Russie
Russie: renaître les brigades de travail estudiantines

Les étudiants
© http://lh6.ggpht.comMOSCOU, 8 septembre - RIA Novosti
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Les brigades de travail estudiantines pourraient constituer une source de revenus pour les jeunes et représenter un atout pour les sociétés cherchant à décrocher un contrat avec l’Etat, écrit le 8 septembre le quotidien RBC daily.
Les députés de la Douma (chambre basse du parlement russe) représentant le parti Russie uni et le Parti libéral-démocrate de Russie proposent d’obliger les autorités à attribuer les marchés publics aux entreprises qui emploient les jeunes. Selon les experts, c’est le mécontentement croissant de la part de la population et non pas le chômage que l’Etat redoute.
Selon le ministère russe de la Santé et du Développement social, au 1er septembre 2010, le nombre de chômeurs officiellement enregistrés en Russie s’élevait à 1,71 million de personnes. Le chômage total au milieu de l’été dernier était estimé à 5,4 millions de personnes, soit 7% de la population active. Selon le Service russe des statistiques (Rosstat), les jeunes de moins de 25 ans représentent 33% des demandeurs d'emploi et l’âge moyen des chômeurs était de 33,5 ans en juin 2010.
Après avoir examiné les statistiques affligeantes, les législateurs russes ont décidé d’introduire une clause supplémentaire dans le règlement d’attribution des marchés publics. Les organismes d’Etat seront autorisés à imposer aux entreprises l’obligation d’employer des brigades de travail estudiantines lors de l’exécution des commandes publiques. La note explicative jointe au projet de loi stipule que cette mesure permettrait d’employer les jeunes lors de la construction des istallations importantes de l’infrastructure et de l’industrie en Russie bien que les députés n’aient pas l’intention de se limiter à ces deux secteurs.
L’idée de faire renaître les brigades de travail estudiantines est débattue depuis des années, déclare Alexandre Galouchka, vice-président de l’ONG Delovaïa Rossia (Russie des affaires) en précisant que "Cette institution pourrait non seulement procurer du travail aux jeunes mais motiver les entreprises à employer des jeunes au lieu des travailleurs immigrés venant des anciennes républiques soviétiques. Le niveau de rétribution de ces deux groupes serait comparable. Néanmoins, les jeunes ne pourront pas entièrement remplacer les travailleurs immigrés", conclue Alexandre Galouchka.
Selon les experts, c’est un autre objectif que l’Etat cherche à atteindre. Il n’y a tout simplement pas assez de moyens pour verser des bourses suffisantes aux étudiants. Selon les politologues, l’Etat ne pourrait donc remédier à cette carence qu’en faisant appel aux milieux d’affaires. Alexeï Makarkine, premier vice-président du Centre des technologies politiques, souligne que l’Etat ne pourrait assurer aux étudiants qu’une source de revenus supplémentaires pour la période des vacances.
"Ces brigades ne pourront pas remplacer les travailleurs immigrés venant des anciennes républiques soviétiques: les employeurs cherchent une main-d'œuvre bon marché et dépourvue de droits, ce qui n’est pas le profil des étudiants russes. Il s’agit donc juste d’un effort pour réduire le mécontentement des étudiants car les autorités redoutent leurs éventuelles protestations", résume Alexeï Makarkine.

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