Zoom sur la presse russe
Revue de la presse russe du 28 juillet 2010

Revue de la presse russe
© flickr.com/ by pedrosimoes7Vedomosti
Problèmes à la douane
L’entrain manifesté par le président russe Dmitri Medvedev pour la modernisation pourrait apporter de réels avantages aux affaires en Russie. Afin de promouvoir les innovations, le président accepte de retirer le contrôle monétaire aux douaniers et de permettre aux marchandises de traverser la frontière sans document commercial si leur valeur n’excède pas 100 000 dollars.
Hier, Igor Agamirzian, le directeur général de la Société russe de risque (RVK), a expliqué, à la réunion de la commission présidentielle chargée de la modernisation de l’économie, ce qui entravait les investissements à risque et comment y remédier. Parmi une série de problèmes, le président a mis l’accent sur celui du commerce extérieur: la réglementation de l’export pose un vrai problème, a-t-il reconnu. Ces formalité nécessitent beaucoup de temps et d’efforts, compte tenu également de l’ «opacité absolue» du système, écrit mercredi le quotidien Vedomosti.
La RVK propose deux innovations «douanières»:
Premièrement, élever le seuil d’établissement d’un document commercial pour les opérations de commerce extérieur de 5 000 dollars à 100 000 dollars. Sans ce document, la transaction est impossible: la banque n’a tout simplement pas le droit de transférer l’argent. Conformément aux instructions de la Banque centrale, le document doit être établi en trois jours mais la présentation préalable à la banque d’un contrat signé par les parties est nécessaire. Souvent, les étrangers n’ont pas pour habitude d’établir ce genre de contrats: au final, l’établissement du document est retardé.
Deuxièmement, libérer les autorités douanières du contrôle des transactions monétaires. À l’heure actuelle, elles accomplissent le même travail que le fisc: les douaniers doivent vérifier le contrat d’exportation pour veiller au respect de la législation monétaire en contôlant la conformité du document, le retour des recettes en devise sur le territoire russe, etc. La marchandise peut être retenue à la frontière durant plusieurs semaines et il s’avère particulièrement difficile de travailler avec les compagnies russes pour les partenaires étrangers en raison de l’imprévisibilité des délais de livraison.
Le seuil bas d’une transaction demeure un problème pour tout le marché, pas seulement pour les innovateurs, explique Igor Agamirzian, mais ce sont précisément les innovateurs qui en souffrent le plus. Si une entreprise souhaite concevoir des cartes mères pour ordinateur, elle doit acquérir un lot de cent pièces, ce qui signifie l’établissement de cent documents commerciaux. Si la proposition de la RVK était approuvée, on assisterait à une simplification à 80% du système de transactions transfrontalières portant sur la production à haute valeur ajoutée.
À l’heure actuelle, afin d’éviter les complications, les sociétés d’Internet et de logiciels se voient obligées de transférer les ventes vers les juridictions étrangères, explique Nikolaï Mitiouchine, le directeur chargé des investissements des capitaux-risques d’ABRT: la libéralisation douanière et monétaire est donc une mesure sensée des autorités russes.
Rossiïskaïa gazeta
Le plan à long terme de la Serbie pour reprendre le Kossovo
L’Assemblée nationale serbe a adopté une résolution définissant les futures mesures du pays à l’égard du Kossovo. Le document a été approuvé à une majorité écrasante, y compris par la majeure partie de l’opposition, ce qui témoigne de l’unanimité à l’égard de ce problème au sein de la société serbe.
Les députés ont obligé le gouvernement à préparer un projet de résolution à transmettre pour étude à l’Assemblée générale de l’ONU cet automne. Ils ont également chargé le Conseil des ministres de prendre toutes les mesures diplomatiques nécessaires pour son approbation à New York, écrit mercredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta. De l’avis des membres du parlement, il est nécessaire d’élaborer un plan d’action à long terme et mutuellement acceptable à l’égard du Kossovo, sans contredire la constitution de la Serbie. La lutte doit être menée par des moyens exclusivement pacifiques et il faut trouver un compromis via les négociations.
La résolution du parlement serbe est une réponse à la décision consultative prononcée la semaine dernière par la Cour internationale de Justice (CIJ) de l’ONU concernant la contradiction entre l’indépendance autoproclamée du Kossovo et les normes du droit international.
Il est tout à fait logique que l’avis de la CIJ ait fait autant de bruit dans le monde entier et surtout en Serbie. Le Conseil des ministres et le président serbe Boris Tadic ont fait des déclarations extrêmement négatives en soulignant qu’ils ne reconnaissaient pas la décision de la CIJ et qu’ils allaient continuer à lutter par tous les moyens diplomatiques pour remettre le territoire sous juridiction serbe. Lors de son discours, tenu devant les députés, Boris Tadic a reconnu que la décision de la CIJ était un coup brutal pour la Serbie. Selon le président, Belgrade serait prêt à étudier toute proposition à l’égard de Pristina, sauf deux: les opérations militaires et la rupture des relations avec l’Union Européenne.
Radoslav Stojanovic, professeur serbe de droit international, estime qu’il existe plus de 80 cas dans le monde où divers groupes ethniques et nationaux aspirent à l’indépendance et la décision de la CIJ leur donne les arguments juridiques à cet effet. Ainsi, les juges ont rabaissé l’importance du droit international en créant un précédent négatif, affirme Stojanovic.
L’Abkhazie et le Haut-Karabagh ont réagi différemment. Le premier ministre de l’Abkhazie Sergueï Chamba et le président de la république du Haut-Karabagh autoproclamée Bako Saakian ont salué la décision de la CIJ. Ils estiment que les arguments de ces républiques en faveur de l’indépendance reçoivent un motif valable. Toutefois, selon Sergueï Chamba, si l’Abkhazie se tournait vers la CIJ, il n’est pas certain que les juges de la Haye prennent la même décision car en Occident est menée une politique de deux poids deux mesures.
Gazeta.ru
Un espion russe démasqué en République Tchèque
Les Tchèques ont démasqué un espion russe qui se faisait livrer des renseignements par la directrice de chancellerie de trois généraux. Ces derniers ont été limogés, l’espion lui-même a réussi à se réfugier en Russie. Selon les services de contre-espionnage tchèques, les espions russes seraient devenus plus actifs en s’intéressant à la fois à l’armement tchèque et au système énergétique du pays.
L’espion russe, du nom de Robert R., travaillait dans une clinique d’État en tant que psychologue et avait une petite amie qui avait le grade militaire de commandant et qui dirigeait la chancellerie de trois généraux haut placés à la fois. L’un de ces généraux dirigeait la chancellerie militaire du président de la République tchèque, le deuxième représentait la République tchèque auprès du Commandement suprême de l’OTAN en Europe et le troisième était le premier adjoint au chef de l’état-major national tchèque, écrit mercredi 28 juillet Gazeta.ru.
Les trois généraux, tout comme l’informatrice ayant le grade de commandant, ont été limogés dès 2009. L’espion Robert, surveillé par les services secrets tchèques pendant 5 ans, a réussi à s’enfuir en Russie.
On ignore si c’est délibérément que la femme commandant avait travaillé pour l’espion russe ou si elle avait divulgué les renseignements à son insu. On ignore également la nature de ces renseignements et le degré du danger qu’ils représentaient pour la sécurité nationale tchèque.
Cette affaire d’espionnage a déjà été qualifiée par la presse du plus grand scandale de ce genre dans l’histoire de la République tchèque. Le service local de contre-espionnage enregistre une activité croissante des espions russes en Europe Centrale et de l’Est. Fin 2008, le service de sécurité d’information de la République Tchèque avait déjà publié un rapport stipulant que le service de renseignement russe était devenu plus actif sur le territoire national et que la part des espions parmi les diplomates russes était passée de la moitié aux deux tiers. Par ailleurs, en 2004, la revue analytique britannique Jane’s avait déjà publié les révélations des agents du contre-espionnage tchèque affirmant que l’ambassade russe à Prague était à moitié constituée d’espions.
En juin 2010, les services secrets tchèques affirmaient que les espions russes s’intéressaient aux armes tchèques (c’est la décision des autorités tchèques d’installer le radar anti-missiles américain qui les aurait éperonnés) et au système énergétique national, notamment au déroulement des travaux de construction de la centrale nucléaire de Temelín.
En effet, les espions russes se font régulièrement démasquer en République tchèque et il se font renvoyer en Russie. Le dernier exemple remonte au mois d’août 2009 lorsque l’adjoint à l’attaché militaire russe a été expulsé du pays et qu’un autre diplomate a reçu la recommandation de ne pas revenir en République tchèque après la fin de son congé. En 2006, un espion russe a été également expulsé du pays pour avoir tenté de récolter des informations sur l’OTAN et l’Union Européenne. Sa tentative aurait toutefois été vaine, affirment les services secrets tchèques.
RBC-daily
Augmentation du nombre de plaintes des employés contre leurs employeurs
La crise a démontré aux Russes la nécessité de faire plus attention à la rédaction de leurs contrats de travail et à la législation sur le travail en général. Au cours du premier semestre 2010, le Rostroud (le Service fédéral russe du travail et de l’emploi) a reçu 108 000 plaintes pour violation du droit du travail et 53% de ces plaintes se sont avérées justifiées. Or, les experts affirment qu’une grande quantité de salariés restent en dehors de ces statistiques, n’étant pas en mesure de se plaindre officiellement car leurs papiers ne sont pas entièrement en ordre.
Demain, la séance de la Chambre Civile de Russie sera consacrée au problème de la protection des droits des Russes liés au travail, écrit mercredi 28 juillet RBC-daily. Les experts soulignent que ce problème devient prioritaire pendant la saison estivale de vacances et éclipse le chômage traditionnel.
«Les gens nous contactent en permanence sur notre numéro vert en demandant l’assistance de nos juristes. Leurs plaintes concernent avant tout le versement des salaires et les problèmes relatifs à l’emploi, à savoir l’embauche, le licenciement, le départ en vacances ou l’arrêt maladie», explique Piotr Bizioukov, expert en chef chargé des programmes sociaux et économiques au Centre des droits sociaux et du travail. 47% des personnes qui composent le «numéro vert» ont déjà eu recours aux conseils du service de l’inspection du travail mais ils préfèrent néanmoins consulter les juristes une fois de plus.
Entre temps, les plaintes de la part des employés sont de plus en plus fréquentes. Youri Guertsiï, chef de Rostroud, a annoncé hier, le 27 juillet, que son service avait reçu plus de 108 000 plaintes des Russes évoquant la violation de leurs droits de salariés pendant le premier semestre 2010. 53% de ces plaintes se sont avérées justifiées, ce qui constitue une augmentation de 2% par rapport à la même période de l’année dernière.
Youri Guertsiï explique que les employés se plaignent le plus fréquemment des modalités de rémunération et de départ en vacances, ainsi que des horaires de travail. Selon lui, les employés ne sont pas entièrement satisfaits par le respect de leurs droits relatifs au travail. D’autre part, par rapport à l’année dernière, les infractions ont diminué après avoir été en hausse en 2009 en raison de la crise. Cette année est marquée par des contrôles moins fréquents mais par des amendes accrues. Ainsi, au cours du premier semestre 2010, le service de l’inspection du travail a effectué 93 500 contrôles dont 61,7% avaient été initiés par les plaintes des employés.
La crise a démontré aux Russes la nécessité de prêter une plus grande attention au Code du travail et surtout à la façon de rédiger les contrats de travail, fait remarquer Piotr Bizioukov. Ce sont ces documents qui posent le plus gros problème. Selon Piotr Bizioukov, les statistiques de Rostroud auraient inclus nettement plus de plaintes si le règlement du service ne prévoyait pas la nécessité pour ces derniers d’argumenter toute violation de leurs droits et n’exigeait pas d’eux un contrat de travail en bonne et due forme. Les statistiques ne tiennent donc pas compte des employés sans contrats de travail ou avec des contrats incorrects dans leur formulation. Les employés qui connaissent mal leurs droits sont toujours nombreux et les employeurs en profitent.
Vzgliad
Le producteur automobile russe GAZ pourrait assembler des Mercedes-Benz Classe E
Le groupe russe GAZ négocie avec l’allemand Daimler AG un contrat d’assemblage de Mercedes-Benz Classe E à Nijni Novgorod, écrit mercredi le quotidien Vzgliad.
L’assemblage pourrait être organisé sur la chaîne de montage utilisée pour fabriquer les voitures Volga Siber. Le problème est que les partenaires potentiels n’arrivent toujours pas à s’accorder sur la somme que Daimler AG devrait obtenir pour chaque voiture assemblée. Les volumes de production restent encore indéfinis, les négociations n’ayant pas dépassé le stade initial, a indiqué une source au sein du groupe russe.
Il est à noter pourtant que la capacité prévue de l’usine des Volga Siber atteint 100 000 automobiles par an. Selon la même source, GAZ avait également contacté l’indien Tata, ainsi que son partenaire de longue date, l’américain Chrysler. Il s’est agi notamment des perspectives d’assemblage de Tata Indica.
Le service de presse du groupe GAZ a démenti toutes les informations relatives aux négociations. GAZ analyse les possibilités de partenariat avec des constructeurs étrangers dont l’intérêt envers la compagnie russe s’explique par ses capacités de production, son personnel et son réseau développé de distribution, a souligné la porte-parole de GAZ Elena Matveïeva. Le partenaire prioritaire du groupe dans le domaine de fabrication de voitures légères reste toujours la corporation General Motors.
Toutefois, le président de GAZ Bo Andersson avait annoncé précédemment que sa compagnie recherchait un partenaire stratégique pour produire des voitures et des véhicules commerciaux légers. Les lignes d’assemblage des Volga Siber n’étant pas, selon lui, chargées à 100%, le groupe négocie actuellement des projets d’utilisation de ses capacités inoccupées. Bo Andersson a indiqué notamment qu’il pourrait s’agir d’une production sous contrat commandée par d’autres constructeurs, sans toutefois préciser les noms de ces derniers.
De plus, l’hiver 2010, certaines sources ont déjà parlé de négociations du constructeur russe avec Daimler sur la production à Nijni Novgorod de véhicules commerciaux légers sur la plateforme du modèle Mercedes-Benz Sprinter.
Les experts font remarquer que la conduite même des négociations entre GAZ et Daimler AG pourrait être un bon signal pour les deux parties intéressées.
Ces textes tirés de la presse russe n`engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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