
Le Figaro
Le désarmement nucléaire bute sur les exigences russes
Moscou exige que Washington renonce à tout « bouclier antimissile » en Europe pour signer un nouvel accord Start.
ARSENAUX STRATÉGIQUES
Officiellement, Hillary Clinton se dit «optimiste ». La secrétaire d'État américaine, qui se rend à Moscou demain pour tenter de débloquer l'épineux dossier du désarmement stratégique, manie fort bien la langue de bois. Car les négociations qui se déroulent à Genève depuis plus de six mois dans l'espoir de trouver un successeur au traité de désarmement russo-américain Start, qui date de 1991 et a expiré le 5 décembre 2009, semblent plutôt prises dans les glaces de la guerre froide.
À plusieurs reprises, Moscou et Washington, qui s'étaient mis d'accord en juillet 2009 pour réduire leurs têtes nucléaires à une fourchette comprise entre 1 500 et 1 675, ont annoncé la signature imminente d'un nouveau traité. Mais, à chaque fois, des divergences ont empêché la finalisation de l'accord, toujours reporté depuis. La principale controverse porte sur le projet américain de défense antimissile en Europe de l'Est, dont Moscou a fait une ligne rouge. En septembre 2009, Barack Obama avait annoncé l'abandon du bouclier que l'Administration Bush prévoyait d'installer en Pologne et en République tchèque, pour faire face à la menace iranienne. Une concession qui, vu de Washington, devait permettre de relancer les relations russo-américaines, mises à mal par des années de « paix froide » sous George Bush. En lieu et place du bouclier initial, les États-Unis ont depuis conçu un nouveau dispositif de défense, plus léger et plus souple, contre les missiles de courte et moyenne portée, qui devrait être hébergé par la Roumanie et la Bulgarie.
Pour les Russes, qui considèrent les pays de l'ancien Pacte de Varsovie comme leur zone d'influence et s'opposent à l'élargissement de l'Otan à l'Est, il n'en est pas question. Si nouvel accord Start il y a, a prévenu cette semaine Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, il devra établir sous une «forme juridiquement contraignante » un lien « entre les armes offensives et défensives ». D'ailleurs, le Parlement russe a prévenu hier qu'il ne ratifierait pas l'accord si ce lien n'était pas établi.
À l'inverse, il est fort peu probable que le Sénat américain ratifie un traité qui raboterait une nouvelle fois la défense antimissile en Europe de l'Est. «Frustrée », la Maison-Blanche a affirmé qu'elle ne «précipiterait pas » l'adoption d'un nouveau traité s'il devait être défavorable aux États-Unis.
Un bras de fer qui s'éternise
Le monde peut vivre un certain temps avec un traité Start périmé. Le problème, c'est que le nouvel accord devait être la pierre angulaire du « redémarrage » de la relation russo-américaine. L'élan ainsi obtenu devait aussi permettre aux Américains de convaincre Moscou de voter de nouvelles sanctions contre Téhéran.
Les difficultés rencontrées avec Start augurent par ailleurs fort mal du projet américain de désarmement nucléaire du monde, que le président américain a érigé comme une priorité de sa politique étrangère. À un mois du sommet sur la sécurité nucléaire de Washington, à deux mois de la conférence d'examen du traité de non-prolifération (TNP), alors que les programmes nucléaires iraniens et nord-coréens continuent à progresser, c'est une mauvaise nouvelle. Le rêve d'Obama se heurte partout à l'épreuve des faits.
Les anciens ennemis de la guerre froide étaient censés donner l'exemple pour convaincre les autres nations de renoncer à leurs velléités nucléaires avant la conférence du TNP en mai. Mais Moscou, pour qui un nouveau Start ne représente pas une urgence, est en position de force. Dans ce bras de fer qui s'éternise, l'une des deux parties devra sans doute baisser le coude.
En attendant, le retard sur Start a déjà commencé à faire des dégâts collatéraux. Le représentant égyptien à l'ONU, Hisham Badr, a affirmé que les pays du Moyen-Orient avaient le sentiment d'avoir été « abusés » par le TNP, les puissances nucléaires n'ayant pas tenu leurs engagements de désarmer...
L'Humanité
Quand la France vend son patrimoine à la Russie
ENCART: L'ancien bâtiment parisien de Météo-France devrait devenir un centre culturel et une église orthodoxe.
L'amitié n'a pas de prix, quoique... c'est bien connu, les petits cadeaux sont bien utiles à son entretien. Entre la France et la Russie, en cette année symbolique célébrant l'amitié entre les deux pays, les symboles restent utiles - l'exposition «Sainte Russie» au Louvre - mais ne sont plus suffisants.
Comme le disait Dmitri Medvedev lors de sa visite à Paris au début de ce mois, «il est impossible d'imaginer des relations entre la Russie et la France sans liens économiques». Derniers travaux pratiques en date: quatre Mistral - des navires militaires français de pointe - sont vendus à Poutine, quitte à faire grimacer les alliés de l'Otan, et Alexandre Pugachev, fils d'un oligarque russe, assure le sauvetage de France-Soir.
Le 11mars, bien plus discret que Medvedev, le directeur général des affaires du président de la Fédération de Russie, le sieur Vladimir Kozhin, a fait un aller-retour Moscou-Paris pour retrouver, chez le notaire, Éric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État. Une visite éclair qui a permis de sceller la cession d'un bâtiment idéalement situé à l'angle du quai Branly et de l'avenue Rapp, dans le 7e arrondissement de la capitale. Propriété de l'État français, cet ensemble immobilier abritait le siège de Météo-France.
Pour permettre cette opération entre notre pays et la Russie, les personnels de Météo-France ont été priés de s'exiler à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Le gouvernement assure que la vente a été organisée dans les règles: le vaste bâtiment a été cédé, à l'issue d'un appel d'offres, à l'offre «assortie du prix le plus élevé». Montant tenu secret qui s'élèverait à «au moins 60millions d'euros», selon une «source proche du dossier» et la presse moscovite. Une somme dévolue au remboursement de la dette de l'État.
À l'ombre de la tour Eiffel, la Russie va-t-elle construire une nouvelle ambassade, un consulat d'apparat? Ce serait oublier le retour en force de la Sainte Russie dans le sillage de Vladimir Poutine et des oligarques. Les beaux quartiers de la Ville lumière vont donc accueillir un centre culturel, un séminaire et une église. Orthodoxe s'entend. Les relations entre le Kremlin et Saint-Basile sont, à nouveau, si cordiales que personne ne doute que la nouvelle possession parisienne ne tardera pas à tomber dans le patrimoine des patriarches de l'Église orthodoxe. La Russie a beau être un État laïque, l'alliance de l'épée et de l'encensoir est une réalité à Moscou. Les dirigeants russes reçoivent régulièrement la bénédiction des dignitaires de l'Église et ceux-ci bénéficient des largesses du pouvoir.
Non content d'avoir récemment récupéré l'église orthodoxe Saint-Nicolas de Nice, le gouvernement russe va-t-il faire fleurir les bulbes dorés sur les berges de la Seine?
LesEchos.fr
La Russie va créer un musée pour le bicentenaire de la défaite de Napoléon
Le gouvernement russe va consacrer près de 60 millions d'euros à la création d'un musée célébrant la victoire sur Napoléon en 1812, à l'occasion du bicentenaire de l'échec de sa campagne de Russie, a annoncé mercredi le vice-Premier ministre Alexandre Joukov.
"J'espère que ce sera une exposition qui sera (...) au niveau des meilleurs musées du monde", a-t-il déclaré, selon l'agence Interfax, précisant que 2,38 milliards de roubles (59 millions d'euros) seront dépensés à cet effet d'ici 2012.
M. Joukov a indiqué que le musée accueillerait les nombreuses pièces d'exposition de cette période qui sont actuellement stockées dans les entrepôts du musée d'Histoire situé sur la place Rouge à Moscou.
L'empereur français Napoléon 1er avait lancé en juin 1812 l'invasion de la Russie tsariste. En septembre, il entre dans Moscou mais le tsar Alexandre 1er ne capitule pas.
En octobre, Napoléon est contraint à une catastrophique retraite de Russie. Harcelée par les troupes tsaristes et minée par le froid, la Grande Armée est définitivement anéantie en novembre lors de la traversée de la rivière Bérézina.
Le Figaro
Sotchi s'offre une cure de rajeunissement musclée
L’heure est aux Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver mais la Russie se penche déjà sur la préparation des Jeux suivants, dans l'ancienne station balnéaire soviétique de Sotchi. Tout reste à construire et le gouvernement ne recule devant aucun sacrifice pour mener à bien ce chantier colossal.
C’est évidemment une aubaine. Selon le Comité d’organisation de Sotchi, les Jeux permettront le « rajeunissement de la ville » et entraîneront une « amélioration significative de la qualité de vie ». Sotchi va également accueillir les Jeux Paralympiques, avec obligation d’être accessible aux handicapés. Un pas en avant considérable pour un pays où, même à Moscou, il est presque impossible de se déplacer en chaise roulante. Les Jeux laisseront derrière eux de nouveaux hôtels, des centres d’affaires, des salles de concerts et autres infrastructures de poids. Un nouvel aéroport a déjà été construit.
Du coup, Sotchi ressemble désormais à un immense chantier au grand dam des habitants qui perdent patience. Certains ont de bonnes raisons de renâcler. En effet, le gouvernement s'est arrogé le droit d'expropriation sans recours ni débats pour les acquisitions foncières nécessaires aux Jeux. Les résidents de Imeretinskaya – le quartier où le complexe côtier sera construit - ont manifesté leur mécontentement. Ils se plaignent de harcèlement, contraints de vendre leurs maisons à des prix bien en dessous du marché. « Ils piétinent les droits des particuliers », se lamente Valery Soutchkov, chef d’une association de quartier qui fait campagne contres les ventes forcées. « Nous sommes des victimes en sursis ».
Les écologistes s'inquiètent de l’impact sur l’environnement des constructions des pistes de bobsleigh, de luge et du village olympique montagnard... en plein Parc national de Sotchi. Le président Dimitri Medvedev a ordonné une surveillance constante pour prévenir toute dégradation mais des organisations écologiques comme le WWF tirent déjà la sonnette d'alarme.
La question de l'utilisation des 6,25 milliards de dollars est également dans tous les esprits. Le président lui-même admet que la corruption en Russie atteint des proportions catastrophiques. Le nouveau risque de détournement des deniers publics que présentent les Jeux va nécessiter un sérieux contrôle...
Le courrier du Vietnam
Vietnam-Russie : reconnaissance mutuelle des diplômes et certificats
Le Vietnam et la Russie ont signé de nouveau un accord reconnaissant mutuellement leurs diplômes et certificats, ouvrant une belle perspective de coopération bilatérale dans la nouvelle période.
Après plus de 30 ans de discontinuité (depuis 1978), l'accord de reconnaissance mutuelle des diplômes et des certificats entre le Vietnam et la Russie a été signé de nouveau, dans l'après-midi du 15 mars au siège du ministère russe de l'Éducation et des Sciences.
Valable sine die, ce texte a été signé par le vice-Premier ministre vietnamien et ministre de l'Éducation et de la Formation, Nguyên Thiên Nhân et le ministre russe de l'Éducation et des Sciences, Andrei Fursenko.
Selon ce texte, les 2 pays reconnaissent mutuellement tous les diplômes, brevets, titres et grades universitaires délivrés par leur branche de l'éducation. Il s'agit d'une avancée importante pour perfectionner les bases juridiques de la coopération en éducation et formation entre le Vietnam et la Russie.
Lors de l'échange de vue, le vice-Premier ministre Nguyên Thiên Nhân a affirmé que les générations de Vietnamiens étaient reconnaissantes et réservaient de bons sentiments de gratitude et d'attachement envers l'aide précieuse et la fidélité que le peuple de l'ex-Union soviétique et de l'actuelle Russie ont réservées au Vietnam surtout dans le domaine de l'éducation.
Le dirigeant vietnamien a informé son interlocuteur russe de la proposition de reclasser l'École supérieure des techniques Lê Quy Dôn au Vietnam en École supérieure de technologie Vietnam-Russie, soulignant la nécessité de coopération et d'aide des universités russes. À présent, 3 universités de Moscou et 2 autres de St-Pétersbourg participent au projet. Ce dernier a une grande signification dans l'élévation de la qualité de formation au Vietnam et deviendra un point central de la coopération entre les 2 pays en 2010, a affirmé M. Nhân en espérant voir davantage d'écoles supérieures prestigieuses de Russie participer au projet.
De plus, le ministère vietnamien de l'Éducation et de la Formation (MEF) et les universités du Vietnam sont prêts à accueillir les élèves et étudiants russes venant étudier au Vietnam dans le cadre de l'accord. Actuellement, plus de 200 étudiants et enseignants russes font des stages et environ 35 étudiants font des études universitaires et post-universitaires.
L'éducation vietnamienne établira le plan de promotion de la langue, de la culture et de la littérature russes et favorisera les études et l'apprentissage de la langue russe au Vietnam.
Andrei Fursenko a lui affirmé que son ministre était déterminé à intensifier la coopération bilatérale dans l'éducation et la formation dans le contexte du renforcement du partenariat stratégique Russie-Vietnam.
En ce qui concerne la construction l'École supérieure de technologie Vietnam-Russie, la partie russe créera un comité chargé spécialement de la question dirigé par un vice-ministre, a fait savoir le ministre russe. Il a apprécié et exprimé sa confiance au Vietnam en tant qu'organisateur de la première Conférence des recteurs des universités Vietnam-Russie vers la fin de l'année. Cet événement sera une bonne opportunité pour intensifier les échanges d'expériences de coopération entre les responsables des universités des 2 pays.
Le même jour, la délégation vietnamienne dirigée par le vice-Premier ministre Nguyên Thiên Nhân a travaillé avec les responsables de l'Université de Moscou (MGU).