RIA Novosti

La Russie vue par la presse francophone les 14 et 15 mars

16:23 15/03/2010

Régionales en Russie: vers une victoire du parti au pouvoir, selon des résultats partiels/ Géorgie: Faux JT, vraie panique/ Renforcement des échanges commerciaux Inde-Russie/ Les milliardaires russes ont de nouveau le vent en poupe/ La Russie se dote d'une nouvelle chaîne de TV pour l'intelligentsia

Le 14 mars 2010

Nouvelobs.com

Régionales en Russie: vers une victoire du parti au pouvoir, selon des résultats partiels

Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, semble bien parti pour remporter les élections régionales organisées dimanche en Russie, selon des résultats partiels, même si nombre de mécontents ont profité du scrutin pour soutenir des candidats de l'opposition.

Selon des résultats basés sur environ 25% des bulletins dépouillés, Russie unie perdrait la ville d'Irkoutsk en Sibérie qui a été le théâtre d'une série de manifestations hostiles au gouvernement au cours des dernières semaines. Un candidat communiste était en tête dimanche soir.

Des comptages partiels montraient que Russie unie obtenait moins de 50% des suffrages dans la plupart des scrutins visant à renouveler les législatures régionales, mais semblait en mesure de contrôler une pluralité de sièges dans l'ensemble des cas.

Dimanche, les électeurs étaient appelés aux urnes dans 76 des 83 régions russes.

La dernière grande élection régionale en Russie au mois d'octobre s'était achevée sur un raz-de-marée électoral pour Russie unie, le parti au pouvoir, mais avait été entachée d'allégations de fraude généralisée.

Au moment où les premiers résultats de dimanche tombaient, un responsable de Russie unie a affirmé que ces nouvelles régionales étaient "sales", accusant l'opposition de fraude électorale.

Le parti au pouvoir défend habituellement la légitimité des élections, qu'il remporte en général avec une confortable marge. Ce n'était pas le cas dimanche.

Viatcheslav Timtchenko, un député de Russie unie, a estimé dans un communiqué que le scrutin régional était marqué par "un nombre choquant de violations". Il a accusé les trois principaux partis d'opposition d'avoir acheté des voix. "Ce sont des élections très sales", a-t-il affirmé.

D'après la Commission électorale centrale, le vote s'est déroulé sans encombre dans les 31.000 bureaux de votes. Mais la principale organisation indépendante Golos signalait des irrégularités dans plusieurs régions, notamment des ouvriers d'usine à Ekaterinbourg qui auraient subi des pressions de leurs employeurs pour voter Russie unie.

 

Le Journal du Dimanche

Géorgie: Faux JT, vraie panique

La Géorgie envahie par la Russie. Les habitants de Tbilissi l'ont redouté, pendant quelques minutes, suite à des images diffusées samedi par le journal télévisé de la chaîne pro gouvernementale Imedi. Les scènes de panique n'ont pas tardé à suivre dans la capitale, où les habitants se sont jetés dans la rue. Avant de se rendre compte que ces images n'étaient en fait qu'un canular.

Les images de chars Russes envahissant la Géorgie, diffusées sur la chaîne de télévision Imedi samedi, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale Tbilissi. Seulement, les images en question, des archives datant de 2008, n'étaient qu'un canular. Et celui-ci n'a pas eu l'effet escompté. La plupart des téléspectateurs ont en effet raté l'avertissement, présent mais discret, "imitation d'événements possibles". Ils ont donc dû attendre la fin du journal pour comprendre la supercherie. Trop tard pour éviter une certaine panique dans la capitale.

Les habitants de Tbilissi se sont rapidement jetés dans les rues. Le ministère géorgien de l'Intérieur souligne même que la fausse information, reprise prudemment par l'agence de presse Russe Interfax et par la radio Echo de Moscou, a causé une "grande panique".

Des souvenirs douloureux

L'émission a en effet rappelé à la population les pires moments d'août 2008 lorsque la Russie avait écrasé une tentative de reprise de contrôle de l'Ossétie du Sud par la Géorgie. La guerre avait alors duré cinq jours et les chars Russes s'étaient approchés à 45 km de Tbilissi.

Reprenant la parole pour introduire un débat en direct, le présentateur de la chaîne Imedi a présenté ses excuses pour la panique que le programme a pu causer. "Nous avons seulement voulu montrer à quoi pourrait ressembler le pire jour de l'histoire géorgienne", a-t-il dit.

Ces excuses n'ont cependant pas empêché les habitants de Tbilissi de converger vers le siège de la télévision Imedi pour protester contre cette fiction d'un goût douteux. Nino Burjanadze, personnalité d'opposition, a notamment déclaré à des journalistes qu'elle jugeait le canular "écœurant".

L'Alliance pour la Géorgie, parti d'opposition, a également estimé que "l'entière responsabilité de la préparation et des conséquences de ce reportage incombe aux autorités géorgiennes, qui monopolisent pratiquement tout l'espace télévisuel pour pratiquer sur leur propre peuple de l'information-terreur."

 

Le 15 mars 2010

Le courrier du Vietnam

Renforcement des échanges commerciaux Inde-Russie  - 15/03/2010

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a terminé sa visite en Inde le 12 mars avec la signature d'accords sur l'armement et la construction de 16 réacteurs nucléaires, et également appelé à un approfondissement des échanges commerciaux entre les 2 pays.

La Russie s'est engagée à construire jusqu'à 16 réacteurs nucléaires répartis sur 3 sites en Inde, a déclaré le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov en marge des discussions entre Vladimir Poutine et son homologue indien Manmohan Singh.

Les Russes construisent déjà 2 réacteurs dans l'État du Tamil Nadu (Sud) et ils ont remporté en 2008 un contrat pour la construction de 4 réacteurs supplémentaires. M. Ivanov n'a pas précisé si ces 6 réacteurs faisaient partie des 16 annoncés le 12 mars.

Sergueï Kirienko, directeur général du géant russe du nucléaire Rosatom, avait précédemment indiqué que 6 réacteurs seraient construits d'ici 2017.

Les 2 pays ont en outre signé un accord résolvant la question de la vente d'un porte-avions, l'Admiral Gorchkov. Selon M. Ivanov, le porte-avions devrait être livré d'ici la fin 2012.

New Delhi s'est aussi engagé à acquérir 29 avions de chasse MiG, renforçant le rôle prépondérant de la Russie comme fournisseur principal d'armement du pays. Selon Mikhail Pogosyan, directeur général des avionneurs russes RAC-MiG et Soukhoï, la transaction s'élève à environ 1,5 milliard de dollars.

M. Poutine a également appelé à un approfondissement des échanges commerciaux entre les 2 pays au-delà des contrats déjà signés. "Le niveau de nos possibilités n'a pas été atteint", a-t-il déclaré.

Les échanges bilatéraux -environ 7,5 milliards de dollars en 2009- restent pour l'heure modestes et les 2 pays ambitionnent d'atteindre le seuil des 20 milliards d'ici 2015. "Il y a une volonté politique des 2 côtés mais nous avons besoin d'un soutien des capitaines d'industrie", a dit M. Poutine au cours d'un dialogue via internet avec des hommes d'affaires de 3 villes indiennes. "Nous devrions penser au futur", a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de renforcer la coopération dans le secteur de l'énergie et d'explorer de nouveaux liens dans celui des technologies de l'information.

L'énergie devient l'un des nouveaux domaines de coopération entre la Russie qui est l'un des premiers producteurs mondiaux de pétrole et détient de vastes gisements gaziers, et l'Inde qui est à la recherche de nouvelles sources d'approvisionnement pour alimenter la croissance de son économie.

M. Poutine a toutefois reconnu une concurrence accrue dans le secteur nucléaire depuis la signature en 2008 d'un accord historique de coopération entre New Delhi et Washington dans le nucléaire civil.

 

L'Aisne nouvelle

Les milliardaires russes ont de nouveau le vent en poupe

Les milliardaires russes se sont refait une santé à l'issue de 2009, après avoir vu leurs fortunes plonger de façon impressionnante en raison de la crise économique mondiale, selon l'édition de lundi du magazine russe Finans.

Début 2010, le titre d'homme le plus riche de Russie est revenu au patron de l'aciérie Novolipetsk (NLMK), Vladimir Lissine, dont la fortune a plus que doublé en un an pour s'établir à 18,8 milliards de dollars (contre 7,7 milliards en 2009), d'après le classement annuel du journal.

Cet homme discret, âgé de 54 ans, est "peu connu du grand public", mais il est considéré comme un "tsar" à Lipetsk (500 km au sud de Moscou), son fief d'adoption, où il contrôle notamment la plupart des médias locaux, raconte Finans.

Par ailleurs, son aciérie, considérée comme l'une des plus rentables de Russie, peut se targuer d'un endettement minimal, un atout peu répandu de nos jours, note le journal.

M. Lissine détrône ainsi le flamboyant patron du fonds d'investissement Onexim, Mikhaïl Prokhorov, le lauréat de 2009. Relégué à la deuxième place, ce dernier est tout de même toujours assis sur un confortable matelas, estimé à 17,85 milliards de dollars (contre 14,1 milliards un an auparavant).

"Le dégel sur les marchés financiers a chassé de leur piédestal les +cash-milliardaires+", écrit le magazine, en allusion aux hommes d'affaires qui, à l'image M. Prokhorov, avaient revendu des actifs avant que les indices boursiers ne dégringolent, s'assurant de confortables réserves de liquidités.

Le patron d'Onexim avait en effet été propulsé sur la première marche du podium grâce à la revente en 2008 de sa part dans le géant russe du nickel, Norilsk Nickel, tout juste avant la crise économique.

En troisième position arrive le richissime propriétaire du club de foot londonien Chelsea et patron de la holding Millhouse Capital, Roman Abramovitch, avec 17 milliards de dollars (contre 13,9 milliards l'année passée). Les citoyens les plus riches de Russie -qui pour la plupart ont édifié leurs fortunes lors de l'époque trouble qui a suivi la chute de l'URSS en 1991 en tirant parti des privatisations de fleurons du pays- ont subi non sans fracas les effets de la crise financière en 2008.

Mais signe que la conjoncture a désormais changé et que les milliardaires ont de nouveau le vent en poupe, Finans souligne qu'en un an, le nombre d'hommes d'affaires dont la fortune dépasse le milliard de dollars a grimpé à 77, contre 49 en 2009.

Désormais, les dix principales fortunes de Russie contrôlent 139,3 milliards de dollars, bien plus que les 76 milliards de 2009.

Même si la Russie reste encore assez loin des résultats de 2008, celle de tous les records, quand le pays comptait 101 milliardaires, le classement se rapproche peu à peu de son niveau d'avant-crise, estime Finans.

Même Oleg Derispaska, dont le groupe Rusal s'est retrouvé en 2009 confronté à une dette colossale après plusieurs années de recours à l'emprunt pour financer des acquisitions, s'est remis.

Bon sixième, le roi de l'aluminium, qui avait été sacré homme le plus prospère de Russie il y a deux ans, démarre 2010 avec quelque 13,8 milliards de dollars, soit neuf milliards de plus qu'il y a un an. Il est cependant loin des 40 milliards de dollars qu'il possédait début 2008.

Fait notable, selon Finans, le nombre de riches entrepreneurs impliqués dans l'économie numérique est en hausse, même si leur fortune n'atteint pas encore le milliard de dollars.

 

Le Monde

La Russie se dote d'une nouvelle chaîne de TV pour l'intelligentsia

Une nouvelle chaîne de télévision nationale a été lancée lundi en Russie pour attirer l'intelligentsia russe qui a déserté ces dernières années un petit écran dominé par le divertissement et des émissions d'information systématiquement favorables au Kremlin.

Avec ses émissions et talk-show politiques, la 5e -une chaîne jusqu'à présent diffusée dans la région de Saint-Pétersbourg- veut séduire les millions de Russes "intelligents", blasés par les chaînes existantes, a expliqué l'un de ses actionnaires, le producteur Alexandre Rodnianski, dans le journal Izvestia.

Dans ce but, Piatyï (5e en russe) a notamment sorti de l'oubli des stars de la télévision des années 1990 qui symbolisent l'époque révolue de la liberté de ton à la télévision russe, comme Svetlana Sorokina qui fut présentatrice du journal télévisée "Vesti" de la chaîne d'Etat Rossiya.
Mais selon certains experts, la transformation de la chaîne régionale en une chaîne fédérale est un projet politique du pouvoir russe qui se prépare déjà à l'élection présidentielle de 2012.

En effet, le principal actionnaire de la 5e -"Groupe médiatique national" (NMG) qui contrôle également la seule chaîne indépendante Ren-TV et le quotidien pro-Kremlin Izvestia- est dirigé par Iouri Kovaltchouk, un proche du Premier ministre Vladimir Poutine.

"L'empire médiatique de M. Kovaltchouk pourrait devenir une ressource médiatique dont Vladimir Poutine pourra se servir pour la prochaine présidentielle", relève l'agence russe Rosbalt.

Le paysage médiatique russe est déjà largement dominé par le pouvoir, à l'exception de quelques journaux et la radio Echo de Moscou.
A l'approche de la présidentielle de 2012, nombre d'analystes estiment que M. Poutine ambitionne de revenir au Kremlin qu'il avait dû laisser à Dmitri Medvedev en 2008, à l'issue de son deuxième mandat consécutif.

 

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