
MOSCOU, 4 juillet - RIA Novosti. Il est impossible de venir à bout des pots-de-vin dans un pays pauvre, le problème de la vénalité à différents niveaux ne peut être circonscrit que dans un pays qui se développe et qui devient de plus en plus riche, a déclaré le président Dmitri Medvedev lors de son entretien avec les journalistes des Etats du G8, lit-on vendredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Ainsi, le chef de l'Etat a reconnu l'impossibilité de régler ce problème uniquement par des mesures administratives, en soulignant l'importance du développement économique à venir.
"A propos, Vladimir Poutine avait également fait ce genre de déclarations lors de sa conférence de presse finale (en tant que président, ndlr.), a fait remarquer le président actuel. A présent, alors que nous avons déjà enregistré certains succès économiques, il est grand temps de commencer à s'attaquer à ce problème, car il est impossible d'étouffer la corruption dans un pays pauvre".
Commentant ces propos, les experts constatent un paradoxe évident: le pays ne cesse de s'enrichir grâce aux pétrodollars, mais le problème de la corruption s'aggrave d'année en année.
"Il y a un an ou un an et demi, en analysant la situation en Russie, les experts de la Banque mondiale avaient déjà attiré l'attention sur ce fait étrange, indique Igor Nikolaïev, directeur du département d'analyse stratégique de la société FBK. Il est par définition impossible de venir à bout de la corruption dans un pays pauvre, et le président a raison sur ce point. Mais il s'avère que, dans les conditions de la Russie, la richesse n'est pas une condition déterminante pour la réduction de ce facteur négatif".
Aucune règle universelle n'existe pour pouvoir l'emporter dans cette lutte, estime l'analyste. "En ce qui concerne la déclaration elle-même, je ne dirais pas qu'il s'agit là d'un écart par rapport aux objectifs précédemment annoncés, explique M. Nikolaïev. Les dirigeants du pays désirent réellement engager une lutte contre les pots-de-vin, mais aucun acquis n'existait au moment où cet objectif a été annoncé presque comme une idée nationale. La bureaucratie fait traîner en longueur le règlement de ce problème, mais la société est en droit d'attendre des mesures plus rapides".
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.