Zoom sur la presse russe
Revue de la presse russe du 27 juillet 2010

Revue de la presse russe
© flickr.com/ by pedrosimoes7Delovoï vtornik
Drogues : une menace pour la sécurité internationale
Les répercussions du trafic de stupéfiant à l'échelle internationale témoignent de la nécessité pour la communauté internationale de se mobiliser pour lutter contre ce fléau.
Le Département d'Etat américain et le siège de l'OTAN ont une théorie pour protéger les intérêts du simple paysan en Afghanistan qui, en cas de destruction des plantations de pavot, ne pourrait plus nourrir sa famille et, par conséquent, s'en irait chez les talibans. Mais Antonio Costa, Directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, réfute facilement cette théorie : les paysans afghans ne reçoivent pas plus de 5% du prix final du "produit", écrit mardi l'hebdomadaire Delovoï vtornik.
Le vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a rappelé récemment l'expérience soviétique dans la lutte contre la menace de la drogue, lors d'une conférence à Singapour. Il estime que malgré la considération négative de la présence militaire soviétique en Afghanistan, personne ne conteste le fait que le problème de la drogue dans ce pays n'existait pratiquement pas à l'époque. L'explication est simple : malgré la confrontation militaire, le gouvernement de l'Afghanistan, avec le soutien actif de l'URSS, accordait principalement de l'attention aux besoins sociaux et économiques de la population afghane. 142 entreprises crées en Afghanistan par l'URSS restent toujours les piliers de l'économie d'un pays à moitié détruit. Rien d'autre n'a été créé dans les dix dernières années.
Viktor Ivanov, le chef du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN), souligne que la Russie reste pratiquement la seule à lutter conte l'héroïne afghane. Au premier semestre 2010, près de 4 000 livraisons en gros d’opiacés et de haschisch en provenance d'Afghanistan ont été interceptées. Mais Viktor Ivanov souligne que la lutte contre le trafic des stupéfiants est inefficace sans suppression de la cause principale : les plantations de pavot à opium en Afghanistan. La mission principale consiste en l'enraiement de la production de stupéfiants dans les champs afghans, de la même manière que les Américains l'ont fait en Colombie.
L'expérience de la lutte contre les stupéfiants dans le cadre de l'ONU a montré que les efforts individuels des pays dans la lutte contre la criminalité internationale liée aux stupéfiants étaient insuffisants. Il est nécessaire de concentrer les activités et de mener des actions conjointes concrètes. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires Étrangères, estime que la production des opiacés en Afghanistan devrait être reconnue en tant que menace pour la sécurité internationale. Selon le ministre, depuis six ans déjà la Russie tente de trouver un accord pour mettre en place une coopération internationale en temps réel, en vain. De même que lors de la dernière réunion du Conseil OTAN-Russie en juin, aucune solution n'a été trouvée. Moscou a de nouveau entendu des promesses de coopération mais rien de plus. James Appathurai, le porte-parole de l'OTAN, a déclaré que celle-ci désire fortement développer la coopération avec la Russie dans les domaines qui ont de l'importance aussi bien pour l`OTAN que pour la Russie. Dans les faits, rien n’a changé.
Rossiiskaïa gazeta
Le gouvernement russe à la rescousse des débiteurs
Les autorités ont décidé de protéger à l’avance la population du piège de l’endettement. Les banques devront tenir compte des revenus de l’emprunteur avant de délivrer un prêt.
Aujourd’hui, les banques agissent à leur guise. Or, les amendes hors normes pour les retards de remboursement pourraient être interdites et les banquiers devront rendre des comptes aux autorités quant à la prise de mesures pour assurer le remboursement en cas de constatation de retard, écrit mardi Rossiiskaïa gazeta.
De telles innovations pourraient être introduites après l’étude par le gouvernement du projet de rapport sur la protection des droits des consommateurs de services financiers, préparé par le ministère des Finances. Ce projet propose de fixer la somme maximale du coût total d’un crédit et du remboursement mensuel en fonction des revenus de l’emprunteur, de rattacher le montant des amendes et des pénalités à la durée du retard et de punir les banquiers pour passivité à se faire rembourser le prêt.
L’idée principale consiste à protéger les personnes, principalement à faibles revenus, contre les crédits inabordables. Ce problème existait déjà avant la crise mais aujourd’hui la population est de nouveau intéressée par les prêts et les banques les accordent plus fréquemment. Sergueï Moïsseev, directeur du Centre de recherches économiques de l’Académie industrielle et financière de Moscou, estime que cette question est d’actualité. Il y a quelque temps, la Banque mondiale avait recommandé au ministère russe des Finances d’introduire une réglementation pour régir le ratio de la dette aux revenus des individus, rappelle l’expert. Techniquement, cette idée est réalisable si on oblige les banques à exiger de l’emprunteur une fiche de paie. La somme du crédit ne devrait pas excéder un certain niveau de revenus.
Certaines banques observent déjà une règle officieuse stipulant que le remboursement mensuel du crédit ne doit pas excéder 30% des revenus du client, explique Sergueï Moïsseev. Il est impossible d’obtenir un prêt important dans une banque respectable sans présenter les documents nécessaires. Par contre, il est assez difficile de limiter les taux d`intérêt imposés par des banques ou instaurer l’interdiction de ce qu’on appelle des prêts usuraires, estime l’expert. Selon lui, de telles mesures étaient fréquentes dans les années 1970 mais ensuite la majorité des pays ont reconnu qu’elles étaient inefficaces, voire nuisibles, car cela limitait la liberté économique et le développement du système des prêts. Pourtant, à vrai dire, dans de nombreux États américains et en Allemagne, l’interdiction de l’« usure » demeure, reconnaît l’expert. Les taux d`intérêt maximaux sont soit fixés, par exemple limités à 20%, soit rattachés à un indicateur, par exemple au rendement des obligations d’État. Mais de telles mesures ne peuvent être prises que dans les pays à inflation basse et stable, fait remarquer Moïsseev. En Russie ces conditions ne sont pas encore réunies.
Vedomosti
Différentes visions sur les innovations
Le président russe Dmitri Medvedev ne voit pas les étapes initiales de la modernisation de la même manière que les citoyens de son pays. Ces derniers mettent l’accent sur les priorités suivantes : réduction du nombre des fonctionnaires d’État, justice indépendante, concurrence loyale, élection des chefs de régions.
La modernisation de la Russie ne consiste pas tant, pour les Russes, dans les innovations technologiques, que dans les changements politiques, comme le démontre le sondage mené conjointement par le groupe de recherche Zirkon et par OMI Russia. Cette tendance est encore mieux prononcée parmi les personnes sondées appartenant au « groupe d’avant-garde » (spécialistes qualifiés et cadres supérieurs vivant dans les grandes villes, utilisant activement Internet et bénéficiant d’une aisance matérielle), écrit mardi 27 juillet le quotidien Vedomosti.
Les personnes sondées se sont vues demander d’énumérer cinq indices permettant de comprendre que la modernisation suivait effectivement son cours en Russie. Elles évoquent le plus souvent l’éradication de la corruption (47% des Russes en général et 73% des membres du groupe d’avant-garde) et la réduction du nombre des fonctionnaires (42% et 66% respectivement). Le troisième critère le plus important pour les membres du groupe d’avant-garde est celui de la concurrence loyale (51%), alors que la majorité de la population met en troisième position l’invention d’un médicament guérissant du cancer.
Parmi les critères politiques de modernisation, les personnes sondées ont choisi la participation active au fonctionnement des collectivités locales (18% de toutes les personnes sondées et 31% des membres du groupe d’avant-garde), le retour aux élections directes des chefs des régions (12% et 15% respectivement), l’indépendance des tribunaux (20% et 37%), le droit de manifestation (10% et 12%), et un accès équitable aux médias pour tout le monde (9% et 15%). Parmi les critères technologiques le choix des Russes se fait en faveur de la mise au point de nouvelles sources d’énergie (21% et 38%) et du passage à la télévision numérique (12% et 6%).
La commission présidentielle pour la modernisation de l’économie s’est concentrée sur cinq axes technologiques de modernisation, à savoir sur l’efficacité énergétique et sur les technologies nucléaires, spatiales, médicales et d’information. Le projet le plus coûteux sera celui du Centre d’innovations de Skolkovo qui bénéficiera d’un financement à hauteur de 170 milliards de roubles de la part de l’État d’ici 2015.
Les Russes n’ont toujours pas formulé d’idées claires concernant le résultat escompté de la modernisation prônée par le président Medvedev. Pour la majorité d’entre eux, la modernisation reste une notion abstraite, fait remarquer Igor Zadorine, directeur général du groupe de recherche Zirkon.
Lorsque la modernisation requerra une augmentation des taxes ou un relèvement de l’âge de la retraite, c’est a ce moment-là qu’on mesurera si la population la soutient et si sa mise en pratique est possible en Russie, estime Dmitri Badovsky, directeur adjoint de l’Institut des systèmes sociaux.
La population ne se trompe pas dans ses pressentiments : la modernisation ne doit pas se limiter a l’économie ; elle est également sensée concerner les institutions politiques, affirme Evgueni Gontmacher de l’Institut du développement moderne.
RBC-Daily
Le budget russe consacrera 96 milliards de roubles au secteur du tourisme
Le premier ministre russe Vladimir Poutine a signé le concept du programme fédéral dédié au développement du tourisme pour les années 2011-2016. Pendant cette période, le budget russe allouera 96 milliards de roubles au secteur touristique en Russie dont le programme sera prochainement rédigé par le ministère russe des Sports et du Tourisme, écrit mardi 27 juillet RBC-Daily.
L’annexe au concept approuvé par le premier ministre russe stipule que les vacances au bord de la mer constituent actuellement un des loisirs favoris des Russes. Selon les experts, 38% des touristes russes préfèrent le littoral des mers Noire et d’Azov (district fédéral du Sud) ainsi que le littoral de la mer Baltique (district du Nord-Ouest) et les plages de la Mer du Japon (district de l’Extrême-Orient). Ce sont les zones du district fédéral du Sud qui paraissent particulièrement prometteuses du point de vue du développement de ce type de tourisme.
La Russie dispose de plus de 2000 km de côtes maritimes chaudes dont près d’un tiers seulement est aménagé et adapté aux besoins des vacanciers, stipule l’annexe. En 2009, près de 13,5 millions de touristes ont passé leurs vacances dans les stations balnéaires russes. Plus de 12 millions de touristes supplémentaires pourront être accueillis par les régions propices de la Fédération de Russie en cas de développement suffisant de ce type de tourisme.
Une autre option prometteuse capable de générer un flux de touristes est l’exploitation de l’héritage historique et culturel de Russie. Près de 20% du flux touristique interne est constitué des voyages à orientation culturelle centrés principalement sur les districts fédéraux du Centre et du Nord-Ouest. En 2009, le nombre de touristes à avoir accompli des voyages culturels s’est élevé à 7,1 millions. Ce sont certaines zones des districts fédéraux russes du Sud, de la Volga, de la Sibérie et de l’Extrême-Orient qui disposent d’un grand potentiel de développement de ce type de tourisme.
L’année dernière, le budget fédéral russe a alloué 4 milliards de roubles à la mise en pratique des programmes régionaux spécialisés actuels visant le développement du tourisme dans les régions russes. Or, rien que la création des centres touristiques et récréatifs sur le territoire des agglomérations touristiques les plus prometteuses requerra 326,8 milliards de roubles, conformément au concept approuvé par le premier ministre russe. Selon les prévisions, d’ici 2016, la mise en pratique des mesures prévues par les auteurs du concept entraînera une augmentation du nombre de Russes accueillis par des centres d’hébergement collectifs. De 32,1 millions actuels leur nombre aura passé à 45 millions et le nombre de touristes étrangers arrivant en Russie aura passé de 3,3 à 23 millions.
Vzgliad
La Syrie futur membre de l’Union douanière ?
La Syrie est intéressée à adhérer à la zone de libre échange entrant dans le cadre de l’Union douanière de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, a déclaré lundi le président syrien Bachar Al-Assad au cours de la rencontre avec le premier ministre biélorusse Sergueï Sidorsky, écrit mardi le quotidien Vzgliad. Damas chercher d’ailleurs à s’assurer le soutien de la Biélorussie avec laquelle la Russie n’est pas dans les meilleurs termes actuellement. En outre, le fait que la Syrie figure sur la liste des Etats soutenant le terrorisme rend cette idée encore plus utopique.
Selon M. Al-Assad, la mise en œuvre de ces plans pourrait contribuer au renforcement et à l’élargissement des relations économiques et commerciales de la Syrie avec la Biélorussie et l’Union douanière dans son ensemble.
La première information sur la volonté de la Syrie de participer à la zone de libre échange est apparue il y a déjà un mois quand Natalia Slioussar, directrice du département de droit de la Commission de l’Union douanière, l’avait annoncé lors du Congrès des entrepreneurs kazakhs. Selon elle, la Syrie a demandé à la Commission de l’Union douanière les documents relatifs à l’adhésion de nouveaux membres à l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan afin d`examiner ce dossier.
Minsk ne constitue pourtant pas un bon lobbyiste des intérêts syriens dans le cadre de l’intégration à la zone de libre échange de l’Union douanière, les relations russo-biélorusses étant toujours assez tendues.
Rappelons que la Biélorussie a été le dernier des trois pays à ratifier l’accord de l’adhésion à l’Union douanière. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a annoncé cette ratification deux jours avant le sommet de la CEEA à Astana. De plus, il existe encore des divergences entre Moscou et Minsk en matière de droits de douane sur le pétrole et les produits pétroliers, ainsi que de taxes à l’importation d’automobiles.
D’autre part, la participation de la Syrie à l’Union douanière pourrait poser problème car la Russie et la Kazakhstan ont décidé d’adhérer à l’OMC sur la base de positions concertées dans le cadre de l’Union.
L’intégration de la Syrie à l’Union douanière pourrait ainsi bloquer l’adhésion de la Russie et du Kazakhstan à l’OMC. Qui plus est, ce facteur pourrait aussi compliquer la participation de l’Ukraine à l’Union douanière, l`Ukraine étant déjà un pays membre de l’OMC.
D’ailleurs, la Syrie fait partie de la liste des « États soutenant le terrorisme » rédigée par les États-Unis et comprenant également Cuba, l’Iran et le Soudan.
Ces textes tirés de la presse russe n`engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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