
Kommersant
Ramzan Kadyrov critique les défenseurs des droits de l’homme en Tchétchénie
Le président tchétchène Ramzan Kadyrov, dans une interview à la télévision locale, a traité les défenseurs des droits de l’homme de l’organisation Mémorial d’«ennemis du peuple, de la loi et de l’Etat», écrit vendredi 9 juillet le quotidien Kommersant. Qu’est-ce qui a donc poussé le chef tchétchène à utiliser des expressions aussi fortes?
Le courroux de Ramzan Kadyrov a été provoqué par des critiques des défenseurs des droits de l’homme à l’égard des représentants des autorités tchétchènes. Les défenseurs des droits de l’homme avaient condamné le reportage de la chaîne de télévision Vainakh paru en avril dernier. Le reportage montrait la rencontre de Mouslim Khoutchiev, maire de Grozny, et de Zelimkhan Istamoulov, préfet du district Staropromyslovsky de la capitale tchétchène, avec des gens dont les proches étaient, vraisemblablement, partis rejoindre les guérilleros dans les montagnes. Mouslim Khoutchiev a dit, en gros, que les proches de ses interlocuteurs devaient s’attendre au même sort que celui qu’ils imposaient eux-mêmes à la population civile. L’organisation Mémorial s’est adressée au président russe et au parquet général de Russie en leur demandant d’évaluer la légalité de telles déclarations sans, toutefois, obtenir de réponse.
Le 3 juillet sur la chaîne de télévision Grozny, Ramzan Kadyrov a évoqué cette histoire. «Ainsi Oleg Orlov (le chef de Mémorial) est un plus grand patriote de ma république que moi-même? Il se fait du souci pour ma république? Ils (les défenseurs des droits de l’homme) sont largement financés par l’Occident et pour justifier leurs salaires ils publient des saloperies sur Internet. Je ne les considère donc pas comme mes opposants. Ils sont des ennemis du peuple, de la loi et de l’Etat». Ramzan Kadyrov avait accordé son interview en tchétchène, ce sont les employés de Mémorial qui l’ont traduite.
Oleg Orlov n’a pas exclu devoir suspendre l’activité de Mémorial en Tchétchénie après de tels discours du chef de la république. «Lors de la première moitié de 2009, les fonctionnaires tchétchènes avaient constamment pris à parti publiquement les défenseurs des droits de l’homme avec une véhémence croissante. Le 15 juillet 2009, Natalia Estemirova (activiste russe qui défendait activement les droits de l'homme) a été tuée, a rappelé Oleg Orlov. Un an plus tard nous faisons face à la même situation. Les paroles de Ramzan Kadyrov risquent d’avoir des conséquences graves».
Un autre aspect du problème existe: certains experts affirment que ce sont les défenseurs des droits de l’homme qui provoquent l’escalade du conflit en poursuivant leurs propres intérêts professionnels. Oleg Orlov a déclaré, notamment, qu’il réfléchissait déjà à la possibilité de porter plainte contre Ramzan Kadyrov.
Le conflit entre Ramzan Kadyrov et Memorial est intéressant par son aspect manifestement personnel et non pas politique, estime Timour Mouzaïev, politologue et expert en affaires du Caucase. Ramzan Kadyrov a probablement fait sa déclaration dans le feu de l’action, mais il n’est pas exclu du tout qu’une provocation apparaisse par un enthousiaste voulant s’assurer les bonnes grâces du chef de la région. Or, la seule façon d’éviter le conflit pour les défenseurs des droits de l’homme est de se mettre à la recherche des voies de coopération avec les autorités tchétchènes.
Vremia Novosteï
A l’Ouest, beaucoup de nouveau
Les plus grandes manœuvres de l’histoire de la Russie viennent de se terminer. Hier, à l’Etat-major du district militaire de l’Extrême-Orient situé à Khabarovsk, le général Nikolaï Makarov, chef de l’Etat-major de l’armée russe, a dressé le bilan des manœuvres opérationnelles et stratégiques Vostok-2010 (Orient-2010). Ces manœuvres les plus importantes de l’année sont déterminantes pour se prononcer sur la plus grande réforme de l’armée russe depuis la fin de l’Union Soviétique.
Des manœuvres de cette envergure n’ont encore jamais eu lieu dans l’histoire moderne de la Russie, écrit vendredi 9 juillet le quotidien Vremia Novosteï. Elles avaient commencé le 29 juin pour se dérouler sur le territoire des districts militaires de la Sibérie et de l’Extrême-Orient avec la participation des navires de guerre des Flottes du Pacifiques, du Nord et de la Mer Noire ainsi qu’avec les unités de l’armée de l’air. Les organismes fédéraux russes étaient représentés par des groupes et unités opérationnelles du ministère de l’Intérieur, du Service fédéral de sécurité, du Service fédéral de la protection, du ministère des Situations d'urgence et du Service fédéral de l'exécution des punitions.
Le ministre russe de la défense Anatoli Serdioukov a expliqué que Vostok-2010 représentait la seconde étape des manœuvres commencées l’année dernière dans la région du Nord-Caucase sous le nom de Kavkaz-2009 (Caucase-2009), au Nord-ouest russe (Ladoga-2009) et en Biélorussie (Ouest-2009). L’année prochaine, l’étape finale de ces manœuvres de trois ans aura lieu avec la participation des armées de terre, de mer et de l'air, ainsi que de tous les services interarmées.
L’objectif principal des manœuvres Vostok-2010 était de rôder la nouvelle structure d’organisation des effectifs des forces armées, de vérifier l’aptitude des commandements opérationnels et stratégiques ayant remplacé les districts militaires dans la direction des unités interarmées et d’évaluer la capacité des brigades fraîchement constituées d’accomplir les missions compte tenu de la réduction du service actif obligatoire ramené à un an. En même temps les dirigeants des services fédéraux armés ont testé le système unifié d’approvisionnement en matériel et en équipement.
Ont pris part aux manœuvres 20 000 militaires, 2 500 de pièces d’armement et d’équipement militaire, 70 avions et 30 navires. Les manœuvres se sont déroulées sur 18 terrains militaires appartenant à deux districts militaires et à la Flotte du Pacifique.
Le président russe Dmitri Medvedev estime que les manœuvres permettent d’évaluer le degré de préparation de l’Etat au perfectionnement de ses services armés, ainsi qu’à la mise en pratique de plans à long terme de perfectionnement de la défense nationale. Les résultats définitifs des manœuvres montreront l’efficacité des mesures prises en matière de recrutement et d’approvisionnement de l’armée en matériel et en équipement, ils permettront, par ailleurs, d’évaluer les perspectives de la défense nationale.
Nikolaï Makarov, chef de l’Etat-major de l’armée russe, a exprimé hier son contentement des efforts fournis par les troupes. L’aspect le plus important des manœuvres, selon le général, est de tester, dans des conditions réelles et compliquées, les brigades fraîchement constituées dans une situation, en plus, où les recrues n’ont été mobilisées à l’armée qu’un ou deux mois auparavant.
Malgré l’envergure des manœuvres et l’importance qu’elles revêtent pour le ministère de la Défense, seulement deux délégations militaires étrangères, celle de l’Ukraine et celle de la Chine, ont été présentes aux manœuvres, toutes les deux étant dirigées par les chefs adjoints des Etats-majors nationaux respectifs. Mais cette circonstance ne déconcerte point les dirigeants russes.
Parlamentskaïa Gazeta
L’Union douanière est ouverte aux voisins
Les processus d’intégration, dont la nécessité est évoquée depuis la chute de l’URSS, commencent enfin à se mettre en place. La déclaration des présidents russe, kazakh et biélorusse à Astana marque l’entrée en vigueur du Code des douanes de l’Union douanière à partir du 6 juillet ce qui crée un espace douanier commun sur le territoire des trois pays. Cet espace commun avec une population de près de 168 millions d’habitants représente, sans aucun doute, le projet le plus ambitieux sur le territoire de la CEI depuis sa création.
La signature du traité sur la création de l’Union douanière et de l’Espace économique commun en février 1999 et opérée par la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie, ainsi que par le Kirghizstan et le Tadjikistan, n’avait pas impressionné l’opinion publique à l’époque: des documents similaires étaient fréquemment adoptés au sein de la CEI aussi bien avant cet événement qu’après. Quatre ans auparavant, ces mêmes pays (excepté le Tadjikistan) avaient déjà créé une Union douanière, mais celle-ci était restée sur le papier. De nombreuses autres tentatives avortées avaient également été entreprises, écrit vendredi 9 juillet l’hebdomadaire Parlamentskaïa Gazeta.
Le 10 octobre 2000, le même «G5» a signé à Astana un Traité sur la constitution de la Communauté économique eurasiatique (CEEA), une sorte d’équivalent du Marché commun européen. La mise en place de cette nouvelle communauté a traîné en longueur.
En août 2006, le Conseil interétatique a pris la décision de n’inclure initialement dans l’Union douanière que les trois pays qui y étaient prêts. Un an plus tard, à une nouvelle réunion au sommet de la CEEA, le concept de l’union et le plan de sa mise en place prévu pour trois ans ont été accordés. Etrangement, ces délais ont été respectés, pour la première fois depuis la fin de l’Union Soviétique.
Ce sont la Biélorussie et le Kazakhstan qui ont le plus besoin de l’Union douanière et de l’Espace économique commun sur le plan économique : ces deux pays n’ont pas accès à la mer et leurs marchés intérieurs sont limités. C’est pourtant la Russie qui a le plus besoin de ces nouvelles institutions sur le plan politique, car elles étayent son importance géopolitique et son rôle dans l’économie mondiale et améliorent les conditions du climat d’investissement en Russie. Ajoutons que la Biélorussie et le Kazakhstan sont actuellement les pays les plus stables de la CEI avec des succès considérables dans les domaines des infrastructures et de l’économie. La Russie n’aura donc pas besoin de « s’investir » dans la solution des problèmes internes ou externes de ces pays.
Le succès des nouvelles institutions a une importance géopolitique et économique. C’est l’Ukraine, avec ses 46 millions d’habitants qui devra tirer des conclusions sur son intérêt d’adhérer à ces nouvelles structures. Ce pays se voit confronté à peu près aux mêmes problèmes socio-économiques et institutionnels que la Russie et il est le prochain participant aux structures d’intégration. Or, ce sont les avantages éventuels de l’Union douanière pour le Kazakhstan et la Biélorussie qui détermineront la décision de l’Ukraine.
Nezavissimaïa gazeta
L'islam en Russie
L'islam est aujourd'hui la deuxième religion de Russie, mais il n'existe toujours aucune donnée précise sur le nombre de musulmans dans le pays, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Selon les sondages, de 5 à 6% des Russes (près de 7 millions de personnes) se disent musulmans. Les experts indiquent que près de 8-10% de la population, soit 12-15 millions de personnes s'identifient à la tradition culturelle islamique. Selon le ministère russe de la Justice, au 1er janvier 2010, il y avait dans le pays 4127 organisations musulmanes officielles.
D'ailleurs, l'islam est la religion prédominante dans certaines régions russes. Il existe 701 organisations islamiques au Daghestan, 17 en Ingouchie, 155 en Tchétchénie, 124 en Kabardino-Balkarie et 111 en Karatchaevo-Tcherkessie. Plus de la moitié de la population du Tatarstan et du Bachkortostan est musulmane avec 1087 et 559 organisations islamiques.
En Russie, l'islam est le plus répandu parmi les Tatars, les Bachkir, les Koumyks, les Nogaï, les Azerbaïdjanais, les Kazakh, les Ouzbèkes, les Turkmènes, les Kirghiz ainsi que des peuples des familles linguistiques daghestanaise et abkhazo-adyghéenne.
Le sunnisme est la forme principale de l'islam en Russie. Une partie considérable des Azerbaïdjanais professent en Russie le chiisme imamite, mais leurs organisations sont intégrées, en règle générale, à des structures sunnites centralisées. De diverses formes de soufisme sont également répandues au Daghestan, en Tchétchénie et en Ingouchie. Dès 1994 le pays voit la propagation d'un mouvement islamique radical: le salafisme ou le wahhabisme. Aujourd'hui, le salafisme est professé par une partie des Daghestanais et des Tchétchènes, et des communes salafites existent également dans d'autres régions russes.
Le leadership dans la communauté musulmane russe est contesté par la Direction spirituelle centrale des musulmans de Russie (la ville d’Oufa) et le Conseil des muftis de Russie (Moscou). La Direction spirituelle centrale des musulmans de Russie a été crée en 1789 sur l'arrêté de l'impératrice Catherine II sous forme de l'Assemblée spirituelle mahométane d'Orenbourg. Suite aux événements de 1917, cette dernière a été transformée en Direction spirituelle centrale des musulmans. En 1944 elle a été divisée en quatre parties et a reçu le nom de Direction spirituelle des musulmans de la partie européenne de l'URSS et de la Sibérie. En 1992, le VIe congrès des musulmans de Russie et des pays de la partie européenne de la CEI l'a rebaptisée en Direction spirituelle centrale des musulmans de Russie et des pays européens de la CEI.
Le Conseil des muftis de Russie constitue une autre organisation centralisée qui joue un rôle largement décisif dans l'élaboration de la position de l'islam russe. La coopération des directions spirituelles musulmanes du Caucase du Nord est assurée par le Centre de coordination des musulmans du Caucase du Nord.
RBC Daily
Automobile: le marché russe est de nouveau en essor
Juin a été le meilleur mois de l'année pour le marché automobile: les distributeurs russes ont vendu 174800 voitures, soit 45% de plus qu'en juin 2009, écrit vendredi le quotidien RBC Daily.
AvtoVAZ est actuellement le leader absolu: quatre des ces marques ont été les automobiles les plus vendues de juin. La Ford Focus quant à elle a été encore une fois la voiture étrangère la plus demandée.
Selon les données de l'Association of European Businesses (AEB), les ventes russes des automobiles au cours des six premiers mois de 2010 se sont chiffrées à 790500 véhicules, ce qui constitue une hausse de 3% en glissement annuel. En juin, les ventes ont grimpé de 45%, en atteignant 174800 unité, la croissance par rapport au mois de mai 2010 étant de près de 11%.
La position du leader absolu appartient sans doute à AvtoVAZ: au cours des six premiers mois de l'année la compagnie russe a vendu 220700 véhicules ce qui représente une augmentation de 23% en glissement annuel. Qui plus est, les ventes d'AvtoVAZ en juin 2010 ont atteint 512000 voitures, ayant donc dépassé le niveau de juin 2009 de 77%. Chevrolet occupe la deuxième position, pour le troisième mois consécutif, avec 10400 unités vendues en juin. Le total des ventes du constructeur américain au cours des six premiers mois de l'année se chiffre à 53000 véhicules (une baisse de 12% en glissement annuel). Kia arrive en troisième position avec 10000 automobiles vendues (+91%).
La quatrième position a été un véritable champ de bataille entre Ford et Renault. Les Français avaient remporté le mois de mai ; en revanche, en juin la compagnie américaine a réussi à les repousser en arrière, au 5ème rang. Le fait est que les ventes de Ford ont atteint en juin 9800 unités (+115%), alors que celles de Renault n'ont constitué que 8500 voitures (+19%). Néanmoins, au cours des six premiers mois de l'année le constructeur français est arrivé à vendre en Russie 42200 automobiles (+15% en glissement annuel). Les résultats de Ford font au contraire preuve d'une baisse de 20%, à 39300 véhicules.
La Ford Focus est pourtant devenue la voiture étrangère la mieux vendue en Russie. Ces ventes ont atteint 7500 unités en juin, ce qui est 181% de plus qu'en juin 2009. La Renault Logan, la marque bas de gamme de la compagnie française, n'a pas impressionné par des ventes élevées: les distributeurs ont vendu 5400 automobiles, un chiffre identique à celui de juin 2009.
Le directeur du développement d'Auto-dealer.ru Oleg Datskiv estime que le marché automobile montre actuellement de bons résultats, mais ce dynamisme pourrait "se réduire à rien" dans les mois à venir, car le marché fait toujours preuve d'une accalmie en août-septembre.
Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti.