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RIA Novosti

Zoom sur la presse russe

Revue de la presse russe du 17 juin

Revue de la presse russe
13:10 17/06/2010

 

Moskovski komsomolets

La loi "Sur la police" sera conforme aux normes européennes

 Le ministère russe de l'Intérieur a élaboré un nouveau projet de loi qui réglemente le comportement des policiers au cours de leurs opérations. On l'a appris mercredi lors d'une réunion au ministère, écrit jeudi le quotidien Moskovski komsomolets.

 Les premiers chapitres de ce projet ont été présentés par le Secrétaire d'Etat du ministère Sergueï Boulavine, vice-ministre russe de l'Intérieur.

 "Selon l'un des principes formulés par le projet de loi, l'emploi de la force par les policiers n'est possible qu'en cas de nécessité impérieuse et en vue d'atteindre des objectifs stipulés dans la Loi fédérale", a-t-il déclaré. Mais il n'a pas défini la nécessité impérieuse.

 Le projet de loi propose d'ouvrir un dossier spécial sur chaque personne interpellée par les policiers et détenue en maison d'arrêt. Selon le ministère de l'Intérieur, cela doit assurer la protection des droits du citoyen "conformément au code européen de l'éthique policière". Ce dossier doit comporter tous les renseignements sur l'interpellation d'un citoyen, sa détention à la maison d'arrêt et les mesures prises. Sergueï Boulavine estime que "cela permettra de contrôler les actions des policiers à l'égard des personnes en garde à vue".

 

S'il est nécessaire de recourir aux armes en vue d'arrêter des criminels qui ne représentent pas de grand danger, la priorité sera accordée aux armes n'entraînant pas la mort : ce sont des armes à gaz, à électrochocs, etc. "Naturellement, si les criminels sont armés de mitraillettes, il faudra employer d'autres armes", a souligné le vice-ministre de l'Intérieur.

 Les tâches de la police formulées dans le projet de loi sont analogues à celles des organes de maintien l'ordre public de la majorité des pays étrangers. Ce sont, entre autres, la défense des droits fondamentaux des citoyens, les mesures préventives, la révélation des crimes et la lutte contre eux, ainsi que la tâche d'assurer le respect de la loi et de l'ordre public.

Le ministère de l'Intérieur a eu ces derniers mois plusieurs rencontres avec des défenseurs des droits à la liberté d'opinion et des représentants de l'opinion publique, il a lancé une discussion sur son site et analysé les amendements à apporter à la nouvelle Loi "Sur la police". Comme l'a maintes fois souligné le ministre de l'Intérieur, Rachid Nourgaliev, au quotidien Moskovski komsomolets, le critère principal est d'assurer la transparence du ministère. L'essentiel est de ne pas admettre qu'on passe de nouveau d'un extrême à l'autre, lorsque, pour des raisons conjoncturelles, le travail opérationnel et la sécurité des policiers sont mis en péril. Le groupe de travail du ministère qui étudie les propositions concernant la loi en a parfaitement conscience et ne se hâte pas de les accepter sans les étudier minutieusement. Mais à en juger par les propos tenus par Sergueï Boulavine, des changements très sérieux attendent le ministère.

 

Nezavissimaïa gazeta

La Russie doit revoir sa politique dans les Balkans

La semaine dernière, les actions de la Bulgarie sont allées contre les intérêts de la Russie. Le 11 juin, le premier ministre Boïko Borissov a annoncé son intention de renoncer au projet d'oléoduc Bourgas-Alexandroupolis. Le 12 juin, le vice-ministre des Affaires étrangères, Marin Raïkov, a déclaré que le projet de gazoduc Nabucco de l'UE était plus important pour la Bulgarie que celui de gazoduc russe South Stream, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Pour l'instant, Sofia n'a pas dénoncé les accords sur sa participation à ces projets. Mais ses démarches peuvent ralentir leur réalisation.

Derrière ces événements se cachent un problème plus sérieux. En 2000, la Russie avait proclamé sa politique de "dialogue énergétique" avec les pays des Balkans. Pour l'appliquer, Moscou avait conclu des accords de partenariat dans le domaine énergétique avec la Croatie (2002), la Bulgarie (2003), la Hongrie (2007) et la Grèce (2008). En 2007, trois projets importants sont apparus sur leur base: l'oléoduc Bourgas-Alexandroupolis, l'oléoduc Constantza-Trieste et le gazoduc South Stream. La réalisation de ces projets sapait le projet de gazoduc Nabucco élaboré par l'UE qui doit acheminer du gaz centre-asiatique en Europe centrale via la Turquie et la Bulgarie. 

Les récentes démarches de la Bulgarie portent un coup à ce système. Le refus de Sofia de participer aux projets prive la Russie de son principal pays de transit. D'autres pays pourraient suivre l'exemple de la Bulgarie. En raison de la crise financière, la Grèce pourrait renoncer à l'avenir à la construction d'oléoducs et de gazoducs. La Hongrie a signé en 2009 une déclaration sur la construction du gazoduc Nabucco. Il y a aussi le projet d'oléoduc Constantza-Trieste. Mais, depuis janvier 2008, la Roumanie exige la participation de l'UE pour sa réalisation. La volonté de la Slovénie et de la Croatie de ratifier l'accord avec la Russie sur la coopération dans la construction de South Stream n'est pas non plus claire.

Les experts russes voient dans ces événements une pression de l'UE et des Etats-Unis sur les Etats des Balkans. Cependant, le problème est plus profond. Le démembrement de la Yougoslavie et l'aggravation des contradictions américano-turques ont suscité en Bulgarie l'espoir de devenir une puissance régionale. Sofia a l'intention d'atteindre cet objectif en faisant de la Bulgarie un rempart de l'influence américaine en Europe du Sud. Il en découle une inclination antirusse de la politique bulgare. En témoignent la signature des accords de partenariat avec les Etats-Unis dans le domaine politique et militaire et la discussion lancée dans les médias sur la possibilité de création d'une base militaire américaine dans un des ports bulgares sur la mer Noire. Le renoncement du gouvernement de Boïko Borissov aux projets énergétiques avec la Russie est l'aboutissement logique de cette politique.

Cela étant, la Russie doit revoir ses priorités dans les Balkans. Moscou doit lutter pour conserver son partenaire bulgare. Mais, en perspective, il est important de rechercher d'autres partenaires en la personne de la Turquie, de la Roumanie ou de la Hongrie.

 

Rossiiskaïa Gazeta

Cinq jours pour réfléchir

Minsk n’a toujours pas répondu à la demande de Gazprom de rembourser sa dette pour le gaz russe. Au 1 juin, cette dernière s’élève à 192 millions de dollars. Rappelons que la Russie a donné à la Biélorussie cinq jours pour répondre. Par ailleurs, Gazprom a annoncé une hausse probable du prix du gaz pour la Biélorussie jusqu’à 250 dollars les mille mètres cubes à partir de 2011, écrit jeudi le quotidien Rossiiskaïa Gazeta.

Les experts indépendants en Biélorussie estiment que les plaintes d’Alexandre Loukachenko concernant le manque d’argent pour payer la facture de gaz sont infondées.

Il y a de l’argent pour cela et le gaz russe vendu à la Biélorussie est un produit qui, non seulement, ne ruine pas le budget biélorusse, mais au contraire, rapporte de l’argent. Le gouvernement biélorusse revend ce gaz plus cher à la population qu’elle ne l’achète à Gazprom, a expliqué le politologue biélorusse Iouri Barantchik. Autrement dit, ce sont les entreprises industrielles et la population biélorusse qui payent la hausse des prix des ressources énergétiques, et en plus, le budget en tire des bénéfices. Moscou continue à subventionner l’économie biélorusse et cette aide est considérable. Ainsi, la Biélorussie reçoit du pétrole pour sa propre consommation au prix du marché russe et achète du gaz à un prix bien inférieur par rapport au marché mondial.

Minsk, habitué à vivre aux dépends des subventions russes, n’a pas su profiter du délai temporaire assuré par Gazprom pour le passage aux prix du marché mondial, explique Iouri Barantchik.

Le gouvernement biélorusse reporte continuellement les réformes économiques nécessaires à une meilleure intégration économique dans le cadre de l’Union. Si l’on continue à reformer l’économie à ce rythme, le prix du gaz, même de 50 dollars, pourrait paraître à la Biélorussie insurmontable. Les résultats d’une telle politique se font déjà ressentir. Si le salaire moyen en Russie est de 700 dollars, en Biélorussie il est de 350 dollars.

Tous ces problèmes se sont aggravés la veille des élections présidentielles, mais, selon les experts, il s’agit de problèmes internes à la Biélorussie. A en juger par la dernière rencontre entre Dmitri Medvedev et Alexandre Loukachenko, Moscou n’a pas l’intention de s’en mêler. Selon Iouri Barantchik, les cinq jours fixés par le président russe au gouvernement biélorusse pour régulariser le problème de la dette sont un signe que les relations entre Minsk et Moscou ont atteint un stade critique. En cinq jours Minsk doit faire des propositions cohérentes et concrètes aussi bien pour le remboursement de la dette du gaz que pour le futur développement des relations bilatérales et des relations dans le cadre de l’Union douanière.

 

Vedomosti

Des jeux vidéo pour les patriotes

Afin d’éveiller le sentiment patriotique chez les jeunes, le ministère de la Défense propose de mettre à profit l’expérience des États-Unis et de la Chine. Mais il est impossible de changer l’attitude envers l’armée tant qu’elle ne change pas elle-même, écrit jeudi le quotidien Vedomosti.

Hier, durant la rencontre des membres des ministères de la Défense, du Sport et du Tourisme, de l’Education et du Parquet général, consacrée aux problèmes de l’éducation patriotique de la jeunesse, il s’est avéré que la situation s’aggravait en raison de la réduction du « faussé démographique » du contingent des appelés. Plus de 3 000 personnes n’ont pas été appelées en raison de toxicomanie (au total 160 000 sont entrés dans les rangs), a déclaré Nikolaï Pankov, le vice-ministre de la Défense. Par ailleurs, les bureaux de recrutement continuent à convoquer des jeunes inaptes au service pour des raisons médicales. Selon Sergueï Fridinski, le procureur militaire en chef, jusqu’à 500 personnes appelées sont démobilisées dans les trois premiers mois de service en raison de problèmes de santé.

Andreï Foursenko, le ministre de l’Education, a proposé d’augmenter l’âge limite du service militaire. Auparavant, le ministère de la Défense avait proposé de porter l’âge limite de 27 à 30 ans, mais aucune décision n’a été prise, explique un officier du ministère de la Défense. En raison du manque d’appelés, le ministère de la Défense propose constamment des mesures pour la prolongation de l’appel d’été jusqu’au 1er septembre et pour la simplification du recrutement afin de compliquer son évitement. Aucune décision concrète n’a encore été prise à ce sujet, explique l’officier du ministère de la Défense, mais ces questions font l’objet de débats.

A cette rencontre Iouri Tchaïka, le procureur général, a proposé de résoudre le problème du contingent des appelés en abordant la préparation militaire dès l’école, ainsi qu’en modernisant l’éducation patriotique. Sergueï Sobianine, le vice-premier ministre, a déclaré que l’imitation des modèles soviétiques n’était pas efficace et qu’il conviendrait de développer des jeux vidéo avec une tendance patriotique, comme aux Etats-Unis, et de fabriquer des jouets représentants le matériel militaire national. Selon une source au sein du ministère de la Défense, il existe déjà des propositions concrètes pour le développement de jeux vidéo de la part de plusieurs sociétés, pour une somme de plusieurs centaines de millions de roubles. De tels jeux sont distribués gratuitement aux Etats-Unis et en Chine. Cela pourrait être l’un des moyens d’attirer les jeunes, mais sans l’amélioration de la situation dans l’armée cela ne sert à rien, explique Rouslan Poukhov, membre du conseil public auprès du ministère de la Défense.

 

Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.

 

 

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