
MOSCOU, 18 février - RIA Novosti. Le premier vice-premier ministre russe, qui dirige le conseil d'administration de Gazprom, a déclaré que les accusations de chantage énergétique adressées à la Russie étaient infondées.
"Gazprom respecte toujours ses engagements, c'est pourquoi les allégations relatives à un chantage énergétique dont l'Occident se fait fréquemment le relai sont absolument infondées. Je conçois que la montée en puissance de la Russie en énerve plus d'un, mais là, on cherche à imposer des clichés un peu vite", a-t-il expliqué dans une interview au journal russe Itogui.
Selon le candidat à la présidentielle du 2 mars, tout dépend du regard porté sur la situation. "On peut à loisir qualifier les Etats-Unis, qui imposent leur monnaie et leurs critères entrepreneuriaux au monde, d'agresseur financier et de terroriste économique", estime-t-il.
"Quand j'entends que l'on demande à la Russie d'être plus flexible, je pense que j'aurais été d'accord avec ce conseil il y a dix ans. Mais maintenant ce n'est plus le cas, mon point de vue à changé", a-t-il poursuivi.
Sans position ferme, la Russie serait actuellement traitée comme un Etat de second ordre, "comme un pays en marge du développement, une sorte de Haute-Volta équipée de missiles nucléaires. Mais il n'en est pas ainsi. Nous avons obtenu une position particulière au sein du monde", a-t-il indiqué.
"En un mot, je ne vois pas de contre-indications à ce que nous montrions parfois les dents", a-t-il fait savoir.
M. Medvedev a en outre rejeté l'opinion selon laquelle on ne doit recourir à la force que dans des "cas de force majeure".
"Certains pensent que la Russie doit se faire respecter coûte que coûte sur des dossiers tels que le Kosovo ou le bouclier antimissile américain, et qu'il ne sert à rien de faire monter la pression pour des broutilles comme le conflit du British Council. Eh bien je ne suis pas d'accord. C'est sur des détails de ce type que se forge l'image d'un Etat. Si vous supportez les coups sans mot dire, on cesse de vous demander votre avis", a-t-il conclu.