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RIA Novosti

Sciences et espace

La science et les technologies russes au jour le jour

11:16 16/02/2008

Hydrates de gaz/ Indo-Européens/ TIC/ méduses-Volga/ vaccin-grippe aviaire

Des Hydrates de gaz pour remplacer le gaz

L'académicien Oleg Favorski propose que le gouvernement encourage l'étude et l'exploitation des hydrates de gaz - une combinaison d'eau et de méthane - pour palier un éventuel déficit de gaz.

"A côté du gaz, qui nous est familier, il existe dans les mers des hydrates de gaz. Ce sont d'énormes sources d'énergie. Produire du gaz à partir de ces hydrates représente une entreprise extrêmement complexe, mais ce serait pour la Russie un objectif des plus nobles pour les siècles à venir", estime l'académicien Favorski. Il dirige, au sein de l'Académie des sciences russe, la section Energie du département Energie, mécanique et processus de gestion.

Les hydrates de gaz (de méthane) se présentent sous la forme d'une structure cristalline solide: de la glace avec des molécules de gaz incrustées. Ils ont été découverts il y a relativement peu de temps dans le permafrost et sur le fond des océans. De par leur ampleur, estiment les scientifiques, ces gisements dépassent de loin toutes les réserves de pétrole et de gaz naturel prospectées. Ces combinaisons d'eau et de méthane retiennent l'attention, compte tenu de leur utilisation possible comme combustible ou comme matière première chimique.

Selon Oleg Favorski, on compte de nombreux gisements de ce type dans l'océan Glacial Arctique ainsi que dans la région du Kamtchatka. La Russie possèderait ainsi le tiers des réserves mondiales d'hydrates de gaz. Il faut absolument que l'Etat s'occupe de l'étude et de la production du gaz à partir des hydrates, estime l'académicien: les compagnies privées ne sont pas intéressées à investir dans des projets à long terme dont le résultat ne sera perceptible que d'ici 20 ou 30 ans.

Le ministère russe du Développement économique et du Commerce s'attend à ce que le pays commence à manquer de gaz à partir de 2010. Selon ses experts, si la Russie veut maintenir son rythme de croissance actuel élevé, elle aura besoin d'accroître sa production de gaz et d'électricité. L'académicien souligne pour sa part que si la technique d'exploitation des gisements d'hydrates de gaz se trouve encore à son stade initial, des pays tels que les Etats-Unis, le Canada ou le Japon s'y sont déjà mis sérieusement.

Les études menées en Russie, des années 60 aux années 90, ont permis de révéler l'existence d'hydrates de gaz sur les sites suivants: gisements de condensat de gaz de Iambourg et Bovanenkovskoïé; anticlinal d'Oulan-Iouriakhskaïa; secteur de la colonne diamantifère d'Oudatchnaïa; gisements aurifères de la région de la Kolyma, de la Tchoukotka et de la Boureïa.

D'après les dernières évaluations de l'Institut national de recherche du gaz, environ 30% du territoire de la Russie aurait une propension à l'accumulation d'hydrates de gaz. Les ressources en gaz naturel contenues dans les hydrates du plateau continental et du sol russes sont estimées entre 100 et 1.000 billions de mètres cubes (rappelons qu'un billion équivaut à mille milliards, et que la production annuelle russe de gaz de ces dernières décennies se chiffre en centaines de milliards de mètres cubes).

Nouvelle hypothèse sur le berceau des Indo-Européens

Les steppes de la Russie méridionale et de l'Ukraine pourraient bien être le berceau des Indo-Européens, selon le chercheur russe Konstantin Krassoukhine, dont l'opinion est rapportée par le site inauka.ru.

La localisation du foyer originel des Indo-Européens est au coeur d'un débat. De nombreux chercheurs comparatistes ont avancé à ce sujet leurs hypothèses, a rappelé le professeur Konstantin Krassoukhine, responsable du département de linguistique théorique de l'Institut de linguistique de l'Académie des sciences russe, lors de la 6e Conférence internationale "Aspect historique des contacts linguistiques", qui s'est déroulée à la faculté des lettres de l'Université d'Etat Lomonossov de Moscou.

Ainsi, selon la théorie anatolienne, les Indo-Européens proviendraient de la Turquie centrale et leur expansion en Eurasie serait liée au développement de l'agriculture. D'autres chercheurs désignent l'Asie mineure comme le lieu d'habitation le plus ancien des tribus indo-européennes, ou bien encore les Balkans septentrionaux et l'Europe centrale.

"Mais tout le monde s'accorde à dire que ce sont les Indo-Européens qui ont, les premiers, domestiqué le cheval, ce qui leur a permis de se répandre en Eurasie, des îles britanniques à l'Inde et à la Chine", note Konstantin Krassoukhine. Selon lui, les steppes de la Russie méridionale et de l'Ukraine seraient le berceau le plus vraisemblable du cheval. Et donc des Indo-Européens. Cela est confirmé, relève le chercheur, par des données étymologiques, la reconstitution du processus d'emprunt des appellations du cheval dans les langues indo-européennes permettant de reconstituer aussi le tableau des relations indo-européano-mésopotamiennes et préasiatiques.

Technologies de l'information et internet: la Russie en bonne position

La Russie se situe en bonne position au niveau du développement du secteur des TIC (technologies de l'information et de la communication), indique le site inauka.ru. La société d'études eMarketer prévoit quant à elle que les internautes russes représenteront le deuxième marché européen d'ici la fin de l'année, rapporte le site nr2.ru.

Selon des chercheurs de la London Business School, la Russie présente de meilleurs indices que bien des pays au niveau de la formation, de l'accès à Internet et de l'utilisation des technologies mobiles dans le monde des affaires. Elle devance l'Inde, la Chine, la Malaisie, le Brésil et beaucoup d'autres pays connaissant un développement rapide. Une note de 6,11 sur 10 lui a été attribuée.

"Globalement, pour les indices d'efficacité de l'utilisation des TIC entrant dans cette évaluation, la Russie se situe à un niveau comparable à celui de pays ayant une économie innovante, tels la Finlande et le Royaume-Uni", se félicite-t-on au ministère russe des Télécommunications et des Technologies de l'information. Ce bilan indique également que la Russie possède un capital humain assez important, qui peut être un élément intéressant pour le passage du pays à un modèle innovant de développement économique.

L'étude des spécialistes britanniques reflète la situation réelle de l'influence des TIC en Russie sur la croissance économique du pays, a déclaré pour sa part le ministre en charge de ce portefeuille, Leonid Reïman. "Dans le monde moderne, une économie qui, comme celle de la Russie, utilise efficacement les technologies de l'information et de la communication, possède un gros potentiel de développement et apparaît comme très attractif pour les investisseurs", a ajouté le ministre.

Par ailleurs, avec 40,3 millions d'utilisateurs du web (*), la Russie devrait constituer d'ici fin 2008 le deuxième marché Internet d'Europe, derrière l'Allemagne. D'ici 2010, les internautes russes devraient être quelque 50 millions, selon cette même étude. Ces 40,3 millions d'internautes ne représentent pourtant que 28,6 % de la population du pays. Autant dire que la marge de progression est encore considérable.

Selon une autre enquête, effectuée par la société canadienne Maravedis, la Russie fait par ailleurs partie des cinq pays les plus prometteurs pour la diffusion de la technologie sans fil à large bande permettant l'accès à Internet. La demande croît dans ce secteur beaucoup plus rapidement que les possibilités de l'infrastructure existante. D'ici 2012, le nombre des utilisateurs russes du WiMax devrait ainsi atteindre les 4 millions.

* (La société eMarketer considère comme un utilisateur d'Internet toute personne s'y connectant au moins une fois par mois, quel que soit le point de connexion.)

Des méduses tropicales dans la Volga

Une colonie de méduses que l'on trouve d'ordinaire dans les lacs et cours d'eau des régions tropicales a été mise à jour dans un réservoir d'eau attenant à la Volga. Les  chercheurs imputent ce phénomène au réchauffement de la planète, rapportent les sites nr2.ru et inauka.ru.

Cette découverte a été effectuée par une expédition scientifique de l'Institut Papanine de biologie des eaux intérieures de l'Académie des sciences russe, menée dans la région du Réservoir de Rybinsk (également appelé mer de Rybinsk). La présence de méduses provient probablement du déversement des eaux de ballast de navires venus du sud. Il s'agit de la seule variété existant de méduses d'eau douce, inoffensives pour l'homme. Les scientifiques estiment qu'elles vont désormais se répandre dans la Volga.

Selon les chercheurs, c'est le réchauffement de la planète qui serait à l'origine de cette migration. Iouri Slinko, chef du laboratoire d'écologie de l'évolution de l'Institut de biologie des eaux intérieures, a fait une déclaration en ce sens à l'Anneau d'or, un journal de Iaroslav. Une variation de seulement 0,5 degré de la température suffit à provoquer de sérieuses perturbations dans les écosystèmes, note-t-il.

Les hivers plus cléments que l'on a connus ces dernières années, ainsi que des températures plus égales l'été favorisent l'allongement de la période de végétation dans les réservoirs. Ce qui conduit au développement d'algues et invertébrés unicellulaires, qui fournissent une base alimentaire pour les poissons. Avec pour conséquence que des espèces plus méridionales viennent emplir les niches écologiques, trouvant ici d'excellentes conditions pour se multiplier, explique Iouri Slinko.

Développement d'un vaccin russe contre la grippe aviaire

Un vaccin destiné à protéger l'homme de la grippe aviaire a été mis au point dans l'Oural. Les tests sur l'homme devraient débuter très prochainement, annonce le site annews.ru.

Des chercheurs de l'Institut de synthèse organique de la Section ouralienne de l'Académie des sciences russe travaillent à l'élaboration de ce sérum, censé bloquer la propagation de la grippe aviaire dans l'organisme humain.

"Dans le mois qui vient, nous devrions obtenir du Service fédéral de surveillance de la santé et du développement social l'autorisation de tester notre vaccin sur l'homme, a déclaré Oleg Tchouparine, responsable scientifique de cet institut et récent lauréat du Prix Demidov-2007. Les tests sur l'animal ont été positifs. Le sérum a montré tout à la fois son efficacité et son innocuité."

Le médicament, appelé "triazavérine", sera tout d'abord administré à des patients atteints d'une grippe ordinaire. Tous les tests de l'étape finale seront conduits à l'Institut de recherche de la grippe de l'Académie des sciences russe, à Moscou. Ce n'est qu'ensuite que la décision sera prise d'autoriser ou non l'utilisation de ce produit dans les autres hôpitaux russes.

La préparation antivirale est insensible aux mutations du virus de la grippe: tout comme les autres préparations de ce type, elle agit non pas sur le virus, mais sur le mécanisme cellulaire infecté. Les chercheurs ont également de bonnes indications en matière de lutte contre la toxicologie.

Les travaux sur ce nouveau médicament avaient débuté voilà une vingtaine d'années. Ils avaient dû être arrêtés, faute de moyens. Les chercheurs ont pu les poursuivre après avoir reçu un Prix du ministère russe de l'Education et de la Recherche, en 2007. Les premiers tests de ce sérum ont été réalisés au niveau cellulaire, et 90 % des résultats ont pu être obtenus à ce niveau.

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