
Moscou soutient l'initiative du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei d'envoyer l'uranium iranien en Turquie en vue d'un enrichissement complémentaire, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andreï Nesterenko.
"Le directeur général de l'AIEA [...] a récemment proposé d'expédier l'uranium iranien dans un pays tiers, par exemple en Turquie, où il serait placé sous le contrôle de l'Agence avant d'être utilisé pour la production de combustible nucléaire. Nous soutenons cette initiative", a-t-il affirmé.
Selon M.Nesterenko, la Russie espère que les autorités iraniennes y répondront favorablement.
"L'application du schéma formulé par le directeur général de l'AIEA contribuerait considérablement à rétablir la confiance envers le programme nucléaire iranien qui revêt un caractère exclusivement pacifique", a souligné le porte-parole de la diplomatie russe.
Selon ce schéma, l'Iran enverra en Turquie 900 kilos d'uranium faiblement enrichi sur les 1.200 qu'il possède actuellement. Une fois portée à un degré d'enrichissement plus élevé, la matière sera renvoyée en France qui en fabriquera des barres de combustible et les réexpédiera vers la Turquie. Cette dernière transmettra les cartouches finies à Téhéran.
Les Etats-Unis et certains autres pays reprochent à l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert du programme nucléaire qu'il prétend réaliser à des fins pacifiques. Le Conseil de sécurité de l'ONU a décrété cinq sanctions contre l'Iran afin de l'amener à cesser l'enrichissement d'uranium sur son territoire. Téhéran rejette ces accusations, affirmant que ses recherches nucléaires ont pour seul but de satisfaire les besoins du pays en électricité.