International
Les Russes regoûteront bientôt au vin moldave
- Une discussion très franche et positive vient d'avoir lieu. Les deux hommes n'ont fait l'impasse sur aucun des thèmes clés, que ce soit le règlement transnistrien, considéré par Vladimir Poutine comme le problème numéro un de la région, ou encore le recul enregistré par les importations russes en provenance de Moldavie. Nous estimons que cette rencontre inaugure une nouvelle étape du dialogue russo-moldave suivi et sincère comme il l'a encore été hier.
Il faut relever que ces derniers temps les présidents s'étaient rencontrés à plusieurs reprises, mais force est de constater que les entretiens actuels avaient ceci de particulier qu'ils n'étaient pas liés à un événement particulier concernant la CEI (Communauté des Etats indépendants) ou encore des manifestations d'intérêt collectif. Pour la première fois depuis le mois de février 2003, Vladimir Poutine et Vladimir Voronine ont pu pendant près de deux heures mener une discussion en tête-à-tête. D'ores et déjà il ne fait aucun doute que cette rencontre dynamisera les rapports russo-moldaves. A en juger d'après les instructions que nous avons reçues dès la fin de leurs entretiens, le "dégel" de nos relations a déjà commencé et il est certain qu'il aura une incidence sur la situation en Transnistrie. Nous allons très prochainement envisager la poursuite de la coopération commerciale et économique. Aujourd'hui il était important de mettre en place les mécanismes nécessaires pour régler de nombreuses questions litigieuses, et c'est ce que les présidents ont fait.
Par exemple, les relations humanitaires seront l'un des grands volets de l'activité de la commission intergouvernementale. La partie moldave a bien des propositions à faire dans ce domaine. La rencontre des présidents a également porté sur le maintien des positions de la langue russe en Moldavie. Ici force est de relever que le point de vue de Vladimir Voronine concernant son statut n'a pas changé: le russe est de jure une langue de communication internationale dans la république et de facto la langue dans laquelle les textes officiels moldaves sont obligatoirement traduits. En Moldavie dans près d'une école sur trois l'enseignement est dispensé en russe. Il n'y a pas non plus de restrictions linguistiques dans l'enseignement supérieur.
Nous ne sommes pas moins intéressés à l'affermissement des positions du capital russe. D'ailleurs, depuis l'arrivée de Vladimir Voronine les investissements russes en Moldavie se sont considérablement accrus.
Pour ce qui est de la question transnistrienne, nous l'évaluons de la même façon que la Russie. Ici nous espérons beaucoup voir le cas de la Transnistrie devenir exceptionnel en ceci qu'ils puisse servir de modèle universel. Pas du tout comme celui du Kosovo qui a des retombées négatives. L'ambition de la Moldavie est de montrer, sur l'exemple transnistrien, comment les conflits analogues peuvent être réglés au XXIe siècle conjointement, sans recourir à la force, exclusivement avec des moyens politiques et à partir des valeurs modernes.
C'est avec le même optimisme que nous attendons le moment où les Russes pourront regoûter notre vin moldave.

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