie: elle est la seule femme "ataman", c'est-à-dire chef d'une troupe de cosaques.
Une anomalie au sein d'une population connue pour son attachement farouche à la tradition et dominée depuis toujours par des figures masculines? Pas tant que ça, selon elle.
"Aujourd'hui, les hommes sont un peu faibles, ils sont désemparés (...), les femmes sont plus fortes. Peut-être pas physiquement, mais moralement, c'est sûr, nous sommes plus fortes", assure Ioulia Tkatchenko, petite femme de 66 ans, aux yeux gris.
Entourée de soldats qui la dominent tous d'au moins une tête, Ioulia donne ses ordres, assigne à chaque équipe un territoire à surveiller. Dans cette région d'Alexandrov, à une centaine de kilomètres de Moscou, les cosaques sont investis d'une mission de maintien de l'ordre. Ils patrouillent pendant les fêtes, aident la police et les pompiers, le tout de manière bénévole.
"Nous voulons que notre Russie soit forte et c'est le rôle des cosaques d'aider à relever le pays", assène Ioulia Tkatchenko.
Les cosaques sont, à l'origine, des aventuriers épris de liberté au service du tsar. Persécutés sous l'URSS, ils renaissent depuis la chute de l'Union soviétique en 1991 et sont aujourd'hui 740.000 enregistrés, selon le Kremlin.
Il y a une dizaine d'années, Ioulia Tkatchenko décide de faire revivre la communauté dans la région d'Alexandrov. Elle mobilise les jeunes et va à Moscou pour s'enregistrer auprès de la communauté cosaque. C'est à cela qu'elle doit son élection à la tête d'une troupe de 320 cosaques.
"Ioulia Pasalkovna est notre mère. Elle nous dit de faire ceci ou cela et nous obéissons avec plaisir. Ce n'est pas comme un chef qui ordonne, c'est plus comme une mère qui demande", sourit Vladimir Stoukatchov, cosaque de 50 ans, avant d'ajouter: "Ioulia, c'est notre Jeanne d'Arc russe".
Mais l'élection d'une femme à la tête de la troupe ne plaît pas à tout le monde. Les cosaques sont traditionalistes et leurs valeurs sont l'Eglise, la famille et la patrie.
"Ce n'est pas bien qu'une femme soit 'ataman'. Il y a des règles, il ne faut pas violer les traditions", estime Valentin Goussev, cosaque et directeur d'un garage à Alexandrov.
Ioulia Tkatchenko se dit parfois menacée par quelques radicaux. "Je n'ai pas peur, assure-t-elle, je suis courageuse. On ne meurt qu'une fois, voilà pourquoi je n'ai pas peur de la mort. Je me battrai jusqu'au bout pour assurer ma mission". Ioulia se veut digne de ses origines. La légende familiale dit qu'elle descendrait de Yermak, l'un des plus célèbres chefs cosaques et conquérant de la Sibérie.
Après le service, Ioulia Tkatchenko rentre chez elle, retire son uniforme, met une robe d'intérieur et un peu de rouge sur ses lèvres. "Dehors, je suis 'ataman', j'ai mon uniforme et je vais me battre. Mais lorsque je rentre du combat à la maison, je suis une femme, je vais à l'étable, je trais ma vache, je prépare à manger et je suis là pour ma famille", explique-t-elle tout en préparant des pâtes au foie de veau pour son fils, son mari et tous les cosaques de passage, qui viennent régulièrement manger chez elle.
Le 8 mars, c'est la journée de la femme, un jour férié et célébré dans toute la Russie. Traditionnellement, ce jour-là, les femmes se reposent. Ioulia, elle, patrouille dans les rues d'Alexandrov: "Pourquoi se reposer? J'aurai tout le temps de me reposer après ma mort!".



Le 11 mars 2010


Le Monde

 

La Lituanie stabilise ses relations avec la Russie, vingt ans après son indépendance

La Lituanie célèbre, le 11 mars, le 20e anniversaire de la restauration de son indépendance. Le plus méridional des Etats baltes fut à l'époque la première république soviétique à se libérer formellement du joug de l'URSS et l'anniversaire est célébré en grande pompe au Parlement comme dans les rues enneigées, avec défilé militaire et déclarations solennelles.
Mais cette célébration de l'indépendance, qui rappelle des souvenirs douloureux à cause des déportations en Sibérie et de la chape de plomb communiste, masque une réalité plus prosaïque : jamais, depuis la fermeture de la centrale nucléaire d'Ignalina, le 31 décembre 2009, la Lituanie n'a été plus dépendante de la Russie pour son approvisionnement en énergie, ce qui est source d'inquiétude pour une partie des responsables politiques lituaniens. " J'espère que lorsque nous célébrerons les trente ans de notre indépendance, nous aurons une indépendance totale, confie au Monde Andrius Kubilius, le premier ministre conservateur lituanien. Même si notre indépendance n'est pas totale, nous sommes en tout cas membres de l'OTAN et de l'Union européenne. "
La fermeture de la centrale d'Ignalina, construite à l'époque soviétique et du même modèle que celle de Tchernobyl, était la condition imposée par Bruxelles pour que la Lituanie puisse adhérer à l'Union en 2004. Jusqu'au Nouvel An, la Lituanie était, après la France, le deuxième pays au monde le plus dépendant du nucléaire pour sa production d'électricité. Ces dernières années, de nombreux partis ont brandi la menace Russe pour plaider en faveur d'un prolongement de la durée d'exploitation de la centrale.
Avant d'être élu à l'automne 2008, Andrius Kubilius avait lui-même affirmé qu'à la fermeture d'Ignalina " il faudra payer notre électricité deux fois plus cher mais, en plus, il n'est pas dit que la Russie soit capable de nous fournir les quantités nécessaires en cas d'hiver très froid. " Deux mois après la fermeture et un hiver très froid, rien de tel ne s'est passé. Les prix ont certes augmenté mais les relations avec la Russie semblent au contraire en train de se stabiliser, ce qui est en grande partie le fait de la nouvelle présidente de la République, Dalia Grybauskaite.
A la mi-février, le président Russe Dmitri Medvedev avait décliné l'invitation lituanienne de venir assister aux célébrations du 11 mars " pour raison de calendrier ". Mais la présidente lituanienne était satisfaite quand même. " L'objectif de l'invitation à la Russie était de voir son attitude vis-à-vis de l'indépendance de la Lituanie, explique Mme Grybauskaite au Monde. Et je dois dire que je suis très satisfaite, car nous avons reçu une lettre du président Medvedev nous félicitant pour l'anniversaire de notre indépendance. C'est un pas très important pour nous, car c'est la première fois que nous recevons de la Russie une telle lettre pour notre indépendance. "
La présidente lituanienne a la dent bien plus dure pour fustiger les politiques lituaniens qui ont tenté de retarder la fermeture de la centrale. " Des lobbies ont été très actifs, il y a eu une monopolisation du secteur de l'énergie - autour du nucléaire - et les alternatives pour le développement de nouvelles sources ont été bloquées, dit la présidente. Notre secteur de l'énergie a stagné pendant vingt ans. Je considère que la fermeture d'Ignalina a été un choc positif. Et j'espère que nous serons capables de réaliser rapidement notre réelle indépendance. "
En attendant une nouvelle centrale nucléaire, le développement d'énergies renouvelables et le raccordement au réseau électrique ouest-européen, la présidente a adopté une approche pragmatique vis-à-vis de la Russie. Qui le lui rend pour l'instant. Alors que la Lituanie doit désormais importer la moitié de son électricité et augmenter ses achats de gaz naturel Russe pour sa consommation, Vladimir Poutine, que la présidente lituanienne a rencontré en Finlande en février en marge d'un sommet sur la mer Baltique, s'est dit prêt à répondre à une demande lituanienne en gaz Russe.



Le Figaro Économie

La France doit faire entrer la Russie en Europe

Le secrétaire perpétuel de l'Académie française suggère d'imaginer un statut particulier pour définir le lien inédit qu'entretient la Russie avec l'Europe. Le voyage du président Russe en France s'est achevé sur un succès réel. Une compréhension mutuelle renforcée, l'amitié traditionnelle confirmée, et de très nombreux contrats signés. Si l'économie française peut s'en réjouir, ce n'est que la partie la plus visible des acquis de cette visite d'État. Mais l'enjeu premier du dialogue franco-Russe est politique et il touche à l'avenir de l'Europe.Le président de la République, qui a démontré lorsqu'il présidait aux destinées de l'Union que l'Europe, même à ses confins, même hors de ses frontières, pouvait être l'arbitre de la paix, le sait. Et il poursuit depuis lors l'ambitieux dessein d'arrimer la Russie à l'Europe, de définir une fois pour toutes la place de ce grand pays européen dans l'ensemble qui s'est constitué au lendemain de la guerre pour assurer à jamais la paix sur notre continent.Comment réaliser ce projet ? La Russie ne peut être incorporée tout simplement à l'Union européenne, même si, lors de l'effondrement du système communiste, son premier président, Boris Eltsine, avait évoqué cette hypothèse, et si depuis lors certains libéraux Russes tentent de la ranimer. Mais c'est impossible, tout d'abord parce que l'Europe des Vingt-Sept a atteint une dimension quasi maximale au-delà de laquelle elle ne pourra plus fonctionner. Ce n'est pas possible non plus en raison de la composition même de l'Union. L'Europe est née de la volonté franco-allemande de se réconcilier et de vivre ensemble en paix. Mais depuis la chute du mur de Berlin, l'Union a accueilli les anciens satellites de l'URSS pour qui cette intégration signifiait s'éloigner de la Russie, participer à un ensemble auquel elle était étrangère. L'oubli du passé ne fait pas encore partie du programme de ces pays qui ressentiraient l'obligation de cohabiter avec la Russie dans l'Union comme une trahison à leur égard. Et l'Europe pâtirait fort des conflits qui se perpétueraient en son sein.Mais c'est surtout la Russie elle-même qui fait obstacle à son intégration dans l'Union. Elle ne la souhaite pas pour diverses raisons. Tout d'abord elle n'est pas un pays comme les autres mais un continent et la survie de cet ensemble multiethnique, multiculturel, est difficilement compatible avec les règles contraignantes de l'Union. De surcroît, alors que la Russie se reconstruit difficilement, elle ne peut se soumettre au parcours complexe des acquis communautaires. Ses priorités sont autres.Mais la Russie est, cela est incontestable, un pays européen dont l'Europe ne peut se passer. Le défi auquel la France et celui qui la préside sont aujourd'hui confrontés est qu'il faut maintenant, et non dans un avenir imprécis, inventer le statut européen de la Russie, convaincre l'Europe des Vingt-Sept de le mettre en pratique afin que ce pays ne cède pas à la tentation de s'en écarter au bénéfice d'un autre destin dont sa géographie - l'Eurasie - lui offre la possibilité.L'action du président de la République dans la crise d'août 2008, les liens qu'il a noués avec le président Medvedev, fondés sur leur volonté commune de réformer, font que la France est aujourd'hui le pays le mieux placé pour répondre à ce défi.Quel statut pour la Russie ? Telle est en définitive la question posée. Sur le fond, ce vers quoi l'on tend est un partenariat privilégié, mais l'expression a été trop galvaudée et son contenu est imprécis. Il faut imaginer et définir un lien inédit qui fasse de la Russie un pays appartenant à la famille de l'Union européenne sans y être juridiquement incorporée. Un statut qui reconnaisse avant tout et sur tous les plans l'identité européenne de la Russie et sa participation à la vie de l'Union. Un tel statut ne serait pas discriminant et il donnerait à l'Europe une nouvelle dimension. Cela, la Russie l'acceptera. Depuis 1992 ce pays a vécu dans l'humiliation en voyant l'Europe s'étendre sans lui et parfois contre lui, ce qui a développé tout naturellement la tentation du repli sur soi, une fierté nationale excessive et parfois agressive. L'adhésion à l'Union sous une forme spécifique - imaginée pour elle - aurait le double avantage de convaincre la Russie que sa place politique est en Europe et non en dehors d'elle, et de donner enfin à l'Union la dimension de tout notre continent.Mais aussi l'élaboration d'un tel statut offrirait une solution à la question si difficile posée par la Turquie. Le débat sur son adhésion divise l'Union et il n'est pas prêt de s'éteindre. La conséquence de ces tergiversations est que la Turquie - comme la Russie, mutatis mutandis - vit dans l'humiliation et la tentation d'y répondre en se tournant vers d'autres choix - le rejet de la république laïque notamment. Si jusqu'à présent la Turquie a refusé toute solution alternative en Europe, c'est qu'elle la tenait pour discriminatoire à son égard. Mais être invitée à rejoindre la famille européenne sur le même pied que la Russie - et les relations Russo-turques sont excellentes - donnerait un tout autre caractère à cette proposition.Et après la Turquie, l'Ukraine qui frappe obstinément à la porte de l'Union pourrait aussi trouver place dans ce cercle de membres exceptionnels de la famille européenne. Car on ne peut ignorer que faire adhérer l'Ukraine à l'Union alors que la Russie n'en fait pas partie pourrait être source de difficultés et de malentendus pour l'avenir des relations Russo-européennes.L'invention d'une Europe plus diverse, apte à répondre à des situations spécifiques est le problème qui hante l'Union depuis des années, et qui seule peut lui donner un nouvel élan. C'est aussi le rêve informulé qui a plané sur la visite d'État du président Medvedev la semaine passée, et qui domine l'année croisée France-Russie, Russie-France. Il appartient désormais au président de la République, si soucieux de changer un monde qu'il juge engourdi, de montrer que la France au XXIe siècle est capable, comme elle le fut il y a soixante ans, d'imaginer une nouvelle variante, celle des États-Unis d'Europe.« Depuis 1992, ce pays a vécu dans l'humiliation en voyant l'Europe s'étendre sans lui et parfois contre lui, ce qui a développé tout naturellement la tentation du repli sur soi, une fierté nationale excessive »



Le Parisien

Mystérieux décès de trois marins russes à bord d’un pétrolier


Que s’est-il passé dans la nuit de mardi à mercredi à bord du pétrolier « Arionas » ? Difficile pour l’instant de le savoir. Trois marins Russes sont morts en quelques heures alors qu’ils étaient embarqués depuis quelques jours sur ce navire de 183 m, battant pavillon des îles Marshall. Le capitaine du bateau a donné l’alerte au centre régional d’opération de surveillance et de sauvetage (Cross) de Jobourg (Manche) vers 2 heures hier matin. Il a aussitôt évoqué une « intoxication alimentaire », à laquelle ses marins auraient succombé.
Aussitôt, le pétrolier, chargé de près de 30 000 t de kérosène, et qui faisait route de Chypre à Rotterdam (Pays-Bas), a été dérouté par les autorités françaises vers Le Havre. Deux gendarmes maritimes et un médecin ont été hélitreuillés à bord afin d’effectuer les premières investigations.
Dès l’arrivée du bateau dans le port normand, à 15 heures, une équipe d’enquêteurs et le procureur de la République sont montés à bord. Ils ont pu constater que les marins décédés étaient les seuls à avoir été touchés directement par cette intoxication. Les dix-sept autres marins à bord, de nationalité Russe, philippine et roumaine, étaient apparemment en bonne santé.
Une enquête a été ouverte. Le parquet du Havre ne privilégie aucune piste et se refusait hier soir à tout commentaire. Ces éléments soulèvent de nombreuses questions, notamment celle de l’origine de l’intoxication foudroyante. L’enquête devra également déterminer pourquoi aucun des autres marins n’a été atteint, alors que la restauration est généralement collective. La justice et l’administration du port devront, eux, se prononcer sur le maintien ou non de l’« Arionas » dans le port du Havre pour les besoins des enquêteurs.

 


Sud-Ouest

Tchekhov couronné

Le Manteau d'Arlequin présente son 17e spectacle avec à l'affiche « La Cerisaie », une comédie en quatre actes d'Anton Tchekhov avec une adaptation et une mise en scène de Jean Gouguet.
Cette pièce sera jouée vendredi 13 mars à 20 h 30 au théâtre du CSCS de La Couronne.
Une splendeur passée
L'histoire se passe au début du XXe siècle en Russie dans une grande propriété entre Moscou et Yaroslav. Le servage a été aboli depuis peu et la société s'ouvre aux idées nouvelles. Inconscients, les propriétaires de « La Cerisaie » vivent comme si de rien n'était, dans le rêve de leur splendeur passée.
Les coups de hache qui vont abattre les arbres vont également détruire définitivement une époque révolue, ruinant l'ancien monde et faisant la fortune de ceux qui savent travailler et faire des affaires.
Deux ans de préparation
Cette comédie d'Anton Tchekhov, entre le rire et l'émotion, nous fait vivre le drame de ceux qui n'ont pas su s'adapter à l'évolution de la société. Sous la direction de Jean Gouguet, et avec des costumes de Marie-Claude Pluviaud, le Manteau d'Arlequin et douze de ses comédiens, abordent avec « La Cerisaie » un immense auteur Russe.
Ce 17e spectacle de la troupe sojaldicienne a nécessité deux années de travail.
Cette pièce de théâtre est jouée au CSCS en partenariat avec la municipalité et le Centre socioculturel et sportif de La Couronne.
Tarif : 8 euros, tarif réduit 4 euros. Renseignements au 06 85 91 79 23 ou au 09 52 65 23 79. Site manteau.arlequin.free.fr



Le Figaro


Au Louvre, la sainte Russie croule sous ses trésors sang et or

Raconter neuf siècles en quatre cents objets, c'est offrir trop de grandeur dans trop peu d'espace.
Difficile d'accéder aux vitrines. Impossible de lire leurs affichettes. Et comment ne pas marcher sur les pieds d'un public de pèlerins - ou se faire écraser les siens - dans ce condensé de neuf siècles d'une civilisation parmi les plus généreuses, irrationnelles et exaltées du monde occidental ?
Présenter au Louvre, à l'occasion de l'année de la Russie en France, dans les 1 350 m² du hall Napoléon, quatre cents pièces exceptionnellement prêtées par des musées, bibliothèques, églises et monastères orthodoxes, répond pourtant à une logique. Celle qui fait dire au prince Michtine, dans L'Idiot de Dostoïevski, que la beauté sauvera le monde. Parce que le croyant est un humaniste, qu'il pense qu'il y a beaucoup à sauver, la beauté se doit d'être immense. Mais, dans cette profusion, qui va des premières mentions de conversions lisibles dans certains manuscrits de Kiev à un portrait louis-quatorzien d'un Pierre le Grand ancrant résolument son empire dans la modernité occidentale, il devient vite vain de vouloir tout admirer.
Le mieux est de choisir. Tant pis donc pour la numismatique, pour les vestiges archéologiques et même pour les augustes enluminures : on se promet pour elles seules de revenir un jour. Priorité aux grandes pièces et aux plus étincelantes. Cap d'abord sur cette miraculeuse Vierge de tendresse . Elle pourrait être due à Andreï Roublev, le plus fameux des moines peintres, puisqu'il sut tellement bien interpréter l'héritage byzantin que son art se confond depuis avec l'identité Russe.
La vraie beauté est celle du Christ
Plus loin, les saints armés Boris et Gleb (Novgorod, milieu du XIV e  siècle) brillent de leurs feux sang et or. Avant, c'est toute la Nativité de la Vierge qui est racontée dans le cuivre doré à chaud des monumentales portes d'or de la cathédrale de Souzdal (début XIII e ). Tournons ensuite autour du calice à deux anses, un chef-d'oeuvre de Kosta. Ce maître orfèvre de Novgorod du XI e  siècle y a employé toutes les techniques d'argenterie. Fonte, repoussage, ciselure, dorure, niellage...
Puis arrêt devant la Vierge du monastère de Tolga, parfaite icône du XIII e  siècle. Et station devant chacune des scènes et figures de l'iconostase de la Dormition du monastère Saint-Cyrille du lac Blanc. Elles seules suffiraient à montrer que dans ce monde profondément chrétien, la vraie beauté est celle du Christ.
Plus loin, l'icône funéraire de Basile III et celle de la vision de saint Euloge excellent parmi les productions du XVI e  siècle, époque d'Ivan le Terrible et d'une Moscou autoproclamée troisième Rome. Retour ensuite à Andreï Roublev, dont la Trinité, absente, se lit en creux dans son écrin d'or et de pierres précieuses. Un habillage - appelé oklad - si fabuleux qu'il devint lui-même, comme par contamination, sacré. Il fut réalisé dans les ateliers du Kremlin au début du XVII e sur ordre du tsar Boris Godounov, puis encore enrichi par Michel, le premier des Romanov, et encore une fois en 1754.
Signe des temps et de la rupture révolutionnaire - fût-elle plus radicale que celle qu'imposèrent les Mongols à partir de 1223 -, l' oklad a été séparé de l'icône de Roublev en 1918. Ce coeur absent, mais qui palpite encore, n'est-ce pas là toute l'âme Russe ?
« Sainte Russie, l'art Russe des origines à Pierre le Grand », jusqu'au 24 mai, hall Napoléon du Musée du Louvre. Rens. : 01 40 20 53 17 ou www.louvre.fr. Catalogue Louvre-Somogy, 744 p., 49 eur. Programme de l'année France-Russie sur www.france-Russie2010.fr.

 

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17:32 11/03/2010 Le film "Le Trotski" remporte deux prix, un en Sibérie et un au Canada/ Ioulia, chef cosaque sans complexe dans un monde d'hommes/ La Lituanie stabilise ses relations avec la Russie, vingt ans après son indépendance/ La France doit faire entrer la Russie en Europe/ Mystérieux décès de trois marins russes à bord d’un pétrolier/ Tchekhov couronné/ Au Louvre, la sainte Russie croule sous ses trésors sang et or>>

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