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Medvedev simplifie le lancement d'opérations militaires hors de Russie (Gazeta/Kommersant)

15:50 11/08/2009

MOSCOU, 11 août - RIA Novosti. Exactement un an après le conflit en Ossétie du Sud, le président Dmitri Medvedev a soumis à la Douma (chambre basse du parlement russe) des amendements à la Loi fédérale sur la défense, simplifiant considérablement les modalités d'envoi par le Commandant suprême des armées, sans déclaration de guerre, de troupes dans d'autres Etats, lit-on mardi dans les quotidiens russes Gazeta et Kommersant.

Le projet de loi propose d'envoyer rapidement l'armée à l'étranger en vue de repousser des attaques contre les troupes russes qui s'y trouvent déjà, pour contrer ou prévenir une agression contre un autre Etat et défendre les citoyens russes. Le président n'a pas caché que cette possibilité faisait défaut lors de l'introduction de troupes en Ossétie du Sud il y a un an.

"Si ce projet de loi avait été adopté il y a un an, la Russie aurait pu, sans attendre le déclenchement de l'agression militaire géorgienne contre Tskhinvali, prévenir ces agissements", estime le vice-président du Comité de défense de la Douma Mikhaïl Babitch.

Le colonel Anatoli Tsyganok, chef du Centre de prévisions militaires, craint que ce projet de loi ne serve de prétexte aux pays de l'espace postsoviétique pour rechercher une protection auprès de l'OTAN. "En défendant nos soldats de la paix en Ossétie du Sud, nous nous sommes fondés sur l'article 51 de la Charte de l'ONU (qui accorde aux Etats le droit à l'autodéfense). A présent, nous cherchons une nouvelle justification. Mais cette loi, qui peut être interprétée de n'importe quelle manière, aura pour conséquence que les pays de la CEI (Communauté des Etats indépendents) commenceront à s'écarter de nous pour se précipiter vers l'OTAN", estime l'expert.

Son avis est partagé par Alexeï Arbatov, directeur du Centre de sécurité internationale de l'Institut des relations internationales et de l'économie mondiale de l'Académie des sciences de Russie: "Si nous utilisons nos forces armées dans l'espace de l'ex-URSS, nous nous retrouverons à l'intérieur du cordon sanitaire et dans l'encerclement hostile que nous nous efforçons d'éviter en nous opposant à l'élargissement de l'OTAN".

Le président du parti Iabloko Sergueï Mitrokhine estime que les amendements présidentiels sont plutôt une mesure destinée à mettre en garde la Géorgie et l'OTAN. 

"La majorité des pays ont le droit d'envoyer d'urgence des contingents militaires à l'étranger sans l'accord de leurs parlements, tout comme le font les Etats-Unis sans l'aval du Congrès, rappelle Sergueï Karaganov, vice-directeur de l'Institut de l'Europe de l'Académie des sciences de Russie. Chez nous, cette loi n'existait pas et, par conséquent, il s'agit d'une simple formalité. Mais, d'autre part, c'est, à son avis, un signal avertissant que, le cas échéant, la Russie est prête à utiliser ses forces armées n'importe où.

Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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