Société
Xénophobie en Russie: plus de 80 agressions en trois mois (ONG)
La plupart des infractions de ce type sont commises dans les grandes villes, ce qui démontre une prévention insuffisante et une aggravation des tensions interethniques. Dans la période du 1er janvier au 25 mars, Moscou recensait 28 tués et au moins 57 blessés, et Saint-Pétersbourg en dénombrait 8 et 6 respectivement.
Parmi les victimes des agressions l'ONG russe cite treize Kirghizes (9 tués), vingt-huit Tadjiks (6), neuf Ouzbeks (8), huit Azerbaïdjanais (5), treize Russes (3), trois Turcs (2), deux Arméniens (2), deux Kalmouks (2), deux Tziganes (2), un Daghestanais (1), un Moldave (1), six ressortissants du Proche-Orient, quatre Africains, trois Indiens, trois Chinois, un Bouriate, un Ossète, un Turkmène, un Coréen, un Français et un Suédois.
"Cette étude montre une forte augmentation des agressions meurtrières. En 2007, la Russie enregistrait tous les mois 6 à 7 morts et 26 blessés, autrement dit deux fois moins de meurtres et à peu près la même quantité de blessés", précise le communiqué du Bureau des droits de l'homme de Moscou.
Parmi les raisons de cette recrudescence des meurtres xénophobes, on cite la naissance de bandes de skinheads spécialisées dans les meurtres.
L'ONG russe a par ailleurs constaté une meilleure répression des crimes xénophobes. "En janvier-mars 2008, plusieurs dizaines de personnes ont été condamnées, dont la plupart pour des infractions à caractère nationaliste", souligne le document.
Le Bureau des droits de l'homme de Moscou a tout particulièrement fait ressortir le rôle des ONG et de la presse "consciencieuse" qui sensibilisaient les autorités à la recrudescence des crimes nationalistes et racistes.

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