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RIA Novosti

La Russie vue par la presse francophone

La Russie vue par la presse francophone le 16 mars

presse
17:08 16/03/2010

Echos Judiciaires Girondins

En route vers Moscou

Le 28 juin prochain, une délégation de chefs d’entreprise girondins s’envolera pour Moscou avec des projets plein la tête. L’occasion de transformer sur un plan économique l’année 2010 placée sous le signe des retrouvailles France Russie...
Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, le vaste marché russe (140 millions d’habitants) ne cesse de susciter des vocations d’exportateurs. Certains imprudents y ont laissé des plumes. D’autres plus précautionneux se sont durablement implantés dans un pays qui a écrit avec la France de nombreuses pages d’histoire. Le 9 mars dernier, de nombreux chefs d’entreprise ont répondu présent à la réunion d’information organisée à leur attention par la chambre de commerce de Bordeaux.
Objectif : se familiariser avec les usages locaux en termes d’échanges économiques et identifier les risques. Neuvième fournisseur de la Russie (loin derrière l’Allemagne et la Chine), la France peut sans doute mieux faire. Le déficit commercial avec les Russes ne cesse de s’accentuer atteignant 6,6 milliards d’euros en 2008. Le plus vaste pays du monde apparaît comme une économie émergente à fort potentiel dans plusieurs secteurs présentant autant d’opportunités pour les entreprises françaises : biens de consommation, grande distribution, agriculture et agroalimentaire, pétrochimie, luxe...  Plus localement, la Russie est le 20ème client de l’Aquitaine avec 118 millions d’euros exportés en 2008 (soit seulement 1 % des exportations totales de la région). Les secteurs les plus représentés sont les produits de la culture et de l’élevage(23 %), les produits pharmaceutiques (21 %) et les boissons (19 %). Le chiffre de 184 entreprises régionales (56 % dans le secteur du vin), exportant vers ce pays, est avancé par la Chambre de Commerce.
A l’inverse, la Russie est le 3ème fournisseur de l’Aquitaine (7 % des importations pour un chiffre de 888 millions d’euros en 2008) avec en tête les produits pétroliers et chimiques.


Nouvelles d'Arménie

Bernard Fassier juge impossible une victoire azérie en cas de reprise des hostilités au Karabakh

En termes à peine voilés, le coprésident français du Groupe de Minsk de l’OSCE, Bernard Fassier, a déconseillé à l’Azerbaïdjan de se lancer dans une nouvelle aventure militaire contre les Arméniens au Haut-Karabagh. S’exprimant le 12 mars lors d’un séminaire parrainé par l’OTAN à Erevan, B. Fassier, a notamment déclaré : "La victoire de l’Azerbaïdjan en cas de reprise des hostilités est impossible, et je le dis car je sais la bravoure des soldats d’Arménie et du Karabakh." Le diplomate français a par ailleurs estimé qu’une nouvelle guerre n’apporterait rien à l’Azerbaïdjan et lui causerait bien au contraire des dommages considérables, en portant préjudice à ses intérêts financiers et à l’industrie pétrolière sur laquelle repose son économie. Il a souligné que les déclarations belliqueuses du président azéri Ilham Aliev et des autres responsables azéris étaient contre-productives, dans la mesure où elles risquent de faire fuir les investisseurs étrangers qui répugneront à injecter des fonds dans l’économie d’un pays susceptible de s’engager dans une nouvelle guerre, sans compter qu’elles nuisent au processus de règlement pacifique du conflit du Karabakh. « Les gens doivent comprendre que les deux peuples voisins sont condamnés à vivre côte à côte », a-t-il ajouté, soulignant que l’usage de la force et une nouvelle guerre ne sont pas des solutions possibles au conflit du Karabakh. "Toutes ces déclarations belliqueuses ne sont pas seulement vaines mais elles sont aussi dangereuses pour le processus de paix. Nous parlons de la coexistence pacifique entre deux peuples, et de telles déclarations ne font que la compromettre ", a déclaré B. Fassier.
Le coprésident français a également condamné la dernière déclaration du ministre azéri de la défense Safar Abiyev, qui avait estimé inévitable une solution militaire au conflit du Karabakh et avait juré de lancer une nouvelle "grande guerre » dans le Caucase du Sud. Le médiateur français a exprimé l’espoir que de tels propos ne reflétaient que l’opinion personnelle de leur auteur, tout en en soulignant le caractère dangereux et l’irresponsabilité. « Nous pensons que plus les parties éviteront de faire de telles déclarations, mieux le processus se portera", a déclaré B. Fassier. Interrogé sur les similitudes éventuelles entre le Karabakh et le Kosovo, dont l’UE a soutenu l’indépendance, B. Fassier s’en est tenu à l’argumentation traditionnelle, selon laquelle il s’agissait de problèmes différents et que "par conséquent, la répétition de ce scénario est impossible », faisant ainsi comprendre qu’il n’était pas envisageable que l’on reconnaisse l’indépendance du Karabakh comme on avait reconnu celle du Kosovo. Concernant le rôle accru que pourrait jouer la Russie dans le processus de paix, B. Fassier a récusé de telles rumeurs, en rappelant que « toutes les initiatives de la Russie en vue du règlement du conflit du Karabakh sont entièrement coordonnées avec l’ensemble des médiateurs du Groupe de Minsk de l’OSCE ». La Russie, qui copréside le Groupe de Minsk aux côtés des Etats-Unis et de la France, a organisé une rencontre en janvier entre les présidents de l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui ont approuvé un préambule à un accord cadre de paix connu sous le nom de principes de Madrid. « Les Russes nous aident à sortir d’une situation difficile", a déclaré le médiateur. « La Russie comprend que l’une des parties ne peut imposer sa position, et la solution doit être recherchée ensemble..."


Informations Dieppoises

Les pêcheurs chassent Greenpeace

Une dizaine de bateaux dieppois ont pris position, lundi matin, à l’entrée du port. Ils souhaitaient ainsi empêcher le bateau de Greenpeace d’accoster.
Que Greenpeace vienne à Dieppe, c’est de la provocation. Ils ne sont pas les bienvenus chez nous, qu’ils aillent dans un autre port », lance Eric Maret, le président du comité local des pêches de Dieppe. Lundi matin, avec une dizaine de bateaux de pêche, il bloquait le port de Dieppe. Un blocus sélectif car destiné à empêcher seulement un navire d’entrer dans les bassins de la cité d’Ango : l’Esperanza, le bateau de Greenpeace.
Il était prévu que le plus gros navire de la flotte de cette association qui se mobilise pour ce qu’elle estime être des urgences écologiques, fasse son entrée dans le bassin de Paris dès vendredi. Mais il a été retenu par l’une de ses actions au large de Brest où il a demandé à un bateau russe de faire demi-tour pour exprimer sa position « contre les exportations de déchets nucléaires français en Russie ».
Lundi matin, les pêcheurs dieppois étaient, eux, présents pour exprimer leur position contre les militants de Greenpeace. « Ils sont contre la pêche », estime Eric Maret en évoquant la position de l’association sur la pêche au thon et le chalut de fond. L’Esperanza a donc été obligé de rester au mouillage à 2 miles de Dieppe. Le bateau de la gendarmerie maritime et le pilote de port sont allés à la rencontre du bateau de Greenpeace, mais face à la position ferme des pêcheurs, ils sont revenus à quai. Après des discussions entre les deux parties en présence, il a été convenu qu’un représentant français de l’association viendrait s’entretenir avec les pêcheurs en début d’après-midi ce lundi.
Mais à midi, Greenpeace envoyait des zodiacs® à la rencontre des pêcheurs, pour les photographier. Une action considérée comme une provocation par les marins dieppois. Ces derniers ont donc pris en chasse les petits bateaux de l’association jusqu’à l’Esperanza. Finalement en début d’après-midi avec la marée basse, les pêcheurs dieppois sont rentrés à quai, puisque le gros navire ne pouvait plus de son côté accoster dans le bassin de commerce. A l’heure où nous mettions sous presse, ils n’excluaient pas de faire de nouveau blocage, lundi soir. Toutefois, la situation pouvait évoluer avec un entretien voulu par les représentants de Greenpeace. Ces derniers expliquant qu’ils n’étaient pas là « pour des revendications sur la pêche ». « Notre navire est là pour nous aider dans notre combat contre les exportations de déchets nucléaires français vers la Russie. En venant à Dieppe, nous souhaitons parler du nucléaire et de l’EPR de Penly pour informer le public et alerter les autorités sur les dangers de cette énergie », précise Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace.


Cyberpresse

Orchestre Mariinsky : deux géants russes à Montréal

Deux grands noms de la scène musicale internationale posent leurs valises à Montréal le temps d'un concert, demain soir à la Place des Arts. Le maestro Valery Gergiev dirige l'orchestre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, et accompagne le pianiste Denis Matsuev dans le fameux troisième Concerto de Rachmaninov.
Le Mariinsky est une véritable institution en Russie, et il est acclamé comme l'un des meilleurs orchestres au monde. Fondé au XVIIIe siècle sous le règne de Pierre le Grand, il a été dirigé à maintes occasions par les plus grands noms de la musique: Tchaïkovsky, Berlioz, Wagner et Mahler, pour ne nommer que ceux-là.
Depuis 1988, l'infatigable Valery Gergiev dirige le Mariinsky avec une fougue et un charisme qui font de lui l'un des chefs les plus médiatisés du monde. Totalement dévoué à la musique, celui que la presse française a qualifié de «tsar de la musique russe» donne plus de 200 concerts par année. Il dirige aussi le London Symphony Orchestra, et régulièrement au Metropolitan Opera. La Presse a échangé quelques mots au téléphone avec le maestro alors qu'il était à New York, cette semaine, où il dirigeait la première de l'opéra Le Nez, de Chostakovitch, au Met.
Il évoque ses débuts à la tête du Mariinsky, à seulement 35 ans, en pleine perestroïka, alors que la formation fonctionnait avec des ressources financières limitées. Il a dû travailler d'arrache-pied pour que l'orchestre, rebaptisé Kirov pendant l'ère soviétique, retrouve sa place dominante sur la scène musicale.
Sous sa baguette, le Mariinsky a repris son nom original en 1992, et enregistré bon nombre de disques depuis. Le chef a également entraîné ses musiciens dans une série de tournées mondiales où l'on donne, la plupart du temps, la vedette aux compositeurs russes. «Rien de plus naturel avec une tradition musicale aussi riche que la nôtre», dit le chef.
C'est un programme presque entièrement russe auquel on aura droit demain, à une exception près. En entrée, on pourra entendre un extrait de l'opéra Les Troyens, de Berlioz. Il s'agit de Chasse royale et orage, un intermède symphonique. Il sera suivi du célèbre troisième Concerto pour piano de Rachmaninov.
Son interprète, le jeune russe Denis Matsuev, est une star dans son pays dans la même mesure que Lang Lang en Chine. Il est encensé par la critique et connaît une carrière internationale phénoménale depuis qu'il a remporté le concours Tchaïkovsky en 1998. Le London Times l'a même comparé à Vladimir Horowitz.
«Je crois que Denis Matsuev est un vrai virtuose, brillant, dit Valery Gergiev. Non seulement est-il capable d'apporter de la virtuosité à ce grand concerto, mais il peut aussi en démontrer tout le lyrisme, l'élégance et la finesse.» Les deux musiciens collaborent depuis déjà deux ans, et ont enregistré ce concerto tout récemment, sur étiquette Mariinsky.
Le concerto sera suivi de la 15e Symphonie de Chostakovitch, la dernière du compositeur, écrite vers la fin de sa vie. «Quand vous l'écoutez, vous avez, en quelque sorte, un tableau de tout son cycle symphonique, dit Gergiev. Toute sa vie, d'une certaine façon, est reflétée dans cette oeuvre, qui englobe ses souvenirs musicaux. On y trouve des citations de ses propres oeuvres mais aussi de Wagner, de Mahler et de Rossini. Elle apporte aux auditeurs une expérience à la fois plaisante et très profonde, philosophique et même mystique, parce que certaines de ses pages décrivent la différence entre la vie dans notre monde et dans l'autre. C'est une déclaration unique et très personnelle du compositeur.»
Il est aussi important, rappelle Gergiev, de réaliser que Chostakovitch, qui est né à Saint-Pétersbourg, a connu ses premières expériences musicales de jeunesse grâce au Mariinsky. «C'est ce même orchestre qu'il a écouté il y a presque cent ans qui joue aujourd'hui son oeuvre», conclut le maestro.


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