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RIA Novosti

Zoom sur la presse russe

Revue de la presse russe du 30 octobre

14:43 30/10/2009
MOSCOU, RIA Novosti

Kommersant

Le nouveau traité START pourrait être signé avant la remise du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama

La Maison Blanche est impatiente de signer un nouveau traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs d'ici le 10 décembre, date à laquelle le Prix Nobel de la Paix sera remis, à Stockholm, au président américain Barack Obama. La Russie est prête à lui faire ce plaisir, lit-on dans le quotidien Kommersant.

Le conseiller du président américain à la sécurité nationale, James Jones, a transmis hier à Moscou les propositions américaines qui témoignent, selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, "de progrès dans les pourparlers".

Le problème de la réduction des vecteurs d'ogives nucléaires, ainsi que l'exigence de la Russie de mentionner dans le traité la corrélation entre les armements stratégiques défensifs et offensifs faisaient partie des questions les plus litigieuses. L'un des participants russes aux pourparlers avec le général James Jones a assuré que le problème des vecteurs et la question de la corrélation entre les armements offensifs et défensifs avait été réglé. "Des compromis ont été trouvés sur ces points, a annoncé un interlocuteur du journal sans fournir plus de détails. Mais nous avons encore certaines préoccupations, sur lesquelles pour l'instant nous ne nous sommes pas entendus avec les Américains. D'ailleurs, le processus continue".

 Le Traité START-1 (de réduction des armements stratégiques) expire le 5 décembre.  Refusant catégoriquement d'expliquer en quoi consistent les divergences et quels sont les progrès, les parties annoncent néanmoins unanimement la signature du traité START dans les délais prévus. "Probablement, au moment du sommet de l'APEC (sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique) qui se tiendra le 14 novembre à Singapour, les négociateurs informeront les présidents du travail accompli sur le traité et leur proposeront de prendre une décision sur les questions les plus complexes", indique une source au Kremlin.

 L'interlocuteur a également ajouté que la Maison Blanche avait l'intention de préparer le traité et de le signer dans les délais prévus. "La remise des Prix Nobel aura lieu le 10 décembre à Stockholm. Nos partenaires voudraient que le document soit déjà signé lors de la remise du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama", a expliqué la source au Kremlin. Nous n'avons pas d'objections".

Kommersant

Abkhazie-Ossétie du Sud: pas de crédits russes pour le président équatorien

Le président Dmitri Medvedev a longuement écouté hier son homologue équatorien Rafael Correa lui parler de la grandeur de la Russie, mais ce dernier n'a pas prononcé une seule phrase sur la reconnaissance par l'Equateur de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Par conséquent, le président équatorien quittera Moscou sans crédits russes, lit-on dans le quotidien Kommersant.

Ces derniers temps, la Russie coopère énergiquement avec l'Amérique latine, en vue de la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Ce geste amical à l'égard de Moscou a déjà été fait par le Nicaragua et le Venezuela. Rafael Correa a beaucoup parlé hier de l'affinité de positions entre Moscou et Quito. Cependant, à la fin du long discours du président équatorien, il était clair même pour les optimistes que ce dernier ne prononcerait pas le moindre mot sur Soukhoumi et Tskhinvali.

Moscou espérait que Rafael Correa convertirait la phrase tant attendue en crédit russe pour l'achat d'armes, comme l'a fait Hugo Chavez. Le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, a déclaré hier que Quito demandait un prêt à la Russie et le chef du Service fédéral pour la coopération militaire, Mikhaïl Dmitriev, a confirmé que l'Equateur s'intéressait à l'achat de nouveaux lots d'armes russes. La Russie était prête à accorder à Quito 200 millions de dollars à ces fins, une somme modeste par rapport au milliard de dollars promis et aux 2,2 milliards de dollars emportés de Moscou par Hugo Chavez. Apparemment, les parties ne se sont pas entendues sur la somme.

Selon les interlocuteurs de la délégation russe, d'autres facteurs sont aussi entrés en compte. La situation de Rafael Correa est bien plus stable que celle de Daniel Ortega et même d'Hugo Chavez, dont les régimes sont particulièrement vulnérables depuis la crise. Le président équatorien a récemment modifié la constitution et a été réélu en avril sans rencontrer aucun problème, son parti est majoritaire au parlement et sa cote de popularité ne descend jamais sous le seuil des 50%. La chute des prix du pétrole a affecté le budget équatorien, mais Quito a récemment reçu des crédits à long terme de 1,5 milliard de dollars, ce qui le préserve des difficultés. Qui plus est, les Etats-Unis restent l'acheteur principal du pétrole équatorien, le président Rafael Correa ne souhaite donc pas voir se détériorer les rapports avec Washington. Enfin, la riche Chine manifeste son intérêt pour l'Equateur. "Les Chinois sont prêts à participer à n'importe quel projet en Equateur, en accordant d'immenses crédits et avec des exigences minimales", a déclaré l'ambassadeur de Russie en Equateur Ian Bourliaï.

Bref, une proposition commerciale modeste de la part de Moscou qui relierait Rafael Correa à la Russie par des liens politiques trop solides, n'arrange pas le président équatorien.

Gazeta.Ru et Vedomosti

La Russie maintiendra le moratoire sur la peine de mort

Le Kremlin trouvera le moyen de maintenir le moratoire sur la peine de mort. Dmitri Medvedev en parlera dans son message adressé au parlement. Le moratoire doit être officialisé par la Cour constitutionnelle et les législateurs. Ce serait un des moyens d'ajourner la mise en place de cours d'assises en Tchétchénie, lit-on vendredi dans les quotidiens Gazeta.Ru et Vedomosti.

La session plénière de la Cour suprême a demandé à la Cour constitutionnelle d'expliquer comment on peut maintenir le moratoire sur les sentences de mort dans la situation où les clauses précédentes du moratoire ne sont plus en vigueur.

En 1999, la Cour constitutionnelle a introduit le moratoire qui doit rester en vigueur jusqu'à la mise en place de cours d'assises sur tout le territoire de la Russie. A partir du 1er janvier 2010, la cour d'assises fonctionnera dans la dernière région, la Tchétchénie, où les collectivités locales élues le 11 octobre formeront ces cours. "La Cour suprême estime que cette décision de la Cour constitutionnelle peut engendrer une juridiction contradictoire des tribunaux", lit-on dans la requête de la Cour suprême.

Le président du Comité des affaires internationales de la Douma (chambre basse du parlement russe) Konstantin Kossatchev rappelle que lors de son adhésion au Conseil de l'Europe, la Russie s'est engagée de son plein gré à abolir la peine de mort vers 1999 et la communauté européenne est allée au-devant de Moscou, lorsqu'il ajournait sa décision selon différents prétextes. La Russie a signé le Protocole 6 de la Convention européenne des droits de l'homme interdisant la peine de mort, mais la Douma ne l'a toujours pas ratifié.

Ainsi que l'a déclaré au quotidien Vedomosti une source proche de l'administration présidentielle, la Russie n'est aujourd'hui prête ni à abolir la peine de mort, ni à ratifier le protocole, c'est pourquoi des mécanismes juridiques permettant de faire traîner en longueur la formation des cours d'assises en Tchétchénie ou d'autres moyens de régler le problème sont à l'étude.

Il est peu probable que les cours d'assises commencent à fonctionner à partir du 1er janvier en Tchétchénie, a déclaré au quotidien Gazeta.Ru un employé du bureau du Commissaire aux droits de l'homme dans la république. Les préparatifs nécessaires à cela font encore défaut, a-t-il indiqué.

La variante idéale serait d'exclure du Code pénal les articles autorisant la peine de mort, estime le président de la Commission de la Chambre sociale pour le contrôle sur les organes judiciaires Anatoli Koutcherena.

Le moratoire sur la peine de mort ne sera pas levé, le président se prononcera à ce sujet dans son message au parlement, a déclaré au quotidien Gazeta.Ru un employé de l'administration du Kremlin.

Une source proche de la Cour suprême estime que la Cour constitutionnelle peut ne pas maintenir longtemps sa décision et que Moscou voudrait continuer à se servir de la question de la peine de mort comme d'un élément dans son marchandage avec l'Europe.

Gazeta.Ru et RBC daily

La majorité écrasante des Russes ont besoin de l'opposition

Plus de 70% des Russes estiment qu'une opposition qui exercerait une réelle influence sur la vie du pays doit exister en Russie. Leur nombre ne cesse de s'accroître depuis le début des années 2000. Il est vrai que les citoyens ont une attitude plutôt négative envers l'opposition actuelle, lit-on vendredi dans les quotidiens Gazeta.Ru et RBC daily.

71% des personnes interrogées au cours du sondage fait entre le 16 et le 19 octobre par le Centre Levada sur 1600 Russes estiment que le pays a besoin de mouvements sociaux ou de partis qui seraient dans l'opposition et qui "exerceraient une réelle influence sur la vie du pays". Ce point de vue a été exprimé par 56% des Russes en 2002, 61% en 2005 et 66% en 2007. Aujourd'hui, 16% des interrogés ne jugent pas nécessaire d'avoir une opposition, contre 20% en 2007.

A en juger par le dernier sondage du même Centre Levada (octobre 2009), le nombre de ceux qui ont besoin de l'opposition et de ceux qui approuvent l'activité du pouvoir actuel - du président Dmitri Medvedev (72%) et du premier ministre Vladimir Poutine (78%) - est à peu près le même.

Le politologue Dmitri Orechkine n'y voit aucune contradiction : "C'est au pouvoir que les gens rattachent l'amélioration du niveau de vie et l'établissement de l'ordre dans le pays, mais, en même temps, ils ont acquis une expérience sociale: certains sont déçus des élections, d'autres n'apprécient pas les propos, considérant que le parlement n'est pas un endroit de discussions, d'autres encore sont mécontents que des décisions à l'évidence raisonnables aient été traitées avec mépris par le pouvoir triomphant. Les gens commencent à comprendre qu'une alternative est nécessaire".

Certains experts estiment que les citoyens considèrent comme l'opposition des partis qui sont, en réalité, contrôlés par le Kremlin. "En 2002, la situation en Russie n'était pas encore stable et nombreux étaient ceux qui craignaient que l'opposition ne déstabilise le pays", a fait remarquer le directeur général adjoint du Centre de technologies politiques Alexeï Makarkine. Selon lui, l'opposition actuelle diffère radicalement de celle qui existait auparavant. "Ils font partie du système, il est difficile de croire que le  le Parti communiste (KPRF) ou le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) puissent représenter une menace pour la stabilité de l'Etat russe".

L'attitude du KPRF, du LDPR et du parti Russie Juste qui ont démonstrativement quitté la salle de la Douma lors de l'examen des résultats des élections du 11 octobre, ne fait que souligner "les véritables désirs de l'opposition: obtenir leur part de pouvoir", estime le président du Centre de conjoncture politique de la Russie Konstantin Simonov.

Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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