Zoom sur la presse russe
Revue de la presse russe du 8 février

Revue de la presse russe du 8 février
© flickr.com/ by pedrosimoes7Sur le même sujet
Nezavissimaïa gazeta
Washington sape la coopération avec Moscou sur la défense antimissile
Les perspectives de coopération éventuelle entre la Russie et les Etats-Unis dans la création de la défense antimissile commune sont redevenues vagues, lit-on lundi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Après la déclaration du président roumain, Traian Basescu, sur la volonté de son pays d'accueillir des éléments du bouclier antimissile américain (ABM) sur son territoire, le Département d'Etat américain s'est empressé de confirmer qu'en plus des éléments terrestres en Roumanie, un élément maritime de l'ABM serait déployé également en mer Noire.
Selon le général Viktor Essine, ex-chef d'état-major des Troupes balistiques stratégiques russes (RVSN), le déploiement envisagé d'éléments de défense antimissile tactique américaine sur le territoire de la Roumanie (missiles Standart) ne représente pas une menace pour le potentiel russe en missiles nucléaires. Ces systèmes sont destinés à intercepter des missiles de portée moyenne et de plus courte portée.
Pour le moment, la portée des Standart ne dépasse pas 300 km (après leur modification, de 500 à 1000 km). Nos sous-marins porteurs de missiles balistiques ne sont pas déployés en mer Noire et notre base terrestre de missiles stratégiques la plus proche se trouve dans les environs de Saratov.
Selon le général, le stationnement en mer Noire de navires américains dotés de systèmes de défense antimissile sape la stabilité régionale. Mais la "variante roumaine" de défense antimissile n'entraînera pas, selon l'expert, l'apparition d'une menace semblable à celle du déploiement d'intercepteurs stratégiques américains en Pologne.
Le plan de déploiement de la troisième zone de positionnement du bouclier antimissile américain élaboré par l'administration Bush, prévoyait l'installation de 10 missiles intercepteurs GBI de stationnement en silos en Pologne et d'un puissant radar en République tchèque. Selon les spécialistes russes, ces armements étaient destinés à contrer les forces de dissuasion nucléaire russes.
A l'automne 2009, certains sceptiques doutaient que l'"abandon" du bouclier antimissile en Europe ait été dicté par l'esprit de paix du nouveau président américain. Mais les commentaires enthousiastes vantant le pacifisme d'Obama avaient pris le dessus.
Le vice-recteur de l'Institut des relations internationales de Moscou (MGUIMO), Alexeï Bogatourov, compare cette situation avec le retrait de missiles américains de Turquie en 1960, lors de la crise des Caraïbes.
En réalité, les Américains avaient tout simplement doté leurs sous-marins de ces missiles.
Moscou est déçu de voir Washington s'entendre, comme c'était déjà le cas sous George W. Bush, sur le déploiement du bouclier antimissile en Europe sans consulter la Russie.
Alexeï Bogatourov estime qu'un coup dur a été porté aux espoirs d’un sérieux dialogue sur la défense antimissile entre la Russie et les Etats-Unis d'Obama.
Izvestia
Doctrine militaire : la Russie met de coté la matraque nucléaire
L'OTAN est redevenue notre adversaire principal. Dans la nouvelle doctrine militaire entérinée par le président Dmitri Medvedev, l'élargissement de l’alliance atlantique est qualifiée de principale menace pour la Russie, lit-on lundi dans le quotidien Izvestia
Parmi les menaces, figurent également le déploiement des systèmes de défense anti-missiles, la militarisation de l'espace, le déploiement d’armements stratégiques non nucléaires de haute précision, de même que les revendications territoriales envers la Russie et ses alliés et l'intervention dans leurs affaires intérieures.
Comme dans le document militaire précédent, pour parer à toutes ces menaces, Moscou se réserve le droit d'utiliser l'arme nucléaire. Mais cela y est formulé de façon bien distincte de la disposition sur le recours possible à des frappes nucléaires préventives énoncées auparavant par des représentants du Conseil de sécurité russe.
«Dans la doctrine entérinée par Dmitri Medvedev, c’est précisément cette formulation qui est sensationnelle», estime Igor Korotchenko, membre du Conseil public auprès du ministère de la Défense.
«Le fait que le paragraphe sur les coups nucléaires préventifs soit exclu du texte final est un élément positif, se réjouit le président de l'Institut des évaluations stratégiques, Alexandre Konovalov. Tout aussi important est le paragraphe stipulant que la décision concernant le recours à l'arme nucléaire constitue la prérogative du président. Bien que cela paraisse être une évidence, il faut absolument le rappeler à nos militaires».
«Je doute que les stratèges militaires russes utilisent l'arme nucléaire au cours de conflit, estime Vadim Koziouline, professeur à l'Académie des sciences militaires. Mais en l'absence d’alliés réels et faute de puissance militaire réelle, des paroles intimidantes peuvent servir d’ultime argument pour assurer la sécurité des frontières».
Les experts notent que, contre toute attente, la nouvelle doctrine militaire semble moins dure que la précédente. Probablement pour ne pas gâter l'image de Moscou aux yeux du monde. A l'étranger, les réactions à la thèse «sur l'attaque préventive» ont été très réservées : en Occident, on déclare déjà que "les Russes sortent de nouveau leur matraque nucléaire».
Il existe aussi une autre raison: Moscou ne veut pas compliquer les pourparlers russo-américains sur le nouvel traité concernant les armements stratégiques offensifs (START). Néanmoins, elle laisse clairement entendre que les armements nucléaires et leur développement demeurent une priorité nationale.
Vedomosti
La situation autour des recherches nucléaires de l'Iran devient de plus en plus embrouillée
Les déclarations contradictoires des personnalités officielles iraniennes sur le programme nucléaire sont typiques pour le régime actuel qui, depuis plusieurs années, change en permanence de positions, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.
En ce sens, la politique de Téhéran ressemble de plus en plus à celle de la Corée du Nord.
Mais si le chantage aux missiles nucléaires contre la communauté internationale permet à Kim Jong-Il de garder le pouvoir et d'obtenir une aide humanitaire, les enjeux d'Ahmadinejad vont bien plus loin.
L'Iran prétend jouer un rôle de leader économique et spirituel dans la région. Une aide économique n'est pas tant nécessaire à Téhéran, car il est capable d’assumer lui-même ses besoins, son marché étant attrayant pour de nombreuses compagnies occidentales.
Le programme nucléaire iranien suscite une réaction négative de l'Occident entraînant une union symbolique du monde islamique.
Tant qu'Ahmadinejad et les ayatollahs défendent le droit de leur pays au programme nucléaire, leurs positions politiques intérieures resteront assez solides.
Il est plus difficile de réagir au chantage de l’Iran qu'à celui de la Corée du Nord. Les sanctions contre Téhéran sont une arme à double tranchant. Leur durcissement affectera la vie de la population, permettra à Ahmadinejad et à son entourage de marquer des points dans la lutte contre les "infidèles" et mettra fin à l'accès des inspecteurs de l'AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) aux sites nucléaires.
La solution militaire du problème est douteuse, pour ne pas dire plus. Pour les Etats-Unis et leurs alliés, il serait très difficile de lancer une guerre de grande envergure dans la région après les deux guerres irakiennes et celle qui n’en finit pas en Afghanistan. Une telle décision, sur le plan politique est presque impossible.
Pour l'instant, dans ses négociations avec Téhéran, l'Occident utilise la carotte (promesse de coopération) et le bâton (menace de sanctions). Il y a également des tentatives de provoquer des changements culturels et politiques à l'intérieur de l'Iran.
Quant aux pays d'Occident, ils modifient leurs systèmes de défense.
Dans l'ensemble, cette stratégie n'inspire pas l’espoir d’un désamorçage imminent de la situation, bien qu'elle puisse maintenir longtemps une certaine parité.
Il convient tout de même d'attirer l'attention sur les facteurs qui sont jusqu'à présent sous-estimés. Le conflit avec l'Iran s'inscrit dans le conflit culturel entre l'Orient et l'Occident. L'Occident essaie de régler le problème selon ses propres lois et notions, sans réfléchir aux fondements culturels de la vie et de la politique de l'Iran chiite.
Les hommes politiques iraniens exploitent, au contraire, avec succès la méfiance et l'hostilité de l'islam envers les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble.
Pour utiliser une "force douce" efficace, il ne suffit pas de vanter ses propres valeurs.
Kommersant
Réviser l’accord gazier avec la Russie coûterait à l’Ukraine 3,586 milliards de dollars
C’est aujourd’hui qu’expire le délai pendant lequel le chef du gouvernement ukrainien, Mme Ioulia Timochenko, devait engager des négociations avec la compagnie autrichienne Centragas, cofondateur du trader gazier suisse Rosukrenergo (capital appartenant à parts égales à Centragas et à Gazprom), au sujet de la restitution de 11 milliards de m3 de gaz (plus de 3,5 milliards de dollars au total), expropriés par madame Timochenko, l’année dernière, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.
Gazprom nie avoir quelque rapport que ce soit avec la situation présente. Cependant, les experts sont convaincus que Moscou prévient ainsi Kiev que toute tentative de revoir l’accord gazier provoquerait la faillite du monopole énergétique Naftogaz Ukraïny.
En janvier 2009, à la suite des pourparlers entre les premiers ministres russe et ukrainien, respectivement Vladimir Poutine et Ioulia Timochenko, l’intermédiaire (Rosukrenergo, RUE) avait été exclu du schéma de livraison de gaz russe en Ukraine, et Timochenko avait promis de régler elle-même les dettes restantes de la RUE envers Gazprom, mais le chef de gouvernement ukrainien n’a toujours pas régularisé ses relations avec le trader en bonne et due forme. Tant qu’elle était la grande favorite dans la course présidentielle en Ukraine, cela n’avait aucun impact sur les accords gaziers entre Moscou et Kiev. De plus, à sa demande, son homologue russe avait donné l’instruction verbale de n’appliquer à l’Ukraine aucune sanction financière pour être restée en dessous des quotas d’importation de gaz en 2009, bien que cela ait compliqué les relations de Gazprom avec ses partenaires européens (E.ON allemand a déboursé sur ce chapitre 140 millions de dollars).
Cependant, au mois de janvier 2010, Victor Ianoukovitch, le vainqueur du premier tour des présidentielles en Ukraine, a averti la Russie que dès son arrivée au pouvoir il demanderait une révision de tous les contrats gaziers. Une source proche de Gazprom a alors déclaré qu’en cas de tentative de révision des accords gaziers, la partie russe se préparerait à défendre ses intérêts en justice.
Une source proche des négociateurs n’a pas caché que tout cela dépendra de ce que fera le nouveau président ukrainien. « Si l’on proposait à la Russie de revoir les accords, celle-ci présenterait au gouvernement ukrainien une facture pour toutes les dettes de gaz de Rosukrenergo au prix européen moyen », précise l’interlocuteur du journal. Vendredi, lors de la rencontre avec les investisseurs, les dirigeants de Gazprom ont indiqué qu’en 2010, le prix moyen du gaz était fixé à 326 dollars les 1000 m3. Ce qui signifie que Centragas serait en droit de réclamer un total de 3,586 milliards de dollars.
Les observateurs sont enclins à y voir la main de Moscou et un avertissement clair lancé par le Kremlin au vainqueur du second tour de la présidentielle ukrainienne qui s’est déroulée hier, le 7 février, contre le danger de vouloir réviser l’accord gazier de l’an dernier. Kiev a en effet toutes les chances de perdre le procès si Centragas porte l’affaire devant une instance internationale en s’appuyant sur le traité sur la Charte de l’énergie.
Ces textes tirés de la presse russe n'engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

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Revue de la presse russe du 5 février

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