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RIA Novosti

Lu dans la presse russe

Les titres du 6 mars 2012

Les titres du 6 mars 2012
14:16 06/03/2012

Nezavissimaïa gazeta
L’adhésion de la Russie à l’OMC nuirait à son économie

La Douma (chambre basse du parlement russe) devrait ratifier avant juillet 2012 les accords sur l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), écrit mardi 6 mars le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Cependant, aujourd’hui au sein de la Douma les lobbyistes s'unissent pour appeler à renoncer à adhérer à l’OMC, cette démarche étant susceptible de provoquer une crise systémique au sein de l’économie russe ou, au moins, à compenser le manque à gagner aux entreprises touchées. Les intérêts du secteur réel de l’économie russe ont été grossièrement piétinés en raison de l’adhésion à l’OMC, et les pertes annuelles pour l’économie pourraient s’élever à 1.500 milliards de roubles (environ 37.5 milliards d’euros), déclarent les défenseurs des producteurs nationaux.

Il faut reporter la ratification des documents concernant l’adhésion de la Russie à l’OMC afin d’empêcher des conséquences destructrices, ont déclaré la semaine dernière les participants à la conférence à la Chambre de commerce et d’industrie de Russie intitulée "Adhésion à l’OMC: qui compensera les pertes?"

Les pertes directes du budget consolidé russe en raison de la diminution des taxes sur les importations et les exportations s’élèveront à près de 430 milliards de roubles (environ 11 milliards d’euros), soit le triple du budget agricole annuel russe, déclare le président de l’association Rosagromach, Konstantin Babkine. A son tour, Mikhaïl Emelianov, vice-président de la Commission de politique économique à la Douma, a déclaré qu’il serait "impossible de compenser toutes les pertes."

Cependant, les experts indépendants sont convaincus qu’il est pratiquement impossible de freiner l’adhésion à l’OMC. Et les mesures supplémentaires de protection ne pourront plus aider les entreprises qui n’ont pas réussi à se préparer aux nouvelles conditions de la concurrence au cours des 18 années de négociations sur l’OMC.

"Les arguments des adversaires de l'adhésion à l’OMC paraissent étranges: si les 18 années d’existence des barrières commerciales n’ont pas suffi pour régler la question de "l’adaptation de l’industrie et de l’agriculture" [russes], alors existe-t-il une possibilité de résoudre le problème?", déclare Marina Michouris, présidente du conseil d’administration de FlexBank. Selon elle, une partie des entreprises russes réussit à obtenir des privilèges de la part de l’Etat, tandis que les autres consommateurs dépensent plus en raison des prix plus élevés sur le marché.

"Le risque d’une crise systémique est largement exagéré. Certaines branches du secteur réel ne sont pas compétitives, mais ce n’est pas une raison pour les protéger du monde extérieur, sinon elles resteront inefficaces", déclare Arthur Akhmetov, analyste de la société Solid. "Les craintes sont très exagérées. La concurrence sera plus forte, mais c’est une base normale pour le développement de l’économie. Les pronostics de crise systémique après l’adhésion à l’OMC sont infondés", reconnaît Guerman Zverev, président de l’Association des pêcheurs de morue.
 
Kommersant
Les tâches urgentes de Vladimir Poutine

Aussi bien les adversaires que les partisans de Vladimir Poutine s'accordent à dire que la principale question de l’ordre du jour du nouveau président russe concerne les réformes politiques, économiques et sociales, en l’absence desquelles le président risque d’être confronté à une forte pression de la société civile, écrit mardi 6 mars le quotidien Kommersant.

La pression sur le gouvernement se renforcera inévitablement et sera organisée dans tous les cas, avec ou sans réformes, estime Ella Pamfilova, ex-présidente du Conseil présidentiel pour le développement des institutions de la société civile et des droits de l'homme. Dans une étude spéciale elle a analysé la croissance des sentiments de protestation en Russie l’année dernière. Selon elle, "les faits de falsification pendant les élections législatives (du 4 décembre 2011 - ndlr) ne sont pas une raison, mais un prétexte pour montrer le mécontentement accumulé depuis longtemps au sein de la société." Et ce mécontentement a augmenté progressivement après chaque initiative du gouvernement: la création du Front populaire panrusse, l’élection de Valentina Matvienko au poste de présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), le roque entre le président sortant (Dmitri Medvedev) et le premier ministre en exercice (Vladimir Poutine), etc.

Elle prédit la hausse de l’activité civile et son "caractère irréversible", qui sera à son apogée en été 2012. Par ailleurs, selon elle, la société civile russe est suffisamment mûre pour éviter une évolution radicale de la situation, dont ni le gouvernement, ni les opposants n’ont besoin. A cet égard, l’experte propose au nouveau président de prendre appui sur la société civile pour mettre en œuvre toutes les réformes nécessaires. Mais si " Monsieur Poutine ne prend pas les devants et traîne dans le peloton des exigences sociales", selon Ella Pamfilova, "une élection présidentielle anticipée pourrait se tenir après les Jeux olympiques de Sotchi [de 2014]."

Les pronostics positifs d’Ella Pamfilova sont basés sur l’hypothèse qu’un nouveau Poutine a été élu le 4 mars, son étude ne prenant pas en compte "l’ancien Poutine."

L’idéal pour Vladimir Poutine serait de "lancer le processus de modernisation", initié par Dmitri Medvedev, a déclaré Igor Iourguens, directeur de l’Institut du développement contemporain. Pour cela, le nouveau président doit non seulement nommer Dmitri Medvedev au poste de premier ministre, mais lui permettre également de former une équipe pour mettre en œuvre cette modernisation. Igor Iourguens ignore si Poutine le fera, mais il est convaincu que cette version d’une séparation "souple et sans fracture" des élites répondrait à la demande sociale.

"La bifurcation "réformes ou stagnation" sera franchie par Poutine en direction des réformes, estime Elena Chestopal, titulaire de la chaire de psychologie politique de l'Université d'Etat de Moscou. La transformation politique et économique est inévitable, y compris pour des raisons extérieures." La question est seulement de savoir "quel chemin empruntera cette transformation: la gauche, la droite, ou sera-t-elle en forme de mosaïque." Si le gouvernement veut rester en place, il devra tenir compte des intérêts de la société. Ou il devra plutôt au maximum tenir compte des demandes de la société avant d’établir l’ordre du jour du prochain mandat présidentiel. Aujourd’hui, on entend de plus en plus des revendications libérales. Mais dans sa majorité la population russe attend un "virage vers la gauche." Pour l’instant, on ignore si Vladimir Poutine répondra aux revendications de la majorité et de la minorité", déclare Elena Chestopal. Mais elle rappelle que tous les groupes sociaux ont bien d’autres moyens de participation politique hormis la pression sur le gouvernement: par exemple, intégrer le pouvoir lors des élections à tous les niveaux. Et pour assurer "l’arrivée de sang neuf et dynamique, le gouvernement actuel ferait bien de faire le ménage dans ses propres rangs", afin d’éviter la pression et des élections anticipées.
 
Moskovskie Novosti
Présidentielle russe: manifestations d'opposants réprimées à Moscou

La place Bolotnaïa de Moscou a cessé d’être le symbole de l’opposition. Le lundi 5 mars, au lendemain de la présidentielle, les partisans de Vladimir Poutine s’y étaient rassemblés, écrit mardi 6 mars le quotidien Moskovskie Novosti. Les partisans du nouveau président russe se sont également rassemblés sur les places de la Révolution et du Manège, à Moscou. L’opposition a manifesté sur la place Pouchkinskaïa (place Pouchkine) sous le slogan habituel "Pour des élections honnêtes", mais après le meeting, les personnes refusant de se disperser ont été interpelées. Une partie des opposants sous l’égide d’Edouard Limonov, écrivain russe et leader du parti non-enregistré l'Autre Russie, s’est rassemblée sur la place Loubianka, devant le siège de la Commission électorale centrale (CEC) de Russie sans l’autorisation des autorités municipales: près de 20 personnes, dont Edouard Limonov, ont été arrêtées.

Les communistes ont commencé à "s'échauffer" sur la place Pouchkinskaïa, où près de 300 personnes se sont rassemblées à 18h00 heures. Par la suite d’autres membres de l’opposition les ont rejoints sous le slogan "Pour des élections honnêtes." Selon le ministère russe de l’Intérieur, ils étaient 14.000. Dans la foule on distinguait des drapeaux du Parnas (Parti de la liberté du peuple) et du Front de gauche. On pouvait lire sur les affiches portées par les manifestants "Nous avons besoin d’un président, et non pas d’un héritier du trône!" Des rubans blancs étaient distribués. Les manifestants de la place Pouchkinskaïa étaient plus agressifs qu’auparavant sur la place Bolotnaïa et l’avenue Sakharov en décembre 2011 et en février 2012.

"Leur élection n’est qu’une farce, leur pouvoir est illégitime, nous exigeons des réformes politiques. La Russie sera libre!", proférait sur la scène Vladimir Ryjkov, l’un des leaders du Parnas. Mikhaïl Prokhorov, candidat à la dernière élection présidentielle russe, a également fait une déclaration: "Je lutterai pour un pays libre où nos concitoyens voteront non pas avec le sentiment de peur, mais avec dignité." Le leader du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, exigeait une nouvelle élection et menaçait: "Nous sommes prêts à agir dans le respect de la loi, mais nous répondrons fermement à toute provocation." Boris Nemtsov, leader du mouvement d’opposition Solidarité, prédisait une "bataille longue et acharnée" et a promis d’utiliser "tout l’arsenal des moyens de lutte pacifiques." Alexeï Navalny, activiste politique russe, est venu entouré d'une sécurité rapprochée qui a empêché les journalistes de l’approcher. Mais tous n’étaient pas disposés aussi radicalement. Un homme d’affaires a déclaré que désormais "tout [dépendait] des actions de Poutine."

La situation a évolué de manière plus dramatique sur la place Loubianka, où les partisans d’Edouard Limonov ont organisé une manifestation interdite. Au départ, tout était calme. Un cordon de sécurité a été mis en place par les policiers et le service fédéral de protection (FSO) de Russie. Cependant, vers 19h00 heures, un groupe d’activistes de l'Autre Russie (environ 50 personnes) a tenté de s'approcher du siège de la CEC. La police anti-émeute a immédiatement réagi en appréhendant 2-3 personnes à la fois et en les mettant dans des bus.

Puis la police a commencé à arrêter des journalistes. Les cartes de presse avec accréditation de la direction centrale du ministère russe de l’Intérieur n’ont eu aucun effet sur les forces de l’ordre.

Vers 21h00, pratiquement tous les manifestants se sont dispersés. Ilia Iachine du mouvement Solidarité, Alexeï Navalny et Sergueï Oudaltsov étaient restés sur la place Pouchkinskaïa. Ce dernier criait "Nous somme le gouvernement ici!" devant environ 500 partisans. La police a interpelé Oudaltsov et Navalny, ainsi que plusieurs dizaines de manifestants. A quelques heures du début du rassemblement, le parquet avait averti que les infractions ne seraient pas tolérées lors de son déroulement. Selon la police, un groupe d’environ 20 nationalistes a été appréhendé alors qu'ils tentaient d’organiser une marche sur la rue Tverskaïa, dans le centre-ville.



Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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